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Sélection d'articles des années 1800-1874

 
01/12/1800 Lanvéoc, pays peu fertile en tous genres...

article issu de : Carnet de la Sabretache      

 

Carnet d'étapes du sergent-major Philippe Beaudoin

 

Le 10 frimaire, à Lanvéoc. Nous avons parti de Brest pour aller en cantonnement de l'autre côté de la la rade. Elle est de toute beauté; elle est ronde, elle a trois lieues de traverse de toutes parts, entourée de montagnes et garnie de forts, et une entrée très étroite dont les batteries se croisent. En outre, il y a une roche au milieu du passage avec un pavillon dessus qui se nomme la Roche Mingan.

Après la traversée de la rade, nous avons arrivé à Lanvéoc, qui est notre cantonnement; bourg sur une petite montagne proche de la rade, avec un fort dont la mer flotte au pied [...].

Nous [ne] sommes qu'une compagnie ; le reste du bataillon est à Quelern, Fédon commandant le bataillon.

[Pays] peu fertile en tous genres, pauvre et sale dans les maisons; les bestiaux et les hahitans couchent ensemble, et font sécher la m... de vache pour brûler, faute de bois.

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15/09/1802 M. le maire d'Argol ne veut pas chanter tout seul !

article issu de : Bull. de la commission diocés. d'Architecture et d'Archéologie, 1902

 

Prêtres d'Argol

 

« Monsieur,

« Après que nous avons appris votre heureuse nomination pour notre Évêque, et vous croyant rendu à votre diocèse, je me suis empressé de vous donner avis que le citoyen d'Hervé, faisant les fonctions de notre curé et notre seul ecclésiastique, devenu par son grand âge et caducité et privé de la vue en grande partie pour ne pas dire totalement, hors d'état de faire aucune fonction religieuse quelconque, j'ai eu l'honneur de vous écrire quatre lettres, par intervalle de quinze jours à trois semaines, et toujours adressées au presbytère en cas de votre absence et jamais de réponse quoique cet objet fut de la plus grande considération.

« Vous m'avez fait l'honneur de me faire passer votre ordonnance du 9 de ce mois suivie d'autre ordre, du 14 aussi du courant. Le préfet, par sa lettre circulaire, du 15 aussi courant, me donne le même ordre de faire assembler les prêtres qui se trouvent dans ma commune pour chanter le Te Deum en action de grâce des Senatus Consul (sic) ; il paraît, en juger par les apparences, que vous êtes mal instruit l'un et l'autre de notre malheureuse situation d'être privés depuis plus de trois mois d'aucun secours spirituel, malgré mes différentes invitations.

« Je crois devoir attendre que vous nous ayez fait venir un prêtre avant de chanter le Te Deum, à moins de le chanter tout seul.

Depuis que nous sommes privés du service divin, personne ne s'approche de notre église, ceux qui sont capables vont à la messe ailleurs.

« Ma commune me charge, au nom du ciel, de vous demander un ecclésiastique propre par ses instructions et ses exemples à entretenir au milieu de nous la pratique des vertus religieuses, l'esprit de paix et de concorde que nous avons toujours, grâce à Dieu, conservé ; jusqu'ici nous n'avons eu que le même autel et le même temple.

« Monsieur, nos vases sacrés ayant été tous enlevés et nos fabriques n'ayant point de fonds entre les mains, j'ai fait les avances pour l’achat d'une croix, ciboire, encensoir et navette, le tout en cuivre argenté et le ciboire doré en dedans ; et comme ils n'ont pas été encore bénits, je vous prie de vouloir bien déléguer le pouvoir au prêtre que vous ordonnerez de nous venir, de les bénir et d'exposer, le dimanche que nous célébrerons ce grand événement, le Saint-Sacrement sur le trône de son amour, sur notre autel, dont nous sommes privés depuis dix ans.

« J'ai l'honneur

« LEMILLOUR, maire. »

La prière de ce bon maire fut enfin exaucée, et M. Moreau, nommé un mois après, demeura recteur d'Argol jusqu'en 1814.

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27/10/1811 Alarme ! Les loups reviennent à Crozon.

article issu de : Journal de l'Empire (Paris)

 

Empire français

loup crozon

 

Brest, 19 octobre.

Les loups, qui avaient presque entièrement disparu pendant tout l'été recommencent leurs ravages, et déjà l'alarme s'est répandue dans plusieurs lieux. Ils ont dévoré, ces jours derniers, un enfant de treize ans de la commune de Crozon, qui était allé à la recherche des vaches d'un particulier.

On n'a retrouvé sur la trace des loups que les sabots de ce malheureux enfant.


 
29/06/1832 Evasion à Quélern : 69 condamnés militaires ont été repris.

article issu de : Journal des débats politiques et littéraires (Paris)

 

On écrit de Brest, 19 juin :

Le 16 de ce mois, soixante-neuf condamnés militaires du dépôt de Quélern ont profité du moment où la garnison se préparait à l'inspection du lendemain pour faire une tentative d'évasion.

Pendant que les soldats nettoyaient leurs armes, ils se sont précipités sur une barrière qui était ouverte, en culbutant le factionnaire et le planton. De là, ils se sont portés à la porte de Camaret, que le sergent de garde fermait, lui en ont enlevé les clefs de force, après avoir assailli la garde, et se sont répandus dans la campagne.

Les gendarmes de service et les voltigeurs de garde se sont mis à leur poursuite, puissamment secondés par les gardes nationales de Crozon et de Camaret, et sont parvenus à les arrêter tous, à l'exception de deux, qu'on dit avoir été repris dans la journée d'hier.

Trois citoyens de Brest ont pris la part la plus active à cette poursuite, qu'ils ont dirigée avec une intelligence et un dévouement au dessus de tout éloge.

Un des fuyards a été blessé.

La douane a rivalisé de zèle et d'activité avec la garde nationale.

Nous avons sujet de croire que cette tentative d'évasion se rattache aux projets des factieux carlistes, qui en auraient été les instigateurs. L'autorité est avertie, et nous savons qu'elle s'occupe avec zèle à de sérieuses investigations.

