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 n° 1893

Naufrage d'un yacht et d'une épingle de cravate.

15/06/1906 

Chronique locale

TRAGIQUE PARTIE DE BATEAU
Naufrage du « Sainte-Anne » — Un noyé
Nous avons dit, dans notre dernier numéro, que le vice-amiral Péphau, préfet maritime, avait été avisé mercredi matin, à la première heure, qu'un côtre de plaisance, monté par cinq hommes, venait de se jeter à la côte sous la pointe des Pois.
Le chef guetteur, très sobre en détails, annonçait simplement, dans un premier télégramme, que trois hommes avaient pu gagner la terre à la nage et que les deux autres se cramponnaient à la tête du mât, qui seul émergeait de l'eau.
Le sémaphore des Pois attaquait à nouveau la préfecture maritime quelques instants après et l'informait qu'un des naufragés avait été recueilli par un bateau de pêche de Camaret et que le second avait dû périr.
La nouvelle, dont nous n'avons pu avoir confirmation dans la soirée, n'était malheureusement que trop vraie.
Le yacht en question, armé en plaisance, était la Sainte-Anne, de Brest, appartenant à M. Gabriel Coll., marchand de produits exotiques, habitant rue de la Mairie, 51.
Ce dernier, que nous avons interrogé hier, nous a fait l'émouvant récit qui suit :
Depuis longtemps j'avais, avec M. Auguste Etienne, restaurateur à Saint-Anne du Portzic, ancien armateur de mon côtre, formé le projet d'aller chasser les cormorans nichés sur les Tas de Pois.
Le temps nous paraissant propice, mon matelot, François Prigent, et moi partîmes du port de commerce mardi, à deux heures de l'après-midi, et fîmes route sur Sainte-Anne, où M. Etienne, qu'accompagnaient deux amis, un soldat d'infanterie coloniale et M. Colin, retraité, s'embarquèrent.
A 4 h. 30, nous hissions les voiles et mettions le cap sur les Tas de Pois. La mer était belle, et rien ne vint contrarier cette première partie de notre promenade en mer.
Contrairement à mon avis, qui était d'aller se mettre à l'abri dans une crique voisine de la pointe des Pois, on alla mouiller près des roches Daouët.
Les lignes furent bientôt jetées à l'eau et le poisson donna. Il forma d'ailleurs les éléments d'un excellent souper, après lequel nous nous couchâmes.
L'ami qui fit le premier quart prépara une palancre et la mouilla.
A l'aube, nous étions debout, nous apprêtant à nous mettre en chasse.
Colin commençait à godiller pour lever la palancre, quand j'aperçus une tête de roche. J'avais à peine eu le temps de la signaler au pilote que le bateau s'échoua, tandis que Colin répondait : « C'est une erreur, il y a du fond ici partout. »
Une énorme lame arriva aussitôt et embarqua dans le yacht, qui chavira sur le côté.
Mes camarades s'accrochèrent aux agrès, pendant que je sautai sur le plateau, constamment balayé par un violent ressac. Nous étions à plus de 250 mètres de terre.
Jugeant la situation désespérée, je me déshabillai complètement à la hâte, jetant à l'eau mon argent et mes vêtements.

Etienne et Prigent m'imitèrent, mais le malheureux Colin et le soldat d'infanterie coloniale, qui ne savaient pas nager, restèrent suspendus aux drisses du bateau, qui s'enfonçait de plus en plus.
Il n'y avait qu'un parti à prendre : gagner la terre et demander du secours au sémaphore voisin.
Mais comment y arriver ? Notre chien, qui s'était jeté à la nage, avait été repoussé trois fois sur les roches, et n'avait pu parvenir à gagner le rivage.
IL fallait, cependant, se décider. Je me laissais glisser et me mis à nager courageusement, suivi par Etienne et Prigent.
Quelques instants après, mais non sans mal, nous arrivions au bas d'une haute falaise inaccessible, peuplée de nids d'oiseaux de mer.
Nos pauvres compagnons, pendant ce temps, se cramponnaient toujours au mât, scrutant anxieusement l'horizon pour voir si une barque ne venait pas à leur secours.
Que faut-il faire, patron ? cria tout à coup le soldat d'infanterie coloniale, que la peur faisait trembler.
Ne bougez pas, lui répondit-on, nous allons chercher du secours.
Nul sentier ne donnait accès au sémaphore. La côte était abrupte, et il nous fallut gravir la falaise en nous accrochant aux pointes des rochers, dont les aspérités nous déchiraient les mains, les jambes et la poitrine.
Enfin, au bout d'une demi-heure, nous arrivions au sémaphore, où le gardien chef nous procura des vêtements et nous donna des soins.
Pendant ce temps, Colin, présumant trop de ses forces, avait aussi voulu se jeter à la nage. Mal lui en prit, car il avait à peine fait quelques brassées qu'il coula à pic sous les yeux du soldat, menacé par les lames qui lui passaient à chaque instant par dessus la tête.
Un bateau de pêche du Fret arriva heureusement à temps et recueillit le militaire au moment où son courage l'abandonnait.
A demi vêtus, nous gagnâmes à pied Camaret, où nous fûmes interrogés par le commissaire de l'inscription maritime.
Ah ! s'écrie M. Coll, en terminant son récit, je vous jure que je ne mettrai jamais plus les pieds sur un bateau. J'ai dit aux gars de Camaret de renflouer le mien, s'ils peuvent, et de le vendre. Je leur abandonne la moitié de sa valeur.
M. Coll acheta son yacht 600 francs, il y a un an environ. Il perd, en outre, une assez forte somme qu'il portait sur lui et une épingle de cravate d'une valeur de 25 francs.
La victime, ouvrier de l'arsenal en retraite, est veuf et père d'un enfant de 12 ans.
Il habitait rue Navarin, 21.
Plusieurs pêcheurs de Camaret ont tenté, aujourd'hui, le renflouement de la Sainte-Anne. Nous ne savons pas encore si leurs efforts ont été couronnés de succès.


Camaret    Brest    naufrage    péri en mer    chasse               

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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