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 n° 1925

Des milliers de personnes à Crozon : succès énorme de la fête !

21/05/1907 

Chronique brestoise

DEUXIEME JOURNEE
Succès inespéré.
— Félicitations aux organisateurs
La deuxième journée des fêtes de Crozon a obtenu, comme la journée précédente, un grand succès.
A la fin de la première journée, plus d'une centaine de voyageurs ont manqué, au Fret, le départ du dernier bateau assurant la correspondance avec Brest.
Ce fut le côté comique de la journée. Les voyageurs envahirent les hôtels, les restaurants, et les maisons particulières. Heureux furent ceux qui purent se reposer — nous ne disons pas dormir — sur un simple matelas, allongé sur le parquet.
La plupart des touristes, allongés sur des chaises, attendirent patiemment — oh ! combien — les premières lueurs du jour.
D'autres, ne pouvant trouver un abri au Fret retournèrent vers Crozon et Morgat dans l'espoir d'y trouver un refuge. Ils parcoururent, en pleine nuit, plus de cinq kilomètres, et plusieurs d'entre eux couchèrent à la belle étoile en attendant le départ du Fret du premier vapeur.
Malgré ce contre-temps, fâcheux il faut l'avouer, on ne se plaignit pas de trop. Hier, l'affluence fut encore énorme à Crozon et à Morgat.

La journée d'hier
Les vapeurs brestois, les canots automobiles et la Berceuse ont transporté hier matin, dès la première heure, de nombreux passagers et sociétés de gymnastique.
La journée d'hier fut plutôt une fête sportive. En effet, une partie de la matinée était réservée au concours de solis et le reste de la journée aux exercices de gymnastique.
Les sociétés de gymnastique, débarquant au Fret ont gagné Crozon à pied. Pour tromper la longueur du chemin, les gymnastes chantaient des marches entraînantes.
De chaque côté de la route poudreuse, les landes se succèdent indéfiniment, semées de blocs erratiques hérissées, farouches, séparées uniquement des tranchées buissonneuses qui les rendent quasi impénétrables.
Il n'y pousse guère, hélas ! que de la bruyère et de l'ajonc. Mais si ces vastes landes stériles sont peu faites pour réjouir le cœur d'un agriculteur, elles sont une fête et un charme pour les yeux des touristes.
En ce moment, toute cette lande est en fleurs. Sur le fond lie de vin et lilas de bruyères, les ajoncs détachent vigoureusement leurs épineuses ramures constellées de corolles d'or.
Cette végétation épanouie déborde jusque sur les chemins pierreux qui s'enfoncent dans la solitude et tapissent les profondes ornières.
Quand la brise s'élève — et c'était le cas, hier, une suave odeur s'en exhale, une odeur sauvage et pénétrante comme la physionomie de la campagne bretonne. Çà et là, des bouquets d'aubépines se détachent sur la verdure, et leur senteur se mêle à l'haleine très douce des ajoncs d'or et des bruyères vineuses.
En haut de la côte du Fret, on aperçoit distinctement le clocher de l'église de Crozon, puis plus loin, tout au bout de l'horizon, un menhir, découpant sur le ciel son aiguille de granit, indique le voisinage de la baie.
Ces pierres levées qui, sans doute, comme les obélisques égyptiens, étaient destinés à symboliser l'œuvre de la nature, s'érigent en vue de la mer.
Il n'y avait, hier, par un temps splendide, qu'une actualité : celle de courir les champs et les bois, d'aller cueillir les premières fleurs, les coucous, les violettes ; de boire du soleil, de la lumière et de l'air à pleins yeux et à pleins poumons.
Cette année, le printemps n'a point manqué son entrée en scène, et ce au profit des organisateurs de fêtes. Au moment précis fixé par le calendrier, il est apparu paré de ses grâces, de toute sa beauté, frais et rose, souriant, il semble qu'on entende maintenant les bourgeons s'ouvrir et les fleurs s'épanouir.
C'est dans ce paysage magnifique que les gymnastes et les touristes gagneront le bourg de Crozon qui, malgré l'heure matinale, était déjà très animé.
A l'entrée du bourg, deux piliers, cachés par la verdure, étaient reliés par une banderole en étamine rouge, sur laquelle se détachait, en lettres blanches, l'inscription suivante : « Soyez les bienvenus. »
Les commissaires des fêtes attendaient, à l'entrée du bourg, les sociétés concurrentes, qu'ils conduisirent dans la salle du patronage.
Les sociétés qui prirent part à ce concours étaient : l'Amicale athlétique brestoise, l'Armoricaine, de Brest ; la Brestoise, de Brest ; les Gas d'Arvor, de Landerneau ; les Gas de Morlaix, les Jeunes de Saint-Marc, et la Phalange du Kreisker, de Saint-Pol de Léon.
Tous les gymnastes faisant partie de ces sociétés causent fraternellement avec leurs collègues des sociétés musicales, qui ont passé la nuit sur le lieu du concours.

