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1940 - 1943

Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon...

Chronique de l'Occupation à Camaret-sur-mer

tome 1

 

Le 19 juin 1940, premier jour de l'Occupation allemande de Camaret, trois officiers se rendent à l'Hôtel des Pois (actuel Centre Apas) pour y installer la Kommandantur. Ils prévoient de transformer le café en bureau, et l’hôtelière, contrariée par ce qui allait bousculer ses habitudes, ose timidement : « Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon... » La réponse fuse, impérieuse : « Impossible Madame, c'est la guerre.»

Cette demande un peu naïve exprime bien les incertitudes d’alors : peut-être qu'en se poussant un petit peu, on arrivera sans trop de dégâts à cohabiter ?... D'autant que les Occupants se montrent courtois et affirment que, dans quelques semaines, après avoir vaincu l'Angleterre, ils rentreront chez eux, Hitler l’a promis...

Mais ils restent. Il va donc falloir résister.

Résister aux directives imbéciles, à la disparition des bretelles, à l’odeur du savon parfumé au congre, à l’enrichissement outrageant, à l’envahissement des doryphores, au régime 100 % patates, à l’obsédant raffut de l’aviateur qui perfectionne son pas de l’oie dans la chambre, à la tentation de la dénonciation...

 

Entre sourire et rage, émotion et effarement, vous découvrirez ce qu’a été le quotidien des Camarétois pendant l’Occupation dans cette passionnante chronique véridique, basée sur des documents inédits et présentée sous la forme d’un journal, celui de Jean Le Joly, du Kermeur.

Sortie : 25 octobre 2017
464 pages - 44 photos
Vente en presqu'île (22 €) et par correspondance (22 € + frais d'envoi)

 

 

 

 

Extraits :

Mardi 18 juin 1940

[...]

Brusquement, une apparition. Je me demande si je ne rêve pas : à quelques mètres de moi, Gros Jules défile. Seul.

C’est un ancien officier de la Royale. Il a réussi à comprimer son formidable abdomen pour le faire entrer dans son uniforme d’apparat. Le sabre au côté, lentement, majestueusement, il défile sur le quai, le front haut, au milieu des soldats en détresse. Qu’espère-t-il faire passer comme message ? Je devine le désespoir d’un homme qui a commandé devant l’ennemi et qui voit aujourd’hui une troupe se dissoudre sans combattre...1

Soudain, l’abbé Jaouën, toute soutane dehors, passe en trombe à côté de moi et m’attrape le bras au passage :

— Viens avec moi Jean ! Ils sont en train de tout casser à la chapelle !

Zigzagant entre les groupes, nous arrivons au Styvel et notre course est brutalement stoppée : au beau milieu du vacarme, je distingue bien un Attention ! mais avant de comprendre qu’il est pour moi, me voilà les quatre fers en l’air. Je n’ai pas vu une barrique m’arriver dans les jambes, un des fûts de vin que la veuve Mazé fait mettre à l’abri dans l’usine Morvan2 (elle vient de s’en faire livrer une trentaine, pas question de les laisser sous le nez des Allemands !)3

On me relève, rien de cassé. Des valises ont amorti ma chute, celles d’Émilie Cadiou. Aidée de ses parents, elle achève de barricader son bistrot.4

— Tu pars Milie ?

— Oh ! Je ne vais pas loin, chez les Férec, au Yeun. On a loué les deux pièces de l’étage. On sera tassés, mais tant pis. Pas question de rester ici avec les enfants !5

L’abbé et moi repartons et arrivons à la Pointe où le jeu de massacre a heureusement cessé. Plusieurs vitraux sont en miettes. Les coupables sont par terre, ivres. Des marins du Poulmic. Autour d’eux la discussion est vive, on parle du lâchage des chefs. Si j’ai bien compris, la plupart des officiers avaient été évacués du Poulmic, laissant leurs hommes sur place. Un marin déchire avec rage ses vêtements, d’autres arrachent les pompons rouges de leur béret... L’attroupement provoqué gêne l’embarquement et un sous-officier finit par y mettre bon ordre.