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25/03/1843 Précisions sur la découverte d'un ancien cimetière de Crozon.

article issu de : Bulletin de l'Alliance des arts (Paris)

 

FINISTÈRE. — Voici quelques renseignements positifs sur le tumulus dont nous avons déjà annoncé la découverte aux environs de Crozon :

L'énorme quantité de sable soulevé par les ouragans du mois de janvier, et qui a englouti en partie les villages appelés la Grande-Palue, Brégoulou et Lestéven, a laissé à découvert, en se déplaçant, un monticule qui peut avoir environ 10 mètres de circonférence. Quelques ossements humains remarqués à la surface donnèrent l'idée de faire des fouilles. Le premier coup de pioche a fait rouler une tête de mort. Puis on a découvert un squelette entier. Le cadavre avait été placé sur le dos, les bras étendus le long du corps, et non mis en croix comme on le pratique de temps immémorial dans tout le pays de Crozon. On a trouvé grand nombre de squelettes d'hommes et de femmes, parfaitement conservés. La partie nord-est du tumulus ne renfermait que des ossements d'enfants.

Quelques personnes pensent que l'inhumation de ces cadavres remonte à une époque antérieure au christianisme ; cette opinion est rendue probable par la présence de deux médailles dans le sable, au milieu des ossements. L'une est en argent, l'autre en bronze. Cette dernière est d'un très petit module ; elle porte d'un côté le nom et l'effigie du dieu Mars, et de l'autre la louve allaitant Romulus et Rémus : c'est une de ces oboles que les anciens mettaient dans la bouche des morts pour payer à Caron le passage du Styx.

A l'appui de cette opinion, on pourrait citer encore la découverte d'un camp romain faite dans les environs, où l'on a trouvé un grand nombre de briques, d'urnes et de médailles romaines dans l'enceinte du camp dont on peut distinguer encore les fossés, les retranchements, etc. D'ailleurs, le passage et même le séjour des Romains dans la presqu'île armoricaine est un fait incontestable, surtout depuis les fouilles opérées par M. de Kerdanet prés Plounéventer et les heureuses découvertes de M. [Dumarc'Hulla] à sa campagne du Pérennou.

 

On peut lire à ce sujet le récit de Paul du Chatellier à propos d'un crâne trépané trouvé sur place.

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19/01/1845 La douane de Camaret : excès de zèle ?

article issu de : La Presse (Paris)

 

La douane et le droit de visite.

La loi du 4 germinal an V (art. 8) autorise la douane à effectuer une visite sommaire à bord d'un navire encore en cours de voyage, lorsqu'elle soupçonne la fraude; mais ce droit va-t-il jusqu'à faire opérer le déchargement du navire ? Le tribunal de Brest vient de décider le contraire, et voici dans quelles circonstances :

Le brick français l'Anthymènes était en relâche forcée dans la rade de Camaret, près de Brest. Les employés de la douane se présentèrent ; le capitaine s'opposa à la visite ; une rixe s'engagea, à la suite de laquelle le patron Paulier expira en arrivant à terre. La douane crut devoir user de la plénitude de son droit en faisant décharger le navire.

Une protestation et une plainte furent faites par le propriétaire du brick. Le tribunal, considérant que la douane ne peut se substituer à la justice, que le déchargement d'un navire ne saurait être considéré comme l'exercice régulier du droit de visite, a condamné l'administration à 5.984 fr. de dommages-intérêts.

Devant la cour d'assises, les préposés des douanes ont été acquittés à raison de la mort du patron, mais condamnés à l'amende et à une indemnité envers la veuve et les enfans de ce dernier.

 


CAMARET. Le port.
d'Eugène Boudin, source : Wikipaintings.org

 
27/02/1847 Balles de coton à la côte : voleurs signalés au Procureur du Roi.

article issu de : Journal des débats politiques et littéraires (Paris)

 

On écrit des côtes du Finistère, le 23 février.

Depuis plusieurs jours une grande quantité de balles de coton a été jeté par la mer sur le littoral de Pont-L'Abbé, d'Audierne, de Douarnenez et de Camaret. Plusieurs de ces balles, qui ont été recueillies par les pêcheurs, ne conservent de leur emballage primitif qu'un lambeau de toile serpillière entièrement détruit par un séjour de longue durée dans la mer.

Jusqu'à ce moment aucune marque n'a pu mettre l'autorité sur les traces du lieu de provenance de ces balles, qui sont serrées par des cordes d'écorce d'arbres. Leur forme est carrée sur 70 centimètres de long et 35 centimètres d'épaisseur. Quelques unes sont imprégnées d'eau de mer; leur poids varie de 80 à 150 kilos.

Sur le littoral de la baie de Dinan les riverains ont enlevé une assez grande quantité de coton.

On dit même que treize individus, chez lesquels du coton a été trouvé à la suite de visites domiciliaires exercées par la marine, la douane et l'adjoint au maire de Crozon, vont être signalés au procureur du Roi de Châteaulin.

L'apparition de ces cotons sur nos côtes, et celle de deux poutrelles de bois de cèdre, ne laissent aucun doute sur la perte d'un navire chargé de ces marchandises. Dans ces localités on s'attend à recueillir d'autres ballots, si les vents d'aval se maintiennent et si la rapacité des riverains ne vient pas les soustraire à la surveillance.

Les cotons recueillis ont été emmagasinés dans des lieux isolés; ils vont être purifiés pour ensuite être remis à qui de droit.

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15/09/1853 Tableau de chasse : 13 marsouins tués dans le port de Camaret.

article issu de : Journal des débats politiques et littéraires (Paris)

On vient de faire à Camaret (Finistère) une chasse aux marsouins qui a occupé toute la population.

Le 3 septembre, dès la pointe du jour, on remarquait de nombreux marsouins sillonnant la mer en tous sens dans le port, et semblant défier les lignes et les filets des pêcheurs de sardines, moyens impuissans pour prendre de si gros poissons.


CAMARET. Bateaux dans le port.
d'Eugène Boudin, source : Wikipaintings.org

 

La mer baissant toujours, le lieutenant et le brigadier des douanes, armés de fusils, se mirent à leur poursuite avec le canot des douanes. Bientôt rendus au milieu de la bande, un premier coup de feu du lieutenant ayant fait pirouetter l'un d'eux, et l'eau rougie donnant la certitude qu'il était blessé, ils le suivirent, ce qui leur était d'autant plus facile qu'il ralentissait sa course. Il fallut néanmoins deux autres coups de feu pour l'achever.