La fête de gymnastique
L'abbé Le Roy, l'âme de ces fêtes très intéressantes, se multiplie pour assurer la bonne marche du programme.
Il jette à un collaborateur un carnet de tickets, donne un ordre à un musicien, va chercher les diplômes et les médailles. En un mot, l'infatigable organisateur est partout où sa présence est nécessaire.
Le jury du concours de gymnastique est bientôt constitué. Il est composé de: MM. Guillou, professeur au lycée de Brest, président ; Millon, adjudant au 2e régiment d'infanterie coloniale, vice-président ; Jégu, de Goesbriant, sergent-major au 118e d'infanterie, en garnison à Crozon ; Muracciole ; Gaugan, de Landerneau ; Héliès et Clément, adjudants au 118e d'infanterie ; Laloup, sergent-major au 118e d'infanterie ; Coatantiec ; Bernard, sécrétaire de la Brestoise : membres.
Ces messieurs prennent, dans la cour de la salle d'harmonie, leur poste d'observation pour opérer le classement des sociétés concurrentes.
A dix heures, les gymnastes de Morlaix et de Saint-Pol de Léon arrivent sur les lieux du concours, musique en tête.
Avant la dislocation, la musique de Morlaix, composée principalement de fifres et de clairons, sonnent « Au drapeau ».
Les assistants se découvrent.
Toutes les sociétés ont concouru pour le travail aux agrès, puis diversement pour les autres exercices.
Un nombreux public a assisté au concours de gymnastique.
La préférence des assistants allait tout droit — ceci soit dit sans vouloir rabaisser en quoi que ce soit les autres sociétés — à l'Amicale athlétique brestoise, dont le président est M. Alexandre Thomas, un homme d'une force et d'une souplesse remarquables.


Les exercices exécutés à la barre fixe par les membres de cette société ont émerveillé les assistants, qui ont applaudi fréquemment les gymnastes.
Que dire aussi de la pyramide dressée en un clin d'œil.
Les maillots noirs avec bande rouge et bérets de même couleur ont remporté un triomphal succès.
On verra plus loin la décision du jury.
Une mention spéciale est due aussi à la Brestoise, conduite par M. Demillier, et à l'Armoricaine, professeur, M. Dupont, qui sait former d'excellents gymnastes.
Les autres sociétés ont aussi été très remarquées.
A midi, un banquet a réuni, dans la salle de l'Harmonie, les membres du jury du concours de gymnastique et les sociétaires des sociétés concurrentes.
Les convives, au nombre d'environ 300, ont donné libre cours à leur joie exubérante, et le menu a été très apprécié.
Le jury a travaillé, pour le classement, jusqu'à cinq heures du soir.
Voici les résultats :
[...]
Dans le courant de l'après-midi, les sociétés musicales et de gymnastique ont défilé, bannière et musique en tête, par les rues de la ville, et ont poussé une pointe jusqu'à Morgat, où leur arrivée a été acclamée par les touristes.