Accroupis près de la cale, des gamins ne perdent pas une miette du spectacle.


Y., 11 ans

 

Le 18 juin, j’ai vu des centaines de militaires descendre à la Pointe, et s’habiller en civil avant de s’embarquer. Avec mes frères, on était allé voir là-bas. Tous ils se déshabillaient, et jetaient leurs vêtements sur un grand tas en haut de la cale. Je me souviens d’un officier qui pleurait en triturant sa casquette. C’était très triste.

On en a souvent reparlé après, de ce moment-là, et on se disait : « Tu te rends compte ? On n’avait rien à se mettre sur le dos et on n’a même pas récupéré deux ou trois vêtements sur cet immense tas ! ». On était tellement pris par ce qui se passait qu’on n’avait pas pensé à nous.

Mais on avait pensé à notre grand-père qui n’avait que ses sabots, et on lui avait pris une paire de belles chaussures. Elles ont duré toute la guerre je crois bien, mais elles étaient trop grandes pour lui. À chaque fois qu’il montait la rue des Écoles6 on l’entendait arriver de loin, les chaussures faisaient clac clac clac.

Et nous, on lui disait tout le temps : « T’as un p’tit pied Pépère, mais les grandes chaussures te vont bien ! »

 

 

Dans le brouhaha, brusquement une voix de femme :

— Oh non ! Nooooooon !

Un cri du cœur. Elle vient d’apprendre que le bateau à bord duquel était son mari a appareillé il y a quelques minutes. Elle a pourtant pédalé comme une forcenée depuis le Poulmic.

— Comment va-t-on faire ?

Elle me raconte : « Nous venons tout juste de nous marier. L’ordre de partir est arrivé tellement vite que nous n’avons pas eu le temps de nous dire au revoir. Il n’a laissé à la maison que 150 F alors que nous devons 1200 F au propriétaire pour la location. Alors je ne peux pas y rester.

Ma voisine me dit que, de toute façon, il faut partir d’ici car il va y avoir des bombardements, elle va dans la famille de son mari à Carhaix et peut m’emmener avec elle. Je ne sais pas quoi faire. Si je pars, comment mon mari saura-t-il où je suis ? Et je ne sais même pas vers quelle destination il va... »

Elle repart, poussant sa bicyclette. Les soldats s’écartent pour lui laisser passage. D’une des sacoches émerge une rose.

Au milieu des militaires, un groupe de civils discute âprement. Un doigt pointé vers le Styvel met fin à la discussion : « Fous-moi le camp, t’es trop jeune toi ! »

Un des garçons — pas plus de 20 ans — regarde nerveusement aux alentours, cherche je ne sais quoi. Je m’approche.

— Tu cherches quelqu’un ?

— Non m’sieur ! Mais je surveille que l’administrateur de la Marine n’arrive pas. Mon copain surveille là-bas à la cale. Comme on n’est pas militaires et qu’on n’est pas bien vieux, on a peur qu’il ne nous laisse pas embarquer, et on veut aller en Angleterre ! Je suis de Camaret et je travaille à l’arsenal, mon copain aussi. Il est du Nord. On est venu à bicyclette de Brest cette nuit pour partir. Alors on ne voudrait pas échouer maintenant.

— Tes parents sont au courant ?

— Oui, je suis allé les prévenir. Ma mère pleure. C’est triste mais on peut pas rester là, on va se faire prendre sinon. J’ai 18 ans moi, je peux partir, je veux pas me faire prendre ! Mon frère Paul voulait venir, mais 15 ans c’est trop jeune...

— Comment tu t’appelles ?

— André Marrec.

— Bonne chance à toi !

— Merci m’sieur ! Vive la France !!!7

 

Fin d’après-midi.