Après l'avoir embarqué, non sans peine, ils se dirigèrent de nouveau sur la bande qui se trouvait toujours dans le port. Le canot de la Sophie-Augustine, capitaine Loir, celui de la Jeune-Marie, capitaine Manéxénéxo, et deux autres embarcations sont allés rejoindre le canot de la douane, formant alors une ligne de bataille.

Grâce aux bruits des avirons et aux cris poussés par les hommes qui montaient les diverses embarcations on parvint à faire fuir les marsouins jusqu'au fond du port, où eut lieu une attaque à coups de fusils, de harpons, de gaffes, et même de couteaux dont s'étaient armés quelques uns des nombreux riverains attirés sur la plage par la curiosité et la rareté du fait; quelques-uns se sont même jetés courageusement à la mer pour prendre part à la lutte, qui a duré plus d'une heure et qui s'est terminée par une victoire complète. Treize marsouins sont restés sur la plage aucun n'a pu s'échapper.

Ce poisson, qui vient presque tous les ans dans nos parages à l'époque de la pêche de la sardine, est désigné par les pêcheurs sous le nom de dauphin à bec d'oie, à cause de son museau allongé de 20 centimètres et ayant absolument la forme du bec de l'oie. Il est du poids de 100 à 150 kilogrammes, et a une largeur de 1 mètre 50 centimètres à 2 mètres. (Espérance du Peuple)

 
25/03/1859 Naufrage fatal à l'île-Longue.

article issu de : La Presse (Paris)

 

L'Océan, de Brest, annonce qu'un affreux malheur a eu lieu dans la rade de Brest. Un petit bateau plat, remplaçant le bateau de service habituel, et se rendant de Quélern à Brest, a chaviré entièrement près de l'île Ronde.

L'embarcation n'était conduite que par le patron [Alavoine] et un jeune matelot ; il y avait huit passagers à bord : MM. Lemonnier, capitaine adjudant-major ; Nottet, capitaine ; Bassy, Benoît, sous-lieutenants, le caporal Renn, deux soldats et une marchande ambulante.

L'embarcation partit à dix heures et demie du matin de Roscanvel, et, après avoir viré deux fois de bord, arrivée à la hauteur de la pointe de l'île Longue, elle essaya de virer une troisième fois; la manœuvre, manqua pour n'avoir pas filé assez rapidement une écoute, et le bateau fut complètement chaviré.

Le caporal disparut, les autres passagers réussirent, ainsi que le patron et le matelot, à s'accrocher aux débris; la mer était très grosse, et à chaque instant ils étaient couverts par la lame.



Dessin paru dans Le Monde Illustré du 2 avril 1859 (Gallica)

 

La femme, hissée sur la quille, qui, au premier moment, s'élevait à fleur d'eau, tint avec beaucoup de courage pendant environ une demi-heure; mais le bateau s'enfonçant petit à petit, la malheureuse fut enlevée par une lame, et après elle le patron, puis M. Lemonnier.

M. Bassy, sachant nager, quitta le bateau et se mit, à l'aide d'un aviron, à essayer de gagner le rivage. On ne put le suivre des yeux en raison de l'état de la mer.

Cinq passagers étaient donc restés sur l'embarcation renversée et enfoncée de près d'un mètre lorsque, après environ une heure et demie depuis l'instant du sinistre, l'aviso à vapeur l'Elorn, prévenu par un douanier de la côte, vint les sauver : M. Nottet, capitaine ; M. Benoît, sous-lieutenant, les deux grenadiers, le matelot. Ils reçurent à bord de l'Elorn les soins les plus empressés. On n'a pu retrouver M. Bassy. Dans ce sinistre, deux officiers, le caporal, une femme et le patron [Alavoine], père de six enfants, ont donc trouvé la mort.


Vos commentaires sur cet article

Le patron "ALLAOUEN" est mon ancêtre Jean Baptiste Théodore ALAVOINE mari de Julie SERVAIN et fils de Joseph Etienne ALAVOINE maire de Roscanvel An8 de la République et de Marie Anne LE BOEDEC.
Sur son acte de décès du 22.03.1859 il est noté "noyé en rade". J'ai donc fait le rapprochement, aussi je vous remercie d'avoir ajouté cet article !
Mcfil

>>> J'ai donc rendu, dans l'article, son identité à votre aïeul.

 
18/02/1863 Découverte de pièces anciennes dans un champ de Crozon.

article issu de : Le Petit Journal (Paris)

 

En labourant son champ, nous assure-t-on dans le Bas-Breton, un cultivateur de la commune de Crozon aurait trouvé une petite caisse en cuivre contenant un certain nombre de monnaies. Plusieurs de ces pièces, qui nous ont été communiquées, remontent aux règnes d'Antonin le Pieux, Marc-Aurèle et Faustine; elles sont en argent et de belle conservation.

 

Il s'agit de Jean Alix qui a découvert, près de l'étang de Kerloc'h, un vase en cuivre contenant 1.012 monnaies. (source : La presqu'île de Crozon, M. Burel, J.-J. Kerdreux et D. Cadiou, ed. Palantines)

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12/01/1869 Règlement de compte familial.

article issu de : Le Temps (Paris)

 

On écrit de Crozon (Finistère) au "Phare de la Loire" : Un soir du mois dernier, Louis P. entrait chez K., son beau-frère, qu'il trouva en compagnie de son père et de sa femme. Ces derniers sortaient pour aller passer la soirée chez des voisins. Les deux beaux-frères restèrent seuls. Depuis longtemps ils vivaient en mauvaise intelligence.

P. se leva.

Sur l'observation de son hôte que le temps était mauvais il répondit qu'il était préoccupé d'une épave qu'il avait sur la grève, qu'il craignait de ne pouvoir l'emporter seul et réclama son aide; tous deux sortirent pour gagner le rivage, distant de 500 mètres.

P. dit à son beau-frère : J'ai oublié mon croc, et il s'écarta pour aller le prendre. L'autre continua sa marche jusqu'au bord de la côte et attendit, pour y descendre, son compagnon qui ne tarda pas le rejoindre.

L'épave ne se retrouvant pas, K. reprit le chemin de sa demeure, suivi par P., à qui il fit observer qu'il aurait dû surveiller de plus près son épave.

Ce n'est pas à elle que je tiens, mais bien à toi, s'écria P. avec fureur, et aussitôt il lui porta un violent coup de croc sur les reins et le terrassa.

