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 n° 2464

Inauguration du monument aux morts de Camaret.

01/11/1920 

UNE CÉRÉMONIE PATRIOTIQUE À CAMARET

Inauguration du monuments aux morts pour la patrie
Sous le vent, dans la pluie, Camaret célébrait, hier, une pieuse cérémonie en l'honneur de ses fils morts pour le pays. De toute la contrée, une foule nombreuse était accourue pour prendre part à cette touchante manifestation qui se traduisait par l'érection d'un monument destiné à perpétuer le souvenir des cent huit héroïques soldats et marins de la commune ayant fait à la Patrie le sacrifice de leur vie.
Dans la matinée, une messe était chantée dans l'église, trop petite pour contenir les autorités ainsi que les fidèles. Devant le chœur, tendu de noir et lamé d'argent, un catafalque drapé des couleurs françaises avait été dressé. Toute la nef était garnie de drapeaux alliés. L'office se déroula dans un recueillement profondément émouvant.
La partie principale de la cérémonie avait été fixée à l'après-midi. Vers deux heures, un cortège se formait à la mairie pour gagner l'église, où allaient avoir lieu les vêpres. Venaient en tête aux côtés du maire, M. Le Douguet et de ses adjoints, MM. Poupet et Mignion, le sénateur Le Hars, le vice-amiral Guépratte, député du Finistère; Daniel, président de la section cantonale des Pupilles de la nation; le poète Saint-Pol-Roux; Cariou, conseiller général de Crozon; les membres de la municipalité, etc. M. Rousseau, président de l'U. N. C. de Crozon, s'était fait excuser.
La musique des équipages de la flotte, tout entière, devait prêter son concours, mais seuls une dizaine de musiciens, venus le matin de Brest par le Fret avec bon nombre de nos concitoyens, la représentait. La préfecture maritime avait, en effet, vers la fin de la matinée, adressé un télégramme au maire pour lui faire savoir que l'état de la mer ne permettait pas le transport du gros des musiciens.
M le curé Bossennec, lui-même, officiait. Après les prières et les cantiques d'usage, suivi de toute l'assistance, il vint bénir la haute plaque de marbre blanc tout récemment scellée dans le mur même du pieux édifice et portant, en lettres d'or, les noms des disparus pour la cause sacrée.
Puis, musique en tête, ce fut l'ascension vers le cimetière. En un long ruban compact, une foule énorme suivait les organisateurs. Tout Camaret était là car, par un sentiment admirable d'unanimité, les commerçants avaient décidé de clore leurs magasins durant cette cérémonie.
C'est dans le cimetière, en effet, qu'on avait décidé d'ériger le monument et, face à la mer, dominant la cité, une stèle de granit surmontée d'une croix, barrée d'une palme, s'y élève aujourd'hui. A la base ont été gravés les cent huit noms des enfants de Camaret morts pour la Patrie. Au sommet, deux mots : Souvenir, espérance.
Sous la pluie, la foule fait cercle autour du monument, cependant qu'entre des guirlandes de houx les drapeaux claquent au vent. Un cantique unit soudainement les voix des assistants et s'élève lentement vers la grisaille des cieux. Puis, les notes cuivrées du Salut au drapeau retentissent.
A présent, M. le curé prend la parole et s'exprime avec une réelle éloquence. « Les morts que nous pleurons, dit-il, ne sont pas ici : nous ne les avons pas vus mourir et nous n'étions pas là pour consoler leur agonie. Un jour, la lettre du front n'arriva plus. Après quelques semaines, longues comme des siècles, un papier officiel disait la terrible nouvelle. Ils sont ainsi tombés de la mer du Nord aux Vosges, à Salonique, aux Dardanelles, comme pourrait en témoigner l'illustre amiral qui a bien voulu être des nôtres en cette journée et dont le courage est égalé par la sympathie dont tous l'entourent. »
M. le curé remercie aussi M. le sénateur Le Hars, qui a également tenu à venir saluer ceux qui sont tombés pour la Patrie.
« Où les a-t-on mis ? On ne le sait pas. Seulement ceux morts dans les hôpitaux ont été placés au coin d'un bois, au milieu d'un champ, dans un cimetière, réunis en frères d'armes sous un tertre surmonté d'une simple croix. Quelques fleurs y ont été déposées par une fille de France, sœur ou mère de soldat, avec une prière.
« Tous, prêtres et laïques, partis des horizons les plus divers de la politique, se sont rencontrés pour le même idéal et sont morts pour que la France revive.