On apprend qu’un bateau a explosé sur la rade.8

Avant de s’embarquer, plusieurs marins de Kerbonn remontent au fort pour en achever la destruction et faire exploser la batterie. Quelques hommes sont envoyés prévenir les habitants du voisinage, de Kerbonn à Pentir9, jusqu’à l’Hôtel des Pois10 : « Ouvrez les fenêtres si vous ne voulez pas que vos vitres explosent : dans un quart d’heure, feu d’artifice ! »

À 18 h tapantes, les falaises de la Montagne tremblent.

 

Le jour commence à baisser.

À la Pointe, les embarquements ont cessé car plus aucun bateau n’arrive de Brest. C’est donc trop tard pour les quelques centaines d’hommes qui restent. Le dernier à embarquer est un Anglais : arrivé jusqu’à la cale à moto, il balance son engin et saute dans le canot in extremis.11

Porte, l’administrateur de la Marine (seul officier encore présent sur la place de Camaret) a été sollicité par les militaires : « Faites-nous partir ! ». Mais que peut-il faire ?12

— On va se faire cueillir comme des fleurs.

— C’est foutu, on est foutu... autant ne plus rien voir, ne plus rien savoir. Camarades ! Au bistrot ! Écouter la radio ? Pourquoi faire ? Un général a parlé ? Et alors ? Tous les généraux du monde peuvent bien faire tous les discours qu’ils veulent ! Regardez tout autour, le monde part en miettes. Sentez ! Vous ne sentez pas cette odeur de mazout qui brûle ? Regardez le ciel ! Brest est en flammes, les Allemands arrivent demain... C’est foutu ! Au bistrot camarades ! Au bistrot !!!

Crié ou tu, le désespoir est palpable sur le quai. Dans la nuit qui tombe, le nordet ne laisse aucun doute : c’est bien la guerre que l’on sent. Ce n’est pas Brest qui brûle mais les réservoirs de mazout, de poudre, la pyrotechnie... Comme la quasi-totalité de la flotte militaire a maintenant quitté Brest, le feu a été mis à tout ce qui ne pouvait être emmené. Il ne doit rester aux Allemands que de la cendre.13

 

Sur le quai, Gros Jules a fini par s’effondrer sur une chaise.

Il faut que je rentre, la famille m’attend au Kermeur, je dois raconter.

Au-delà du Goulet, le ciel est noir d’énormes rouleaux de fumée éclairés de flammes gigantesques. Incendie de fin du monde.

 


Vue de Brest depuis la pointe des Espagnols, le matin du 19 juin 1940

coll. Alain Chazette

 

 

 1 D'après « Mémoires inédites » de Pierre-Laurent Merrien, 2012 – Gros Jules est probablement le surnom de Jules Férec (1872-1947)

 2 Conserverie fermée depuis 2 ans, appelée aussi l'usine rouge (31 sur le plan NP)

 3 PV de gendarmerie du 18/01/1945, ADF 3W356-2  

 4 Maison au Styvel côté grève, aujourd’hui disparue (69 sur le plan NP)  

 5 Témoignage de Marcel Cadiou-Pommepuy

 6 Rue des écoles : actuelle rue Saint-Pol-Roux

 7 D’après un texte écrit par son fils, Philippe (arch. mun. CM) et le témoignage de son frère, Paul – André Marrec s’engagera ensuite dans la Marine jusqu’à l’armistice. Pas de nouvelles jusqu’en 42 ou 43 où la famille recevra, via la Croix Rouge, ces simples mots : « Tout va bien ».  

 8 Le remorqueur Provençal. Un seul survivant, le quartier-maître Batany, de Lanvéoc. Parmi les 25 tués, Yves Euzen, 23 ans, de Telgruc (DB 22/08/1940).

 9 Pentir : ancien nom du village de Pen Hir (12 sur le plan NP)  

10 Hôtel des Pois : actuel centre de vacances Apas (7 sur le plan NP)  

11 Témoignage de Paul Marrec

12 Rapport de l'admin. de l’IM de Camaret, M. Porte, ADF 178W21

13 Dêpêche de Brest du 23/06/1940

 

 

[...]