Puis, au moment où la victime se relevait, il la frappa de nouveau et sur le bras gauche qu'il fractura et sur l'épaule droite. K. tomba sans connaissance.

Son meurtrier traîna le corps inerte sur le bord de la côte et le précipita d'une hauteur de 30 pieds sur les rochers.

Le lendemain matin, parmi les parents et amis inquiets qui s'étaient mis à la recherche de K., P. se montrait des plus empressés.

II espérait que tout se bornerait à la découverte d'un cadavre muet, et que la mort de son beau-frère serait considérée comme le résultat d'un accident.

Mais quel n'a pas dû être son effroi en voyant apparaître soudain sa victime pâle, défaite, brisée.

En effet, après être resté plusieurs heures anéanti, vers le matin, K. recouvra ses esprits. Le bruit des lames en se brisant à ses pieds lui rappela le lieu où il se trouvait.

Il essaya d'abord de se relever, mais ses membres moulus et engourdis lui refusèrent leur office. Ce ne fut qu'à la pointe du jour qu'il parvint à rassembler assez de force pour essayer de regagner son domicile.

La justice est saisie.

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07/10/1871 Tentative d'évasion d'un insurgé de la Commune.

article issu de : Le Figaro (Paris)

 

Le chapelier Amouroux, ancien membre de la Commune, comparaîtra dans quelques jours devant le 3e conseil de guerre de Versailles. Voici les détails que donne l'Océan, de Brest, sur l'arrestation de cet insurgé dont nous avons été les premiers à annoncer la capture :

Une de ces dernières nuits, un insurgé, détenu sur le ponton l'Yonne, qui est mouillé dans la baie de Roscanvel, avait réussi à se glisser à la mer. Notre homme, paraît-il, avait pris la précaution d'amarrer ses effets, et les avait placés sur sa tête.

Après avoir nagé vers la côte qui est assez éloignée du bâtiment qu'il venait de quitter, notre homme s'aperçut promptement des difficultés qu'il avait à vaincre pour pouvoir attérir. En effet, en cet endroit, les courants étaient très forts, et menaçaient de l'entrainer vers la pleine mer.

Aussi son parti fut vite pris voyant que tous les efforts qu'il faisait devenaient inutiles et que ses forces s'épuisaient, il se mit à crier au secours.

Fort heureusement pour lui, ses cris furent entendus de l'Yonne, et une embarcation fut aussitôt mise à la mer et dirigée du côté d'où partaient les cris. On recueillit notre homme au moment où, épuisé, il allait être englouti.

L'Yonne, vaisseau à hélice, utilisé comme ponton
(vaisseau désaffecté) pendant la Commune.   
source : commune1871.org
 
08/04/1872 Lanvéoc va enfin devenir une commune !

article issu de : Rapports et délibérations - Finistère, Conseil général

 

Conseil Général - Session du 8 avril 1872

Demande d'érection de Lanvéoc en commune.

Dans sa dernière session, le Conseil général a été saisi d'une demande des habitants de la section de Lanvéoc en Crozon, tendant à obtenir l'érection de cette section en commune.

Le Conseil municipal de Crozon, en adhérant à la séparation demandée, s'opposait formellement à l'annexion du village de Kervenneuré à la section de Lanvéoc ; les habitants de ce village ont aussi protesté contre cette annexion. Toutefois, le Conseil général avant de statuer a jugé utile de faire procéder à une nouvelle enquête pour connaître les vœux des populations intéressées. Cette enquête a eu lieu, et tous les habitants de Kervenneuré ont énergiquement protesté contre l'annexion. En présence de cette manifestation, la Commission syndicale a renoncé à comprendre Kervenneuré dans sa demande.

D'un autre côté les habitants de Kergrigent et d'Hirgan non compris dans la section de Lanvéoc, ont aussi formellement demandé le maintien de leurs villages dans le territoire de leur chef-lieu auquel ils sont attachés pour de nombreux intérêts et des relations faciles.

Quant aux parcelles d'une faible étendue, et teintées de rouge sur le plan, elles forment une dépendance naturelle du territoire de Crozon, en adoptant le chemin vicinal de Crozon au Fret pour délimitation des deux communes.

En conséquence, la Commission propose au Conseil :

1° D'émettre l'avis que les villages de Kervénneuré, de Kergrigent et d'Hirgan soient maintenus dans le territoire de Crozon ;

2° Que la section de Lanvéoc soit érigée en commune ayant pour limite à l'ouest le chemin vicinal de Crozon à Lanvéoc.

[...]

M. Fénigan demande quelles sont les intentions de l'administration sur la séparation réclamée.

M. le Préfet accepte cette séparation. Il demande que Lanvéoc s'engage d'abord à fonder une école de filles.

M. de Pompery dit que la séparation est urgente et que Lanvéoc a son église à rebâtir *.

M. le Préfet le reconnaît, mais insiste pour l'école qui ne doit pas occasionner de dépenses à la commune, et pour cela il réclame le concours de M. Fénigan.

M. Fénigan pense que la commune de Lanvéoc accédera à ce désir.

Le Conseil adopte les conclusions du rapport.

 

* cela fait 2 ans que les fidèles se réunissent dans une écurie pour célébrer la messe, car l'église menaçait ruine ; elle s'était d'ailleurs complètement écroulée 6 mois plus tôt, fin septembre 1871.

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16/04/1872 Le fort de Quélern devient une prison pour les Communards.

article issu de : Le Petit Journal (Paris)

 

Les affaires de la Commune.

On écrit de Brest, le 1 avril.

Tous les trois à quatre jours, des convois de cent à cent vingt prisonniers arrivent de l'intérieur et sont conduits dans l'enceinte fortifiée de Quélern, que l'on a convertie en prison.

Le maximum de condamnés que l'on pourra y mettre est douze cents.

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24/07/1872 Aux assises : agression après la foire de Crozon.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Cour d'Assises du Finistère

 

[...] 17 juillet, 3e affaire.

— Louvet Jean-Claude, cultivateur et marin ; 2° Lesquivit Bernard-Marie, cultivateur et marin ; 3e Thomas Hervé, cultivateur et marin; 4e Leroy Joseph, cultivateur et marin. Tous nés et domiciliés à Crozon.

