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 n° 2000

Régates de Camaret : fêtes des voiles et des ailes.

05/08/1913 

Les régates de Camaret

Le soleil était déjà assez haut dans le ciel, quand une salve de quinze coups de canon vint éveiller les échos de cette baie ravissante, au fond de laquelle, capricieusement, s'étend Camaret.
Le Siroco, torpilleur d'escadre, pavoisé de flammes multicolores, venait de mouiller et lançait à pleine voix son salut. Cet hommage s'adressait plus particulièrement au canot de sauvetage Comte et comtesse du Dognon qui, du haut de la digue, avait glissé pour se porter à la rencontre du Siroco et amener à terre le commandant Perdriel — mais les Camarétois en prirent chacun pour leur grade.
Cette pétarade marquait, en effet, le début de la fête qui, toute la journée de dimanche et jusqu'à l'aurore du lendemain, devait entretenir l'allégresse générale.
En même temps que le Siroco, le vapeur brestois Crozon, ayant à bord la musique du 19e d'infanterie, stoppait en face de la digue. En un clin d'œil, une vingtaine d'embarcations, maniées par des godilleurs émérites, animent la baie de leur grouillement : le débarquement s'effectue avec célérité.
Sur la cale, le commandant Perdriel est accueilli par M. Saint-Pol-Roux, président du comité d'organisation, qui lui souhaite la bienvenue. Un jeune poète, M. Hippolyte Derrien, instituteur à Audierne, s'approche alors de l'équipage du canot de sauvetage et lit le poème que nous sommes heureux de reproduire ici

Aux sauveteurs bretons
Honneur aux braves qui, par les grands ouragans,
En écoutant ces mots : « Un navire en détresse »,
Quittent, sans hésiter, leur femme et leurs enfants,
Et, devant le péril, le cœur plein de noblesse,
Se dressent nerveux et vaillants.

A terre, quand parfois s'éteint notre courage,
Quand un agonisant dans son lit va mourir,
On appelle un docteur... Ainsi, sur le rivage
Avec nos matelots, c'est Dieu qu'on voit partir
Dans le bateau de sauvetage.

Là-bas, vers l'horizon, où les flots furibonds
Se cabrent en hurlant, ils partent tête haute,
Et leurs muscles d'acier tirant les avirons,
En de longs soubresauts ils désertent la côte
Où nul ne sait s'ils reviendront.

Espagnols, Allemands, Anglais ? —Ma foi, qu'importe !
Les cœurs ardents et fiers battent sous le ciré :
Des veuves, quelque part, vont pleurer sur leur porte !
— Unissons nos efforts pour la fraternité;
Faut pas que la mer les emporte !

Audiern', Douarnenez, Concarneau, Camaret :
C'est « chez nous » que grandit cette sublime race
Vivent ceux de Penmarc'h qu'en juillet on fêtait
Et les Camarétois qui, race emplie d'audace,
Périraient tous s'il le fallait.
Hippolyte DERRIEN

Mlle Divine Saint-Pol-Roux remet au patron Le Joly une superbe gerbe de fleurs.
Des applaudissements, puis on se découvre : les musiciens de M. Esvan exécutent la Marseillaise.
Enfin, le cortège se forme et, entraîné par la fanfare, gagne la ville.
La tour Vauban, la vieille chapelle de Rocamadour, arborent fièrement des banderolles aux couleurs vives.
Les pêcheurs ne se sont pas contentés de pavoiser leurs bateaux. Ils ont édifié, sur le quai Gustave Toudouze, quelques-uns de ces arcs de triomphe originaux, faits de barriques, de casiers, de ceintures de liège, de filets, etc., le tout entremêlé de rubans aux trois couleurs. L'ensemble est fort pittoresque.
La musique parcourt les diverses rues et s'arrête un instant devant la demeure du maire, M. Toussaint Le Garrec, et se disloque sur le quai.
Pendant ce temps d'autres vapeurs chargés de passagers, étaient arrivés au port. Toutes les tables des restaurants sont accaparées ; toutes les chambres des hôtels sont retenues. Le comité ne pouvait souhaiter affluence plus grande.

A 1 h. 30, le canot du Siroco annonce le début des régates. La foule a envahi la jetée et ses abords; sur la grève, les musiciens du 19e ont formé le cercle et soufflent stoïquement dans leurs cuivres, sous un soleil implacable.
Sur la mer chatoyante, les grandes voiles brunes s'inclinent avec grâce. Les initiés s'arment de jumelles et s'amusent au petit jeu des pronostics ; les profanes apprécient l'élégance des virages.
Les détonations succèdent aux détonations, les séries aux séries : le programme se déroule dans un ordre parfait.

