Notre presqu'île .com

archives, histoires, images

de la presqu'île de Crozon

ARTICLES DE PRESSE

?  

Quoi de neuf ?

Presse ancienne

Cartes postales

En mots

En images

En cartes

Savez-vous ?...

Guerre 14-18

Recensement

Éditions Notre Presqu'île

livre d'or

liens utiles

bibliographie

contact

 

   revenir en arrière
 

Articles de la presse ancienne

classés dans l'ordre chronologique

 

 Cliquez sur les grandes flèches noires pour lire l'article
précédant ou suivant celui-ci dans l'ordre chronologique


 n° 1049

Leçon d'humilité et de convenance à l'adresse du recteur d'Argol.

25/11/1885 

Nouvelles et renseignements

Argol. — La consigne est de démentir, disions-nous dans notre dernier numéro. M. l'abbé Hily, recteur d'Argol, n'a pas voulu sur ce point rester en arrière de ses collègues compromis comme lui dans l'élection dernière ; seulement, c'est dans le sein de l'Océan qu'il est allé déposer son démenti. Quant au Finistère, écoutez en quels termes édifiants le digne prêtre s'exprime sur son compte : « Je méprise trop ce journal, dit-il, pour que je daigne lui adresser une réponse. »
Daignerons-nous, à notre tour, donner une leçon de convenance et d'humilité évangélique à ce singulier pasteur? Mieux vaut nous borner à publier la lettre suivante, venue d'Argol, qui répond point par point à la sienne et met à néant ses efforts plus audacieux qu'habiles pour donner le change au public :

Monsieur le Rédacteur,
Je m'explique l'irritation de notre recteur contre le Finistère, et vous allez vous l'expliquer vous-même. Outre qu'il n'est jamais agréable de s'entendre dire ses vérités, M. le recteur fait en ce moment une comparaison qui le navre : tandis que le Finistère jouit à Argol d'une faveur qui est loin d'avoir diminué après l'élection, il en est tout autrement du petit Courrier, journal protégé et propagé par le presbytère; d'un seul coup cette feuille de chou a vu revenir quatre-vingt-dix de ses numéros, refusés par leurs destinataires. Si le recteur d'Argol a pour votre journal des sentiments peu flatteurs, je vous laisse à penser quels sentiments les habitants d'Argol ont pour le sien !
Quant aux faits sur lesquels je vous ai renseigné, vous pouvez les maintenir hautement et sans y rien changer. Pour plus de clarté, je vais les reprendre en suivant l'ordre adopté dans sa lettre par M. le recteur lui-même.
1° Il est parfaitement vrai que, le 4 octobre, à la messe du matin, le recteur a fait une diatribe électorale où il a, entre autres choses hasardées, donné la nouvelle que vingt-cinq mille chrétiens venaient d'être massacrés au Tonkin.
Il n'est pas moins vrai qu'il a ensuite excité ses auditeurs à se défier de ceux qu'il désignait sous le nom de livitenn. Lui-même le reconnaît, du reste, et se contente de répondre ceci :
"Quant à l'obligation de se défier des livitenn, etc. c'est par trop naïf. Il me semble que les républicains n'ont pas seuls le privilège des livitenn (redingotes)."
S'il y a quelque chose de naïf, c'est cette explication. Voyons, M. le Recteur : à qui donc alors entendiez-vous appliquer le sobriquet de livitenn, et que venait faire dans votre sermon cet appel à la défiance ? Si ce ne sont pas seulement les républicains, ce sont donc tous ceux qui portent l'habit de la ville que vous avez ainsi traités en suspects ? La chose devient de moins en moins excusable dans ce cas. Exciter les habitants des campagnes à la haine des habitants des villes, ce n'est guère faire œuvre chrétienne ni patriotique, surtout un jour d'élection. Mais à quoi bon ces subterfuges, qui ne font qu'aggraver votre faute? Il y a longtemps que, dans le vocabulaire ecclésiastique, livitenn et franc-maçon sont devenus les synonymes commodes du nom de républicain. On a la clef de ce vocabulaire, à Argol comme partout.
2° Quoiqu'en dise M. le recteur, le correspondant du Finistère a assisté à son sermon de la grand'messe ; c'est pour cela qu'il a pu vous transmettre des renseignements directs et rigoureusement exacts. Quoiqu'en dise encore M. le recteur, dont la mémoire est singulièrement en défaut, ce n'est pas le 4 octobre, c'est le dimanche précédent, 27 septembre, qu'il a entretenu ses paroissiens de la lettre pastorale de l'évêque. Ceci me donne l'occasion d'ajouter qu'il les a exhortés à venir en grand nombre à confesse pendant la semaine électorale, en prenant soin de dire que c'était surtout aux hommes qu'il adressait cet avis. C'est bien facile à comprendre, n'est-il pas vrai ? Les femmes ne votent pas !