De l'acte d'accusation résultent les faits suivants :

Le 22 juillet 1871, le nommé Lemignon, cultivateur à Kermoal, en la commune de Crozon, revenant d'une foire, en état d'ivresse, s'endormit vers neuf heures du soir, dans un fossé d'un chemin public qui conduit au Fret. Il avait eu ce moment sur lui une somme de 130 francs environ, dont 5 pièces de 20 francs, enfermés dans un chiffon, et dans un porte-monnaie, une autre pièce de 20 francs avec des pièces d'argent et de billon.

Les nommés Thomas, Leroy, Louvet et Lesquivit, l'ayant aperçu dans cet état, formèrent le projet de le voler. Ils l'entourèrent et se mirent à le fouiller. Lesquivit s'empara du chiffon où se trouvaient serrées les 5 pièces de 20 francs; Louvet prit dans une poche une somme de 3 fr. 50 c en monnaies d'argent et du billon; Leroy remit à Thomas un mouchoir qui plus tard a été retrouvé aux mains de celui-ci, il prit aussi le portemonnaie de Lemignon, mais n'ayant pu l'ouvrir, il le donna à Louvet qui l'ouvrit et s'empara de l'argent qu'il contenait en déclarant toutefois à ses complices qu'il ne renfermait qu'une pièce de 2 francs qu'il leur fit voir.

Il fut convenu que ces deux francs seraient dépensés en commun au cabaret. Le lendemain en effet, ils servirent à payer les boissons que les quatre accusés prirent ensemble.

Lesquivit n'avait pas fait connaitre à ses compagnons l'importance de la somme qu'il s'était appropriée : mais les dépenses considérables qu'il faisait en leur compagnie, ayant éveillé leur attention, il finit par leur avouer qu'il avait pris cent francs à Lemignon.

D'un commun accord, ils décidèrent que cette somme serait employée à payer leurs dépenses communes dans les cabarets. Elle fut en effet dépensée de cette façon, sauf 21 francs que Lesquivit employa à acheter des vêtements et 11 francs avec lesquels Louvet paya une paire de souliers.

Lemignon n'avait pas porté plainte à raison du vol dont il avait été victime.

Ce ne fut que le 2 avril 1872 qu'en conversant avec Kermel, il lui raconta la soustraction frauduleuse, commise à son préjudice le 22 juillet précédent.

Kermel, auquel Leroy avait quelques mois auparavant fait le récit circonstancié du vol commis par lui et ses trois compagnons au préjudice de Lemignon, s'empressa de donner à celui ci les indications nécessaires, Lemignon porta aussitôt plainte à la gendarmerie.

Louvet, Thomas, et Lesquivit ont avoué les faits qui leur étaient imputes, chacun d'eux cherchant du reste à diminuer la part qu'il a prise dans la perpétration du crime.

Ils ont reconnu aussi, que tous ils ont profité de l'argent volé dont ils connaissaient l'origine criminelle. Seul Leroy a tenté de rejeter sur ses trois coaccusés la responsabilité du crime.

Il a prétendu n'y avoir aucunement participé et avoir ignoré la provenance de l'argent qu'il a dépensé avec les autres.

Ce système que contredisent les déclarations de ses compagnons est d'autant moins admissible que Leroy est obligé de reconnaître qu'il était avec eux pendant qu'ils entouraient Lemignon et s'emparaient de ce qu'ils trouvaient dans les vêtements de celui-ci.

[...]

Le Jury, ayant admis des circonstances atténuantes en faveur des quatre accusés, ont été condamnés :

1e Louvet, Jean-Claude et Lesquivit, Bernard-Marie, chacun à deux ans de prison.

2e Thomas Hervé et Leroy Joseph, chacun à un an de la même peine.

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24/07/1872 Vol dans l'église St-Pierre de Crozon.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Cour d'Assises du Finistère

 

[...] 18 juillet, 3e affaire. — Perfézou Marie-Jeanne, âgée de 17 ans ménagère née et demeurant à Crozon.

De l'acte d'accusation, résultent les faits suivants.

Le 25 avril 1872, vers 8 heures du soir, Marie-Jeanne Perfézou qui s'était laissée volontairement enfermer dans l'église paroissiale de Crozon, parvint au moyen de fortes pesées à déplacer et à briser la barre transversale qui ferme intérieurement la porte de la sacristie, puis, soit avec un couteau ou tout autre instrument, fit sauter la serrure d'un tiroir et s'empara d'une somme d'environ 35 francs, produit des offrandes des fidèles.

L'inculpée fait des aveux complets.

Elle a déjà été condamnée pour vol, à quatre mois d'emprisonnement et, est en outre, à raison de son âge, renvoyée devant le tribunal de police correctionnelle pour de très-nombreuses infractions de même nature.

M. Baudouin, substitut du procureur de la République soutient l'accusation.

M. Cormier avocat, à Quimper présente la défense de l'accusée.

Le jury ayant admis des circonstances atténuantes, Perfézou Marie Jeanne a été condamnée à 4 ans de prison.

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24/07/1872 Travaux à Châteaulin : risque mortel dénoncé.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CHATEAULIN

L'administration des Ponts et Chaussées fait pratiquer en ce moment, dans un but qui doit être utile, des tranchées profondes de plus d'un mètre, en travers de la route de Châteaulin à Crozon.

C'était, il y a quelques jours, au delà du viaduc du chemin de fer; c'est maintenant en deçà.

On y observe avec appréhension pour la sécurité des passants, et avec regret pour le respect de la loi, dont l'administration devrait donner l'exemple, que ces travaux ne sont signalés la nuit par aucune lumière qui permette de s'en garer.

Cependant, la chute pourrait être grave, peut-être mortelle. — Avis à l'Administration qui ne se propose pas sans doute un pareil résultat.

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28/08/1872 Incendie d'une maison dans un village de Crozon.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Crozon. — Dans la soirée du 22, au village de [Kerbaliou], Anne Le Lann, femme Raoul, était allée à son grenier pour y recueillir des mottes à brûler ; sans qu'elle s'en aperçut, la lumière dont elle s'était munie, mit le feu à un tas d'environ quatre charretées de chanvre non broyé ; au milieu du souper, l'incendie, que la toiture avait dissimulé, se déclara tout à coup ; mais il était déjà trop tard ; toute la partie supérieure de la maison était la proie des flammes, ainsi que le grain qu'on y avait accumulé. Les époux Raoul durent même renoncer à sauver leur mobilier, qui fut consumé sous leurs yeux avec tout l'édifice ; ils évaluent leurs pertes à 2.800 francs ; rien n'était assuré.