La distribution des prix
Les opérations du jury ne se sont terminées que vers cinq heures du soir.
Sitôt la liste établie, M. l'abbé Le Roy a sonné le rappel pour la distribution des prix, qui a eu lieu dans la salle de concert de l'Harmonie de Crozon.
Le tambour-major de cette société, le jeune Corentin Lastennec, prend place à l'estrade pour donner le signal de l'attaque à l'Harmonie.
Les sociétés de gymnastique prennent place dans la salle, magnifiquement décorée de guirlandes et de feuillages. Les habits multicolores des gymnastes et les bannières des sociétés complètent le décor ; c'est un coup d'œil splendide.
Tout à coup, la Marseillaise retentit. Le brouhaha cesse et le chant national est écouté debout et dans un religieux silence.
Quand la musique se tait, l'abbé Le Roy se découvre et dit :
« Ce chant patriotique fait vibrer le cœur des Français. J'ai vu les assistants se découvrir et des saluts se dessiner. C'est notre hymne national et nous devons le saluer. »
Cette allocution est accueillie par de frénétiques applaudissements.
L'organisateur de la fête appelle ensuite les lauréats et leur décerne les nombreux prix affectés à ce concours.
Chaque bénéficiaire choisit son lot et quitte l'estrade, salué par les acclamations de ses camarades.
M. Offret, premier prix des adultes, et le jeune Maguet, premier prix des pupilles, sont l'objet d'une chaude ovation.
Les sociétaires de l'Amicale, qui ont également remporté de nombreux prix, sont également très acclamés.
A 6 h. 30, la distribution des prix était terminée. Avant le départ des gymnasiarques, M. l'abbé Le Roy a tenu à remercier publiquement le jury du concours, dont la compétence a répondu au dévouement.
En terminant, il remercie les gymnasiarques et le public d'avoir répondu à son appel, assurant ainsi le succès du programme des fêtes.

Un banquet
A sept heures, un banquet a été servi dans la même salle, pour les sociétés de gymnastique.
A la table d'honneur on remarquait, outre les membres du jury : MM. l'abbé Le Roy ; Dupont, directeur de l'Armoricaine ; Demilier, trésorier de la Brestoise ; Le Gall, rédacteur à la Dépêche.
Par une attention délicate, M. l'abbé Le Roy a appelé à la table d'honneur, pour dîner, MM. Offret et Maguet, 1ers prix des adultes et des pupilles.
Le menu n'a pu être épuisé, faute de temps.
Le cortège fut organisé rapidement pour gagner le Fret. En tête marchait l'Harmonie de Crozon, qui, pendant le trajet, a joué plusieurs marches entraînantes.
Enchantés par leur succès et une bonne journée passée au grand air, les gymnasiarques chantaient gaiement.
Avant l'arrivée du cortège au Fret, les étoiles brillaient au firmament. Les costumes clairs des sportsmen se détachaient nettement et les lanternes vénitiennes étaient d'un gracieux effet.
Enfin, à 9 h. 30, le vapeur Travailleur, capitaine Kerjean, et le Plougastel appareillaient du Fret pour Brest ; ces deux bâtiments étaient bondés de passagers.
La brise s'était levée, et les embruns mouillaient les voyageurs.
Vers onze heures du soir, le Travailleur accostait au 1er bassin, et les passagers s'éparpillaient en ville.
Ces deux journées de fêtes furent très bonnes pour les sociétés brestoises, tant pour la musique que pour la gymnastique ; sociétés et sociétaires ont recueilli palmes et médailles, qui viendront augmenter celles déjà accrochées aux bannières.
Un homme qui doit être félicité sans réserve, c'est l'abbé Le Roy, qui a dépensé, pour l'organisation de ces fêtes, une énergie formidable, soutenue par le vif désir de réussir.
Ses efforts ont été fort heureusement couronnés de succès ; c'est une juste récompense dont il a le droit d'être fier.
Avant de terminer ce compte rendu, félicitons aussi les membres du comité d'administration : MM. le docteur R. Louboutin, conseiller général, maire de Crozon, président ; Balcon, adjoint au maire, conseiller d'arrondissement, et F. Moulin, adjoint au maire, vice-présidents ; Graveran et F. Moulin fils, secrétaires généraux ; A. Le Roux, entrepreneur, et J. Alesté, trésoriers généraux, et Y. Alesté, conseiller municipal, commissaire général.
Les commissaires mis à la disposition des sociétés doivent avoir aussi une part du succès.
Les commerçants de Crozon, du Fret et de Morgat sont heureux de ces fêtes ; les recettes ont été fabuleuses.
Plusieurs d'entre eux disaient même que dimanche il y avait trop de monde.
Dans la région, on en parlera longtemps de ces fêtes.
Louis LE GALL.


Une des sociétés de gymnastique présente au concours.
Crozon    Brest    tourisme    fête    sport    transport           

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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