3° En ce qui concerne le sermon du dimanche qui a suivi l'élection, je suis étonné que M. le recteur cherche à s'en tirer par un alibi. Toute sa défense consiste à dire, en effet, qu'il est allé assister à la grand'messe à Saint-Nic, et qu'il n'y a pas prêché. Encore une habileté inutile ! Ce n'est pas à la grand'messe, c'est à la messe du matin, célébrée à Argol, qu'a été débitée la fameuse homélie: « Les mauvais chrétiens sont nombreux dans cette paroisse, etc.. » Le Finistère n'a jamais dit autre chose, Fi ! M. le recteur, il faut que votre cause soit bien mauvaise pour que vous soyez réduit à la défendre par de pareilles équivoques !
4° Le Finistère n'a en rien dénaturé le sens du sermon du 28 octobre, consacré à persuader aux habitants d'Argol qu'ils doivent obéir à leur recteur en toute circonstance. Les témoins ne manquaient pas là, Dieu merci !
Il y avait aussi un témoin, lors de la scène faite au presbytère, le 5 octobre, à un conseiller républicain. Embarrassé de s'expliquer là-dessus, M. le recteur déclare qu'il s'en abstient, par respect pour la famille de ce conseiller. S'il avait vraiment tant de respect pour elle, c'est ce jour-là qu'il aurait dû le montrer !
5° Comment M. le recteur peut-il chercher à révoquer en doute que le bedeau, lorsqu'il a fait sa quête de village en village, se soit autorisé de son nom pour distribuer des bulletins et donner des conseils électoraux? C'est un fait connu de tout le monde ; on assure même qu'avant de se mettre en route le bedeau avait été appelé au presbytère pour apprendre sa leçon politique et faire sa provision de bulletins.
Dernier détail : M. l'abbé Hily fait valoir, en s'en attribuant le mérite, le grand nombre de communions qui ont eu lieu à Argol cette année. Je me demande quel rapport cela peut bien avoir avec ses prédications électorales. S'il se contentait de faire avec succès son métier de prêtre, il sait bien qu'il ne trouverait personne, ni à Argol, ni à Quimper, pour le lui reprocher. Tant mieux, si les communions ont été nombreuses; mais qu'il prenne garde, en mêlant encore la religion aux querelles électorales, de lasser à la fin le zèle des fidèles et d'éloigner les gens des sacrements !
La fin de la lettre de M. le recteur est si étrange qu'elle mérite d'être reproduite textuellement. Après avoir parlé du nombre des communiants d'Argol, voici ce qu'il ne craint pas d'ajouter :
" Cependant, le recteur a le regret de dire que de ce nombre ne se trouvaient, ni les amis du Finistère, ni son correspondant. Ils préfèrent les mensonges aux sacrements".
Que dites-vous de ce ton ? Que dites-vous de ces procédés de discussion? Le correspondant du Finistère ne s'en plaint pas, pour son compte. Sans relever ce qu'il y a là de personnel pour lui, il se borne à faire remarquer que M. le recteur aurait pu montrer moins de hâte à le reconnaître, dans la crainte d'ajouter un jugement téméraire à la liste de ses péchés électoraux.
Quant aux autres « amis du Finistère », M. le recteur n'a-t-il donc pas songé qu'ils sont la majorité dans la commune d'Argol, comme ils l'ont bien fait voir lors de la dernière élection ? C'est donc au plus grand nombre de ses paroissiens qu'il adresse une injure gratuite en osant dire qu'ils préfèrent les mensonges aux sacrements.
Ces violences de langage, cette dénonciation et cette censure publique de ceux qui veulent garder leur indépendance vis-à-vis de lui, sont bien dans les habitudes de notre excellent pasteur. Mais quelle maladresse, dans une lettre écrite pour se défendre, de se montrer ainsi tel qu'il est !
Vos lecteurs peuvent juger maintenant de ce que doit être dans sa paroisse un homme qui ne sait pas même contenir son intempérance naturelle lorsqu'il écrit aux journaux. Pouvions-nous souhaiter meilleure démonstration à l'appui de nos griefs que celle qu'il s'est chargé de nous apporter lui-même ?
Agréez, etc...

 
M. Hily fera encore parler de lui à l'occasion de la préparation de la fête patronale de la commune d'Argol.
 
Argol    élection    religion    politique                   

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 
 
 

 

 

f.a.q. Éphéméride mode d'emploi

recherche
dans les articles


précisions mots-clés


précisions recherche

 

à suivre...

         • nouveaux articles

         • nouvelles personnes

         • nouveaux villages

         • nouveaux bateaux

         • nouveaux commentaires

contenu des articles

         • les bateaux   A-Z

         • les personnes   A-Z

         • les lieux   A-Z

         • les lieux, par village

articles par n°

 

 


AVANT NOUS
une sélection de 1181 articles
issus de la presse ancienne,
illustrées de publicités d'époque
Points de vente ICI

 
 
 

 

© notrepresquile.com 2014-2018

 

Mentions légales et Conditions Générales d'Utilisation      |     Qui fait ce site ?

 

Selon la loi Informatique et Libertés du 6/01/78 modifiée en 2004,
vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant, que vous pouvez exercer en nous écrivant.