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27/11/1872 Noyé dans la vase de Landévennec.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

LANDEVENNEC. — Mardi 21 novembre, vers 5 heures du soir, le canot du ponton La Beaucis, monté par quatre marins de l'Etat, et faisant le service de garde pêche, chassé par une bourrasque, et trompé par la brume et la pluie, est venu s'échouer sur le sillon de Landévennec, et en un moment a été rempli par les lames.

Guidés par les lumières du bourg, trois des naufragés ont pu regagner la terre en marchant sur le sillon qui n'était alors recouvert que par 50 centimètres d'eau. Le quatrième, Pierre Cadiou, âgé de 22 ans et né à Cancale, qui venait à quelques pas derrière eux, obliqua probablement trop à gauche et tomba dans le chenal vaseux de la rivière de Châteaulin où il disparut sans pousser un cri. Son cadavre a été retrouvé vers dix heures du soir.

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15/01/1873 La bigamie en presqu'île.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

La Bigamie — Nous avons publié, d'après le rapport officiel, les chiffres du recensement.

Le rapport établit que la population française compte 1.005.153 veufs, plus ou moins inconsolables, et 1.909.787 veuves plus ou moins disposées à mourir sur le bûcher.

Nous n'avons pas d'observations à faire sur ce point.

Mais comment expliquer ce qui suit:

Hommes mariés.......... 7.352.096

Femmes mariées ........ 7.320.510

Excédant hommes mariés : 31.586

Il faut donc supposer, dit le Petit Moniteur, que plusieurs milliers de femmes, en France ont accaparé deux, trois, quatre ou cinq maris.

Le cas est pendable et vaut qu'on y songe.

 

Nous n'avons pas résisté à l'envie de reproduire ici cet article. Après tout comment être sûr qu'il ne concerne pas la presqu'île ?...

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17/09/1873 Un naufragé d'Audierne recueilli dans le goulet.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. 8 septembre. — Vers 8 heures du matin, le sieur Rogel se trouvait avec sa chaloupe la Diligente dans le goulet, au large de la pointe dite Espagnole, lorsqu'il remarqua en mer un canot qui allait au gré des flots vers la côte, et sur lequel un marin faisait des signes de détresse. Il fut assez heureux pour le recueillir à son bord, et là ce malheureux déclara se nommer Morblanc, Ange, matelot de la goëlette la Débitante, qui avait sombré en rade d'Audierne.

Le navire naufragé, parti la veille au soir, pour livrer la chasse aux oiseaux de mer, surpris dans un courant, avait sombré près de la pointe.

Sur les quatre hommes composant l'équipage, deux se sont certainement noyés ; Morblanc qui a pu se sauver en montant dans le canot, prétend que le quatrième a dû gagner à la nage la côte de Camaret.

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11/10/1873 Chute mortelle grève de Pouldu

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CROZON, 6 octobre. — La mer en se retirant a laissé à sec sur la grève de Pouldu, le cadavre d'un enfant de 9 ans, le jeune Henri Kerdreux, fils d'un cultivateur du village de [Ker-Rouë], qui jouant le jeudi précédent avec ses petits camarades était tombé à la mer du haut de la falaise.

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22/10/1873 Nouvelle usine à Morgat.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Morgat. — On nous écrit à la date du 20 octobre : « Notre petite localité vient de s'enrichir d'un nouvel établissement pour la préparation du poisson dit conserve à l'huile.

Il a été créé par M. E. Caradec, fils, de Crozon. Puisse cette nouvelle usine prospérer comme le fut celle ouverte l'an passé par les MM. Chancerelle, de Douarnenez.

La pêche de la sardine, pendant la semaine dernière, a été très-lucrative pour la plupart de nos pêcheurs, à l'exclusion, bien entendu, de ceux d'autres localités, entr'autres ceux du Fret, dont la pêche a été nulle. Malgré l'abondance du poisson, le prix de vente s'est constamment maintenu au chiffre de 23 fr. le mille, soit pour les établissements de friture, soit pour les ateliers de presse. »

 

 

Cette usine sera installée rue de la Montagne

 

 

03/02/1874 Déportés de la Commune à Camaret

article issu de : Le Temps (Paris)

 

 

Brest, 2 février.

 

Hier, à Camaret, deux cents déportés ont été embarqués sur la Sybille, à destination de la Nouvelle-Calédonie.

 

 

  C'est le 8e convoi de déportés de la Commune.
   La Sybille, partie de Brest, est venue à Camaret prendre les 198 prisonniers qui étaient au fort de Quélern.
  >>> détails sur ce voyage de la Sybille.

 
18/02/1874 Naufrage et sauvetage au Tas-de-Foins (Camaret)

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — On écrit à "l'Electeur" : Le 10 de ce mois, le bateau de pêche Iris, de Morgat, monté par le patron Palud (Jean-Pierre), d'une femme et d'un mousse, parti de Brest dans la matinée, a sombré dans les Tas-de-Foins, vers les 4 heures du soir. Ces malheureux, jetés sur un rocher dit le Petit-Daouhet, n'ont été aperçus que dans la journée du 12 par un gardien du sémaphore qui a avisé immédiatement l'autorité locale.

Le bateau de sauvetage envoyé à leur secours les a recueillis et débarqués au port de Camaret ; ces pauvres naufragés étaient dans un état extrême d'épuisement.

 


Naufrage de l'Iris - Ex-voto de Gweledig
source : gweledig.canalblog.com

 

 

07/03/1874 Flagrant délit de vol à Morgat : trop ivres pour s'enfuir !

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Morgat.On nous écrit le 3 mars :

Une pièce de vin rouge, de la contenance de 4 hectolitres 60 litres, sans marques ni numéros, deux billes bois de sapin, dont une très-endommagée par les bernacles et des débris de même bois sont venus atterrir sur la droite de la penthière de Morgat, dans la journée du 28 du mois dernier. Le service des Douanes a dû dresser procès verbal contre trois individus pris en flagrant délit de vol d'épaves dans la soirée de samedi.

L'état d’ébriété dans lequel ils se trouvaient au moment du délit était tel qu'ils n'ont pu fuir, et laisse soupçonner que ce sont eux qui ont opéré dans la barrique le vide qui y a été constaté.

Ces trois individus qui auront à répondre devant la justice du délit qui a été relevé contre eux sont les nommés : Menesguen, Pierre, Menesguen, Jean-Pierre et Martin, Guillaume, domiciliés tous trois à la Palue.