 

Jeudi 12 février 1942

• Grand soleil cet après-midi, on se croirait en été. Et il brille encore plus fort quand on apprend la nouvelle cet après-midi : les trois croiseurs allemands1 ont quitté Brest la nuit dernière !!! Enfin ! C’est très important pour nous car les bombardements anglais dans la région devraient considérablement se réduire. C’est pour cela que Brest et le Goulet ont été noyés sous la brume artificielle toute la matinée : pour permettre aux cuirassés allemands d’être aussi loin que possible quand les Anglais s’apercevraient de leur disparition.

Confirmation de Jos qui arrive du Fret : la batterie de DCA qui venait tout juste de s’installer à Trévoal a disparu hier soir. Les soldats de l’école de Kerloc’h (une centaine) sont partis vers 15 h 30 avec leur batterie. Dans la nuit, l’école a été pillée, les gens ont pris le charbon qui restait.

• Vu Jamault dans le train. Nous parlons de l’opération de réquisition des chevaux qui s’est déroulée à Châteaulin. Les paysans devaient y amener eux-mêmes leurs chevaux (certains étaient partis dès deux heures du matin et avaient fait quelques étapes bistrotières). Les maires devaient être présents.

Jamault s’était débrouillé comme il avait pu pour limiter les dégâts. À Lanvéoc, il y a 102 chevaux, et 33 avaient été retenus pour la réquisition. Plusieurs cultivateurs avaient loué pour la journée 500 F une vieille carne qu’ils avaient présentée comme étant leur cheval devant les agents réquisitionneurs, et qui naturellement n’avait pas été retenue.

Jamault est passé devant la commission après un maire qui s’est présenté les mains dans les poches, avec une attitude négligée. Un sous-officier allemand a dit au Sous-préfet qui siégeait dans la commission : « Si vous en avez beaucoup comme ça en France, ce n’est pas étonnant que vous ayez été battus ».

Vint le tour de Jamault :

— Vous n’amenez que trente chevaux, il en manque trois. Où sont-ils passés ?

— Je ne puis vous le dire, j’ai vu le rassemblement de chevaux sur la place de la commune mais je ne les ai pas suivis, je suis venu à Châteaulin en auto.

L’affaire s’est arrêtée là. Pour Dreyer, le maire de Crozon (750 chevaux), les choses ont dû être plus difficiles à justifier car il n’amenait que 100 chevaux sur les 300 prévus.

De cette journée, Jamault garde deux souvenirs émouvants. D’abord le voyage de l’aller : la vision du Ménez Hom couvert de givre et, dans la demi-teinte du matin, la longue montée peuplée de chevaux et d’hommes en marche, certains tenants leur cheval par le licol et d’autres montés dessus...

Et puis, seconde émotion, le repas. Le Sous-préfet avait conseillé un restaurant de Châteaulin dans une vieille maison ne payant pas de mine, sur la route de Douarnenez : « Allez là-bas, Chez Marianne, vous mangerez bien. »

En effet, ce fut un repas extraordinaire et succulent : soupe, huîtres, rôti de cochon, lapin sauté, poulet rôti, beurre et pain à discrétion, cidre, vins, café, le tout pour 33 F sans ticket. Mais comment fait la patronne pour avoir autant de denrées dans ces temps de disette ? Elle a, parmi sa clientèle, beaucoup de chauffeurs automobiles à qui elle demande d’être payée en nature : un poulet par-ci, une motte de beurre par là, etc.

J’ai trouvé les patates du dîner un peu fades...

 

                 1 Le Scharnhorst, le Gneisenau et le Prinz Eugen

 

 

Vendredi 13 février 1942

• Je vais à la pharmacie acheter une nouvelle brosse à dents : 30 F ! On n’en fabrique plus. Tant pis, je ferai durer l’ancienne.

