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 n° 2486

Inauguration du monument aux morts de Telgruc.

21/09/1920 

La région bretonne

TELGRUC
Le lundi 13 septembre, la commune de Telgruc inaugurait le monument élevé à ses fils morts pour la patrie.
Dès les premières heures de la matinée, le petit bourg présentait l'animation des grands jours ; les maisons étaient pavoisées, les campagnards en habits de dimanche affluaient des quatre coins de la commune.
Les autorités, le conseil municipal, les anciens combattants, le comité des fêtes sont groupés devant la mairie, recevant les groupements et les invités des communes voisines. On apprend que le maire, le sympathique M. Boussard, surmené par des préparatifs de la veille, est souffrant, et cette nouvelle jette un nuage de tristesse sur ce début de fête. On se renseigne : il ne s'agit heureusement que d'une indisposition passagère. Et, d'ailleurs, toutes les dispositions sont prises et grâce à la bonne entente du conseil municipal et du comité d'organisation, la fête se déroulera dans un ordre parfait.
A 10 heures, à l'église paroissiale, un service solennel, suivi d'une messe de requiem est chanté par le recteur, M. l'abbé Bourhis. Autour du catafalque, orné de drapeaux, sont groupées les familles des disparus ; les mères et les veuves ont rabattu les capes noires de leurs mantelets en signe de deuil. La nef est trop petite pour contenir la foule des assistants.
La cérémonie de l'église est terminée ; le cortège se rend en procession, croix en tête, au cimetière communal où est érigé le monument aux morts.
Ce monument consiste en une stèle reposant sur un soubassement et deux marches. le tout en beau granit de Kersanton. La pyramide aux lignes sévères, comme ornement, présente seulement une ligne de palmettes à la naissance de la stèle, et comme attributs, sur la face principale, une palme, un casque de poilu, une croix de guerre en relief. Sur la face principale, le monument porte comme inscription : 1914-1918 Aux enfants de Telgruc morts pour la Patrie ! Sur les autres faces sont inscrits les noms des 93 morts de la commune, groupés par villages et par famille. La croix symbolique couronne l'ensemble.
La foule se range autour du monument, examine les lignes à loisir, cependant que le clergé récite les prières liturgiques.
En l'absence de M. le maire, le premier adjoint, M. Le Boussard, donne lecture du discours qu'il devait prononoer. M. le maire remercie ses concitoyens de l'empressement avec lequel ils ont contribué par leurs souscriptions à l'érection du monument. Il dit les pertes douloureuses faites par la commune et assure les veuves et les orphelins de trouver dans l'affection et dans la sollicitude de la grande famille qui forme la commune de Telgruc une consolation à leurs peines trop lourdes. « Vous qui souffrez, relevez vos fronts, dit-il ; soyez fiers de ceux que vous pleurez, car leur vie et leur mort seront toujours un exemple, un encouragement et un réconfort. De tels morts restent toujours vivants dans nos cœurs. » Il termine par cet adieu suprême à ses compatriotes : « Dormez en paix, chers soldats et marins de Telgruc qui avez tout sacrifié pour notre salut. Votre souvenir restera gravé dans nos cœurs et dans les âmes de nos enfants. Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! »
Le discours de M. le maire a été écouté religieusement par l'assistance recueillie ; puis, M. Jan, ancien maire de Telgruc, vient dire l'affectueux souvenir qu'il a conservé de ses anciens compatriotes.
Il a pris une grande part aux pertes douloureuses des familles durant la Grande Guerre. Ayant été lui-même doublement frappé dans es plus chères affections, il sent tout le poids de ces pertes.
[...]
M. Daniel, président de la section cantonale des Pupilles de la nation, prend ensuite la parole. Il communie avec la douleur des pères et des mères qui n'ont plus de fils, des femmes qui n'ont plus d'époux et des petits enfants plus de papas à embrasser. Il dit aux veuves, dont la vie est brisée, le poids et l'importance de la tâche qui leur incombe désormais ; il les assure de la sollicitude du pays qui n'abandonne pas les enfants de ceux qui se sont sacrifiés pour lui. Il leur est conféré le titre de Pupille de la nation, un titre qui les désigne au respect de tous. M. Daniel engage les mères à élever leurs fils à la ressemblance des pères, à leur apprendre à aimer la France comme ceux-ci l'ont aimée.