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27/05/1874 Portée de 8 louveteaux trouvés à Argol

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Châteaulin, 25 mai. — Un cultivateur d'Argol, s'est présenté dans la journée à la mairie avec 8 louveteaux qu'il avait trouvés dans un taillis.

Suivant les instructions de l'administration supérieure que nous rappelions samedi dernier, on lui a délivré les certificats nécessaires pour l'obtention de la prime de 48 fr. à laquelle il a droit à raison de 6 fr. par chaque louveteau.

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13/06/1874 Mort accidentelle à Roscanvel

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Roscanvel. 8 juin. — Le fils d'un cultivateur du village de Kerlaër, le jeune Riou, Pierre, âgé de 10 ans, qui gardait ses moutons sur la falaise qui domine la grève de Keraden, ayant voulu, pour dénicher un nid qui se trouvait dans les rochers, descendre par une pente très-rapide, fit un faux pas et tomba sur les galets du rivage d'une hauteur de 25 mètres.

La mort du pauvre enfant a été instantanée.

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19/08/1874 Le cheval, le disciple de Bacchus et l'Administration

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Le Faou, 13 août. Nous recevons la lettre suivante :

« Monsieur le Rédacteur,

Je vous serai reconnaissant de vouloir bien insérer dans votre journal le récit du fait suivant, qui montre une fois de plus l'incurie de l'administration chargée de la surveillance des bacs, mais aussi de quel dévouement sont capables les hommes courageux.

« Tous ceux qui ont remonté ou descendu la rivière de Châteaulin, ont admiré l'un des plus beaux sites de la Bretagne, à l'endroit dit Passage de Térénez. De tous côtés s'élèvent de hautes collines couvertes de forêts, les horizons les plus riants se déroulent au loin, la réserve de la flotte, mouillée au milieu de ce délicieux paysage, semble veiller sur ces lieux si calmes et si pittoresques.

« La route du Faou à Crozon s'arrête sur le bord de l'eau, prés d'une maisonnette, qui sert de demeure et de cabaret au batelier, adjudicataire des transports des voyageurs et des voitures. L’œil cherche en vain une cale, des bateaux solidement construits, proprement entretenus ; ça et là gisent deux ou trois chalands, dont les bois pourris ne demandent qu'une place dans la cheminée, plutôt que sur les eaux d'une rivière. Un fidèle disciple de Bacchus exerce là le commandement et la manoeuvre.

« Souvent, l'attention a été altérée par des personnes influentes sur le mauvais état des bacs (tel est le nom qu'on voudrait leur donner), qui franchissent l'Aulne, rivière dont le courant profond et impétueux se joue des légères embarcations.

L’Administration compétente n'a pas cru devoir s'arrêter à ces observations, elle n'a daigné accorder qu'un sourire aux avis qui, pourtant, étaient donnés dans l'intérêt de la population, dont l'existence chaque jour court des dangers à ce passage.

« Plusieurs malheurs ont été signalés, de nombreuses victimes ont expié la légèreté de l'administration, qui, au lieu de rétribuer et de surveiller un batelier responsable, ou du moins d'exiger de lui des bacs solides, en obtient un prix de ferme, elle laisse, chaque jour, se livrant à de copieuses libations, passer gens et voitures, avec la plus coupable témérité.

« Hier, mardi, un événement tragique, dont les suites redoutables ont été conjurées par le dévouement d'un brave citoyen, est venu confirmer les plaintes réitérées du public au sujet de ce passage. A 8 heures du matin, 7 personnes, se rendant à la foire de Saint-Laurent en Crozon, 2 charrettes et 2 chevaux, sont embarqués sur l'un des bacs : le courant est rapide, le vent souffle avec violence.

Tout-à-coup, au moment où le bac franchit un des passages les plus dangereux de la rivière, un cheval d'un coup de pied enfonce l'une des planches du frêle esquif et l'eau s'engouffre avec violence dans le bateau qui commence à sombrer.

Le batelier insouciant continue sa manoeuvre, un marin âgé se dépouille vivement de sa veste, qu'il veut employer à aveugler la voie d'eau... Mais, c'en est fait, l'embarcation coule toujours...

Les passagers regardent avec un morne et sombre désespoir ce tombeau, qui, s'ouvrant sous leurs pieds, va les engloutir vivants! Hommes, femmes, chevaux, voitures, vont disparaître, quand apparaît une barque qui semble voler au secours des naufragés ! M. Vincent, propriétaire, à Landévennec, se trouvant seul à la pêche dans ces parages, a aperçu le drame émouvant qui commence; n'écoutant que la voix du cœur, il se penche sur ses avirons, et frémissant à la pensée d'arriver trop tard, redouble d'efforts. Enfin il arrive : grâce à son adresse, à son énergie, un grand malheur fut conjuré, les passagers et le batelier furent sauvés, les chevaux gagnèrent le bord, les charrettes purent être dégagées ; mais les marchandises qu'elles renfermaient, gagne pain de marchands malheureux, sont avariées ou perdues.

« 0 Caron ! que n'es-tu à Térénez ! Du moins, pour une obole, tu répondais de tes passagers.

« Rendons hommage à la courageuse intervention du généreux citoyen dont le dévouement a sauvé d'une mort certaine les passagers du bac; nos éloges aussi aux trois marins de l’État, qui avec leur générosité professionnelle, ont joint leurs efforts énergiques à ceux de M. Vincent.

« Devons-nous espérer enfin que l'administration compétente prendra des mesures pour éviter de nouveaux malheurs ?

« Veuillez agréer, etc. »

 

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02/09/1874 Du suicide au compas.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Crozon, 27 août. — Le nommé Charles Pelliet, âgé de 46 ans, sans profession et sans domicile fixe, a essayé, vers 8 heures du soir, au domicile de sa belle-mère, de se donner la mort en se frappant la poitrine de cinq coups de compas. Cet homme qui était en état d'ivresse est depuis longtemps abruti par la boisson. Aucune de ses blessures ne semble offrir de gravité.