« Que faire pour eux ? Leur attribuer la croix de guerre, des citations posthumes, leur élever des monuments commémoratifs ? Cela est bien, mais ce geste trop court ne suffit pas, et voilà pourquoi nous sommes tous assemblés aujourd'hui dans un même sentiment. Leur souvenir sera là où ils auraient reposé s'ils étaient morts en famille au milieu des leurs, et c'est ici que nous viendrons tous le commémorer, car notre foi nous dicte l'espérance. »
M. Le Douguet, maire, dit ensuite combien dans notre Bretagne est grand le culte des morts, puis rappelle comment, sur l'initiative de la municipalité, une souscription publique fut ouverte pour l'édification du mausolée qu'on inaugure.
« Combien d'autres chers morts gisent lamentablement sans une pierre, sans un sillon, au hasard des tranchées, tandis que d'autres sont allés dormir leur dernier sommeil au fond des flots ! La vague leur chantera toujours nos éternels regrets. D'autres encore sont morts sur les grabats des geôles allemandes. A tous nous apportons l'hommage de notre reconnaissance.»

M. le sénateur Le Hars remercie la municipalité, qui a bien voulu s'associer à cette belle manifestation. Il s'incline bien bas devant les braves tombés à l'ennemi, si loin de ceux qui leur étaient chers. La mort implacable les a frappés sans qu'ils aient pu goûter la douceur de la victoire. Tous seront toujours présents à notre mémoire. Dans notre chère Bretagne, leur nom, leur histoire, continueront à briller dans nos cœurs du plus vif éclat. Lorsque les cloches sonneront encore, vous viendrez recueillir ici en songeant à ceux qui ont sauvé la patrie, qui ont versé leur sang pour l'honneur, la gloire et le salut de la France.
[...]
En même temps que nos hommages vont aux morts, notre sympathie et notre pitié restent acquises aux êtres chers qu'ils ont laissés aux veuves, aux orphelins.
Les orphelins particulièrement doivent être les premiers dans notre sollicitude et notre tendresse. À leur égard, la dette du pays est sacrée. Celui qui devait être leur guide et leur soutien s'est sacrifié pour la France, la France ne les abandonne pas. Elle se penche pleine de sollicitude affectueuse sur ces malheureux enfants, et elle leur dit: « Vous êtes les fils des héros qui sont morts pour ma cause; je vous apporte mon appui moral et matériel; je vous confère le titre de Pupille de la nation, un titre de gloire qui vous désignera au respect et à la bienveillance de tous ceux que vous trouverez sur votre chemin. »
Avec la loi sur les Pupilles de la nation, les orphelins, riches et pauvres, retrouvent donc la plus secourable, la plus puissante des familles : la France.
La loi laisse l'enfant à la mère, mais elle lui dit :
« Vous donnerez à ce fils de héros une éducation digne de lui. Vous l'élèverez à la ressemblance du père; vous lui transmettrez ses idées préférées, ses inspirations; vous lui infuserez son héroïsme et sa foi patriotique; vous lui apprendrez à aimer la France comme son père l'a aimée; vous ferez que le fils soit l'image fidèlement revivante du père. »
Ainsi, les pères revivant dans les fils, les générations qui s'élèvent auront toujours sous leurs regards reconnaissants, et les noms et les traits fidèles des héros que votre monument glorifie.
Honneur aux enfants de Camaret morts pour la Patrie.
M. Caradec, au nom du Comité du drapeau, vient également apporter son salut aux enfants de Camaret morts pour la France. C'est à leur sacrifice qu'on doit d'être resté le plus grand, le plus miraculeux des peuples.
Enfin, le maître Saint-Pol-Roux dit avec émotion deux des strophes immortelles de Charles Péguy, tué à la bataille de la Marne : Heureux ceux qui sont morts.
M. le curé clôt la cérémonie par le De profundis, récité avec lui par toute l'assistance ; et, en cortège encore, la foule regagne la ville, précédée par les musiciens de la flotte.

Camaret    guerre    religion                       

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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