• Grève des pêcheurs, ils ont arrêté la coquille : les mareyeurs veulent baisser le prix du sac de 450 à 300 F (il était de 300 F l’année dernière).

• Un avion allemand est tombé près de Perros, on ignore s’il y a eu des morts, il a sans doute eu une panne.

 

 

Samedi 14 février 1942

• Mlle Martin me raconte que l’ancien Commandant du Poulmic lui avait reproché, il y a quelque temps, de tout faire pour ne pas vendre aux Allemands. Elle avait ri sans répondre. Il voulait des bottes en caoutchouc et savait qu’elle en avait reçu. Effectivement, elle en avait eu six paires qu’elle avait réparties dans sa clientèle camarétoise.

Peu de temps après, les douaniers allemands ont fouillé le Camarétois à son arrivée à Camaret et ont ouvert le seul colis qui lui était destiné et qui contenait un fer électrique pour son frère. Heureusement pour elle qu’il n’y avait pas de bottes en caoutchouc cette fois-là, elle l’aurait sûrement payé très cher.

• Chez Calvez, je donne mes cartes de pommes de terre. L’épicière note mon nom sur un cahier, elle en a déjà trois pages.

• Toujours pas trouvé de grains pour les poules.

• C’est près de Kersiguénou qu’est tombé l’avion allemand hier. L’un des aviateurs a eu les jambes coupées et l’autre est blessé à la tête. Les deux habitants du village qui ont aidé les blessés ont reçu chacun 200 F des autorités allemandes et obtenu la libération d’un prisonnier.

 

 

Lundi 16 février 1942

• Beaucoup de monde sous le sémaphore des Tas de Pois pour la coupe du goémon. Ces dernières années, beaucoup de gens avaient délaissé la terre et les cultures. Mais au vu des problèmes d’approvisionnement, tout le monde a labouré cette année et il faut donc de l’engrais pour tous ces champs supplémentaires. Comme il n’y a plus d’engrais chimiques, chacun garde son fumier. Pour le goémon c’est pareil, chacun coupe pour soi. Il faut aller vite et en collecter le plus possible, la journée est courte.

Un canot trop chargé s’est brisé.

Discussion avec Jos : le meilleur goémon pour les pommes de terre est celui du Fret.

• Jos ne prendra cette année un cochon à la foire que lorsqu’il aura fait sa récolte, il saura alors ce qu’il peut lui donner à manger, d’autant que le prix des petits cochons a monté en flèche, avant la guerre on les payait de 100 à 150 F, les cochons un peu plus gros 200 F, maintenant il faut mettre 700 à 1000 F, et la plupart sont achetés par les soldats allemands qui, eux, ont du son à leur donner.

 

 

Mercredi 18 février 1942

• J’ai cassé un sabot en pellant le champ de Maurice qui n’avait pas été retourné depuis longtemps. Mimie dit qu’il faut aller voir Goyat à Kerhos, il en fait de très solides.

• Les pêcheurs de coquilles ont dû trouver un arrangement avec les mareyeurs car ils ont repris le travail. Le train pour le Fret était bondé ce matin.

• À propos de train, le fils Bergot (Dédé) m’a raconté comment il faisait pour passer le contrôle à la gare quand il revient de Plomodiern où il va régulièrement pour approvisionner le restaurant de sa mère : il fait porter ses colis par des soldats allemands qui eux, ne peuvent pas être contrôlés. Les gendarmes connaissent son truc mais n’ont pas encore réussi à le coincer. Ils sont furieux de leur impuissance, lui rigole.1

• Oublié de noter que l’autre jour, Jamault m’avait expliqué comment un maire malhonnête pouvait très aisément trafiquer de l’essence : il reçoit la liste des bénéficiaires des bons d’essence avec les quantités allouées, mais il n’est pas obligé de leur dire quelle est cette quantité. Il peut leur donner moins, profiter de la différence, en faire bénéficier ses amis ou en trafiquer.

 

                 1 PV de gendarmerie du 27/02/1942, ADF 10U86

 

 

 

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