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02/10/1874 Flagrant délit de vol sur la plage de Lost-Marc'h

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Morgat. — On nous écrit le 29 septembre: — Les employés de la Douane de Morgat, en faisant tout récemment une reconnaissance de nuit sur leur pantière droite, ont arrêté, à 3 heures du matin, près du bois de la Palue, Ménesguen (Jean-Louis) et Penhoat (Jean-Marie), du village de Brégoulou en Crozon, porteurs d'une pièce de bois, venue épave sur la plage de Lostmarc'h, et qu'ils venaient de soustraire.

Procès-verbal de cette contravention leur a été déclaré par les agents des Douanes ; et les deux inculpés se sont entendu condamner, il y a quelques jours, par le Tribunal civil de Châteaulin, à 50 francs d'amende chacun et aux frais de procédure.

— « Malédiction ! , disait Ménesguen à Penhoat en sortant du Tribunal, je t'avais bien dit que nous serions grondés. »

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11/10/1874 Sardines de Camaret : publi-reportage à destination des parisiens.

article issu de : Le Petit Journal (Paris)

 

Le retour des bains de mer

 

Les plages de l'Océan et de la Manche sont à peu près vides aujourd'hui ; les touristes et les baigneurs, chassés par la pluie, le vent et le froid, sont rentrés au plus vite dans leurs quartiers d'hiver.

Nous ne redirons pas les plaisirs de l'été, il nous paraît plus instructif de faire connaître une particularité fort curieuse qu'il nous a été donné d'étudier dans le petit port de Camaret dans le Finistère.

Un petit port parfaitement abrité par les rochers du Toulinguet, une église démolie par les boulets anglais, lors de leur tentative de débarquement en France, environ huit cents habitants, et une vue des plus pittoresques de la rade de Brest, constituent tous les titres de la commune de Camaret à l'attention des touristes distraits.

Mais si l'on va au fond des choses, on découvre que Camaret est le chef-lieu du commerce des sardines à l'huile.

Les premières boîtes de conserves à l'huile viennent d'apparaître par milliers sur les marchés de Paris. Elles proviennent de la pêche de 1874.

La sardine est le poisson qui se rapproche davantage du hareng, mais il est plus petit et plus étroit.

Sa mâchoire intérieure, plus avancée que la supérieure, est recourbée sur le haut. Sa tête est pointue, assez grosse, souvent dorée, tandis que son front noirâtre, ses yeux gros, ses opercules ou ouvertures ciselés ou argentés, ses nageoires petites et grises, ses côtés argentins et son dos bleuâtre le font ressembler à un petit maquereau.

La sardine est très prolifique et se multiplie d'une façon incroyable surtout dans l'Océan Atlantique boréal, la mer Baltique et la Méditerranée. Il ne faut cependant pas la confondre avec l'atche qui est bien plus coriace et ne sert qu'à amorcer les lignes pour les pêches à la bonite dans cette dernière mer.

La sardine voyage par bancs ayant plusieurs kilomètres de longueur sur cent à cent cinquante mètres de profondeur. C'est surtout sur les côtes de Bretagne qu'elle abonde, et c'est à elle que Camaret doit son développement.

De ce port partent chaque jour, vers l'automne, sept à huit cents barques qui vont jeter leurs filets au moment où elles remontent du fond de la mer pour venir frayer sur les côtes de France.

La pêche se fait généralement à la traine, c'est-à-dire avec deux embarcations filant à la voile et ayant à bord les deux bouts d'un filet qui forme sac et ramasse tout le poisson du banc qu'elles rencontrent.

Aussitôt prises, les sardines sont salées, puis apportées à terre.

 


CAMARET. 1873. Marée basse.
d'Eugène Boudin, source : Wikipaintings.org

 

Les établissements de friture, dits friteries, hissent un drapeau tricolore pour annoncer qu'ils reçoivent le poisson frais.

Il existe à Camaret environ douze à quinze friteries, entretenant souvent nuit et jour, pendant la saison, huit à dix chaudières, contenant cent litres de graisse en ébullition.

La sardine se vend, achetée aux pêcheurs, de 19 à 20 fr. les mille têtes.

Aussitôt qu'elle a été décapitée et vidée, elle est rangée sur des claies en fil de fer par centaines.

Des femmes, les bras et les jambes nus, montées sur des échafaudages, circulent autour des chaudières en ébullition et plongent ces claies dans la friture bouillante, où elles séjournent pendant une minute au plus.

Puis on les égoutte et elles sont dressées par sept ou par treize dans des boîtes en fer blanc remplies d'huile très pure et hermétiquement soudées afin d'empêcher le contact de l'air extérieur qui pourrait en altérer la qualité.

C'est par cent mille boîtes par semaine que se comptent les expéditions de sardines de Camaret, soit pour l'intérieur de la France, soit pour l'étranger.

Ces boîtes sont vendues sur le continent suivant la quantité de sardines qu'elles renferment, de 60 c. à 1 franc. On voit maintenant quelle énorme différence existe entre le prix initial de production et le prix terminal de vente au consommateur.

Tous les Parisiens connaissent le cri des rues Sardines fraîches ! sardines nouvelles ! qui se répète en cette saison à tous les coins de rues, mais peu étaient au courant de la fabrication des sardines à l'huile.

 
21/11/1874 Gendarme imprudent au Fret : l'hôtelier a frôlé la mort.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Le Fret. — On nous écrit le 19 novembre: Dimanche dernier, une détonation se faisait entendre, vers 2 heures de l'après-midi, à l'intérieur de l'hôtel Décageux et mettait en émoi toute la population du Fret. Déjà les bruits les plus fâcheux commençaient à courir. On parlait d'un homme tué, d'un gendarme blessé.

Renseignements pris, voici ce qui s'était passé :

Le brigadier de gendarmerie et un gendarme de la brigade de Crozon étaient attablés chez M. Décageux. Tout en causant, l'idée vint au brigadier de montrer son revolver.

Il le retourne d'abord dans tous les sens, pour en faire admirer la forme, puis, sans prendre garde aux suites que pouvait avoir son imprudence, il presse la détente. Le hasard voulut que M. Décageux, un peu penché à ce moment, ne fût pas atteint ; mais le montant de la chaise sur laquelle il était assis fut brisé et la balle alla frapper le mur d'où elle revint en ricochant jusqu'au gendarme, sans lui faire de mal. On est heureux de n'avoir à déplorer aucun accident, mais il s'en est fallu de peu que la plaisanterie, un peu déplacée, du gendarme, ne coûta la vie à M. Décageux.

Puisse ceci servir de leçon à ceux qui seraient tentés de la renouveler.

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