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 n° 1674

Hommage à M.Cottet, pour son cadeau à la chapelle Rocamadour.

12/05/1911 

Chronique locale

Hommage de reconnaissance au grand peintre Charles Cottet

Camaret, 11 mai.
Une manifestation de la plus affectueuse et de la plus touchante simplicité vient de se produire à Camaret.
M. Charles Cottet ayant offert un tableau commémoratif aux Camarétois pour leur chapelle légendaire incendiée l'an passé, le comité de restauration voulut profiter du passage du maître renommé pour lui exprimer sa vive gratitude. Lundi dernier, le maire de Camaret, M. Toussaint Carrec, mareyeur, MM. Saint-Pol-Roux et le constructeur adjoint-maire, François Keraudren, présidents, assistés de MM. Amédée Martin, ancien maire, trésorier; Roland Dagorn, conseiller municipal; Hippolyte Salaün, entrepreneur; Eugène Le Hir, ancien constructeur; Callec, patron de pêche, etc., membres dudit comité, se rendirent, vers cinq heures de l'après-midi, sur la jetée du port, autrement dit le Sillon, où, comme l'on sait, s'élèvent Rocamadour, et la Tour Dorée.
Ils savaient devoir rencontrer M. Charles Cottet en promenade d'étude autour de ces édifices historiques.
Après les présentations et quelques paroles pleines de cordialité du très sympathique maire, de M. Keraudren et de M. Martin à l'adresse de l'illustre peintre de « Au pays de la Mer », du « Pardon de Sainte-Anne », et de tant d'autres chefs d'œuvres, le poête Saint-Pol-Roux prononce le discours suivant :

Cher maître,
Sur cet héroïque Sillon, où les ancêtres des Camarétois luttèrent pour la sauvegarde de la patrie, Sillon que jadis exalta le génie victorieux de Vauban et qu'enchante présentement le vôtre, si tendre et si noble, permettez-moi de vous offrir les hommages d'un pays dont plus d'un geste et plus d'une figure se perpétueront dans vos œuvres.
Moyennant celles-ci, Camaret se voit multiplié et comme prolongé hors de sa vie ordinaire à travers cette vie mystérieuse et durable que savent seuls réaliser des artistes tels que vous.
Si vous devez un peu à Camaret, matière première, assurément Camaret vous doit beaucoup pour la renommée que lui vaut une longue affection traduite par vos visites fraternelles.
Aujourd'hui, ce comité de restauration, que j'ai l'honneur de présider avec François Keraudren le constructeur, vient vous remercier de votre offrande à l'historique chapelle de Rocamadour, incendiée naguère, d'un tableau commémoratif — don précieux qui ajoutera au légendaire monument une valeur inestimable.
Vous pansez une blessure faite par la fatalité brutale à la personne de Camaret et, sur la cicatrice ainsi dissimulée, nos descendants admireront les joyaux que vous avez gracieusement extraits de votre palette a leur intention, comme pour bien leur montrer qu'un esprit d'élite peut, même en dehors de toute question confessionnelle, honorer dignement l'âme méditative et croyante d'un peuple.
Une si délicate pensée, cher maître, a touché les Dames de Camaret, et ses marins y sont d'autant plus sensibles qu'elle émane de l'illustre peintre de Au Pays de la Mer.

Ces héros de l'Océan et leurs familles vous avez fait davantage que les exprimer par de faciles individualités ; c'est leur âme collective que vous manifestez si hautement, et sur l'unique visage résumant en quelque sorte tant de visages, vous nous invitez à lire la destinée multiple d'un peuple laborieux et tragique. C'est pourquoi vous nous apparaissez en peintre d'une race, détenteur de cet art synthétique des grands Primitifs pour qui l'individualité, belle d'une ampleur d'agglomération, semblait encore se compléter par les gens, les atours, la flore et la faune du personnage central.
Chez vous, cher maître, le personnage central, c'est toujours l’Âme bretonne et d'elle, de par votre magie, tout rayonne, tout s'épanche en douleur humaine ou bien en joie divine dans une atmosphère précise, définitive, absolue.
De même qu'en ces beaux temps de Bretagne dénommés tour-du-soleil, la brise se lève à l'est pour se coucher à l'ouest, et revient progressivement sous les étoiles se fixer à l'est en vue de l'aube prochaine, de même en vos œuvres si pures l'inspiration jaillit d"un Orient pour aboutir à un Occident et promettre un nouveau départ de progrès, décrivant un arc-de-cercle au-dessus du centre où vous avez condensé l'unité toujours grave de votre création.
Aussi bien toutes vos œuvres palpitent-elles à l'exemple de la nature, œuvre mère.
En conséquence, le don d'un tel créateur ne peut être qu'un don rare et doit provoquer une entière reconnaissance.
Encore une fois, merci !
Déjà, l'un de vos chefs-d'œuvre figure au musée de Luxembourg, plus tard vous entrerez au Louvre, panthéon des maîtres incontestés, — mais je prévois que votre cœur se réjouira de figurer dans cette naïve chapelle de pêcheurs et que vous trouverez plus précieux sans doute de subsister dans la fidèle mémoire de ces vaillants Camarétois qui vous aiment autant que vous les chérissez, et qui se montreront fiers de s'instituer les gardiens d'une part saisissable de votre immoralité.
Vive Charles Cottet !


Le discours de M. Saint-Pol-Roux achevé, tous les assistants s'élancent, les mains tendues, vers M. Charles Cottet qui, visiblement ému par cette spontanée manifestation, remercie chacun avec ferveur,affirmant sa grande affection pour Camaret qu'il admire depuis longtemps de toute son âme, et pour ses chers habitants, qu'il considère comme de véritables amis.
On sait, en effet, que M. Charles Cottet est, avec Gustave Toudouze et le peintre Sauvaige, parmi les premiers artistes venus s'établir à Camaret voici vingt-cinq ans.
Rappelons que, pour la crise sardinière, il collabora, par une loterie de toiles et de dessins obtenus de tous ses camarades, à la magnifique représentation donnée par M. Antoine au bénéfice des pêcheurs de Camaret, représentation qui produisit une dizaine de mille francs.
Si les Camarétois connaissent le prix des œuvres de l'illustre peintre, ils se sont certainement aperçus déjà qu'ils reçoivent pour leur sanctuaire un cadeau de tout premier ordre.
Vive donc Charles Cottet !

Camaret    Paris    religion                       

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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