Il termine par ces mots en langue bretonne : Enor ha trugarez da vugale Terug maro evit ar Vro ! Bennos war ho hano ! (Aux enfants de Telgruc morts pour la Patrie, honneur et reconnaissance ! Bénis soient leurs noms !)
M. A. Bott lit ensuite une poésie qu'il a dédiée aux enfants de Telgruc, et dont nous détachons les vers suivants :
Aimez-vous, chers petits enfants de la campagne,
La France voit en vous son espoir, sa grandeur.
Salut à la jeunesse et gloire à la Bretagne,
Dont la devise unit la Patrie et l'honneur,
Si les papas sont morts, ils sont morts en héros,
Faisant tout leur devoir jusqu'au champ du repos.

Cette pièce complète l'émotion de l'assistance, qui défile devant le monument, visiblement impressionnée.
Le comité des fêtes de Telgruc avait organisé un banquet fraternel. La salle de Mme Moreau était magnifiquement décorée de draperies blanches, de verdure, de fleurs et de drapeaux. A la table d'honneur, que présidait M. l'adjoint Boussard, remplaçant le maire souffrant, se sont placés : MM. Goalès, conseiller d'arrondissement; Rousseau, président de la section crozonaise de l'U. N. C.; Daniel, président de la section cantonale des Pupilles de la nation ; Bideau, maire de Saint-Nic; Jan, ancien maire; Donard, directeur de l'école de Crozon; Alix et Gourmelon, conseillers municipaux.
Les convives, au nombre de 162, font honneur à l'excellent menu de Mme Moreau : tomates en salade, homard sauce mayonnaise, bœuf au jus, poulets rôtis, salade, desserts, raisins, vins, café, cognac. Vers la fin du déjeuner, M. Daniel interrompt un moment les joyeux propos pour recommander à la sollicitude des anciens combattants les orphelins de la guerre de la commune. Si l'office des Pupilles de la Nation vient en aide à ces enfants, les sociétés locales ont aussi le devoir de s'intéresser à eux. Lorsque des fêtes seront organisées dans la commune, la place des Pupilles sera au premier rang; ils ont droit, aussi, ces infortunés, à leur part de joie, de santé et de bonheur. Le comité décide sur le champ qu'une quête sera faite dans la salle à leur profit; deux pupilles passent dans les tables et recueillent la somme de 125 fr. 80 centimes, laquelle est remise entre les mains du secrétaire du comité local.
[...]
Les discours ont pris fin. La parole est aux chanteurs et monologuistes, et ils sont fort nombreux dans la salle. Mentionnons : Yves Capitaine et Joseph Kermorgant, deux chanteurs bretons; le second nous a fait un récit pittoresque de ses quatre années de guerre et de ses mois de captivité. Jean Thomas, dans un véritable tour de force, fait alterner des vers bretons avec des vers français. Louis Le Théo met beaucoup d'expression dans ses récits patriotiques. M. Antoine Bott a dit avec beaucoup d'émotion un récit de guerre qui a été fort goûté. Nous regrettons de ne pouvoir citer les noms de plusieurs autres chanteurs de talent qui se sont fait encore entendre avec un grand succès.
L'heure s'avance et pour clôturer la fête toute la salle, debout, chante la « Marseillaise ». Il nous reste à remercier chaleureusement la population de Telgruc, la municipalité et le comité des fêtes, dont l'accueil à leurs hôtes fut si plein de cordialité. Le plein succès de cette belle fête du souvenir est dû à l'initiative du comité des fêtes et à son sympathique président, M. Joseph Labasque, auquel nous adressons toutes nos félicitations.
Les courses, jeux, danses publiques ont égayé la foule.
Voici les noms des lauréats :
Tir : Labasque fils, Jean Thomas, Jean-Pierre Torillec.
Bicyclettes (communale.) ; Louis Kampi, Jacques Riou.
Bicyclettes (régionale) : Vely-Vely, Garrec.
Courses à pied. — Hommes : Eugène Sévellec, Germain Gars. — Femmes : Marie Alix, Goalès-Goalès. — Enfants : Jolais, Lézenven, Guédon.
Course en sacs : Riou. G. Gars, Alfred Mahéo.
Course aux œufs : Pierre Thomas, Marcellin Conan, Charles-Romains Lézenven, Gars et Thomas.

Telgruc    guerre    fête    religion    brezhoneg               

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
Commentaires
L'adjoint au maire Mr Le Boussard Pierre était mon arrière grand-père, frère de Magloire le Boussard (n°2323 In memoriam) et le frère de Célestine Le Boussard (n°2037)
Chantal Jolec
 
 

 

 

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