L'AVIATEUR DRAMATIQUE
Pendant que les amateurs de yachting suivaient, de la jetée, les péripéties des diverses courses, une foule nombreuse dirigeait ses pas vers le sommet de la colline dominant Camaret. Là un terrain relativement plat avait été aménagé en aérodrome. Un biplan du type militaire, le moteur voilé d'une bâche, attendait le bon plaisir de son pilote, M. Poirée.
Ce dernier exécuta trois vols, entre quatre heures et 6 h. 30 du soir. M. Poirée avait contre lui une brise forte et irrégulière, génératrice de remous insidieux, et la conformation du terrain, dont la partie plane était plutôt exiguë M. Poirée triompha de tous ces obstacles avec une aisance qui lui valut des applaudissements et des félicitations mérités. Il décolla une première fois, pour un vol d'essai de quelques minutes. Violemment secoué au départ, par le roulis, l'appareil gagne en stabilité à mesure qu'il prend de la hauteur, mais est drossé dans la direction de l'Océan par un fort courant.
L'atterrissage se fait sans encombre.
Quelques minutes plus tard, le pilote se met en devoir de mériter le surnom d' aviateur dramatique, à lui promis par M. Saint-Pol-Roux, si après avoir survolé le castel de Sarah-Bernhardt, il portait le bonjour de la grande tragédienne au directeur de l'Odéon, M. Antoine, actuellement dans sa propriété de Camaret.
Poirée prend son vol et transmet le bonjour convenu, sous les espèces d'une gerbe de fleurs abandonnée à son sort à 300 mètres d'altitude. Enfin, vers six heures, Poirée entreprenait la randonnée de la Victoire, survolant les monuments historiques, la baie de Camaret et le goulet.
Au retour de ce vol, il jeta sur la ville un bouquet qui, par un heureux hasard, tomba précisément aux pieds du représentant de la cité, M. Toussaint Le Garrec, qui sortait de la mairie à point nommé pour recevoir l'hommage de l'aviateur.
Ce dernier, chaudement félicité à sa descente de coucou, reçut peu après un mot de M. Antoine, où le directeur de l'Odéon se disait à la fois émerveillé et vivement touché.
A 7 h. 30, un banquet de cent couverts réunissait à la salle de Venise les invités de la Société des régates. La chère fut excellente et, selon l'expression consacrée, « la plus franche cordialité ne cessa de régner ».
Au dessert, M. Saint-Pol-Roux nous offrit une de ces improvisations lyriques qui jaillissent de son cœur de poête comme l'eau vive de sa source. Le sous-lieutenant de zouaves Thébault, récemment arrivé du Maroc, répondit et fit de la bonté proverbiale de M. Saint-Pol-Roux un éloge si mérité,que l'assistance éclata en applaudissements.
Un bal, d'où les gens moroses avaient été soigneusement exclus, termina joyeusement la journée.
Remarqué à Camaret, en ce jour de fête : Mme et Mlle Saint-Pol-Roux; MM. Charles Cottet, Bougeard artistes peintres; le dessinateur Jauneau ; le docteur Quéré ; Regnoni, commissaire de la marine; le commissaire et Mme Cagin ; le docteur Houdart ; le docteur Auffret ; Colombel, avocat à la cour d'appel de Paris ; Mlle Lisette Duédal ; M. Gaston Bizien ; Mlles Germaine et Charlotte Aimée ; MM. Jean et Hervé Perdriel ; Alesté, adjoint au maire de Crozon, et madame ; le docteur et Mme Humbert ; le sous-lieutenant et Mme Thébault ; M. Margot, administrateur de l'inscription maritime, etc. etc.

L'AVIATEUR POIRÉE A MORGAT
L'aviateur Poirée a exécuté, hier, sur Camaret, une seconde série de vols magnifiques, emmenant à tour de rôle : Mlles Divine Saint-Pol-Roux, Lisette Duédal et Mme Chapron.
Poirée compte atterrir sur la plage de Morgat ce matin, à onze heures. Il est fort probable qu'il ne tardera pas à rendre visite aux Brestois.


Camaret    régate    fête    Paris    tourisme               

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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