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 n° 2656

Découverte de la presqu'île de Crozon.

13/06/1923 

La Semaine Touristique du Finistère

Sixième journée. - La rade, Camaret, Morgat, Menez-Hom, Douarnenez, Audierne
Après les bois, l'Océan et la montagne


Morgat, 12 juin.
Le plaisir est vif sur la passerelle et sur le pont du Plougastel dont le grand pavois multicolore claque dans la brise matinale. C'est qu'aussi la différence est complète entre l'embarquement de dimanche dernier sous l'épais crachin et celui d'aujourd'hui par un ciel admirablement bleu et un soleil resplendissant.
Le sifflet du vapeur ébranle l'air calme de ses coups stridents, l'hélice bat, le navire quitte le quai, sur l'éperon le cinéma tourne, c'est l'adieu des membres de la Semaine touristique au port de Brest.
On ne le quitte pas immédiatement cependant puisqu'on s'engage dans la rade-abri pour longer le vaste terre-plein de Lanninon. Tous prennent le plus vif intérêt à cette partie de la traversée, puisqu'elle leur permet de voir l'entrée de l'arsenal, les formes de radoub, l'école navale, la station de sous-marins, le centre d'aviation maritime, puis les découpures de la côte jusqu'au phare du Portzic.
Dans le goulet, on vire de bord pour passer devant la pointe des Espagnols. La baie de Roscanvel et ses deux îles, paysage charmant encadré de verdure, est vivement goûté.
Le navire, après cette splendide traversée sur des flots magnifiquement bleus qui a permis aux touristes d'apprécier comme il convient notre rade, ralentit sa course. Lentement, il vient aborder à la cale de Beg ar Greun, où MM. Cariou, conseiller général ; Poupa, maire de Camaret; Mignon, adjoint, et les conseillers municipaux ; A. Bott et docteur Firmin, du Syndicat d'initiative de Morgat; Rousseau, délégué du T. G. P., leur souhaitent la bienvenue.
Les cars de la presqu'île ont été fleuris. On y prend place pour gagner la crête d'où l'on domine la rade. Et à partir de ce moment, les panoramas se succèdent, grandioses et divers, tous si beaux qu'on n'ose les comparer.
Sur un pont-levis on franchit les fossés des fortifications que Vauban avait fait construire en ce lieu. Après la vieille porte, voici que se découvre brusquement la baie de Camaret.
Au passage, l'on désigne la Mort anglaise, plage où échoua, le 18 juin 1694, un débarquement tenté par une flotte anglo-hollandaise, et que Gustave Toudouze illustra par ses romans.
Camaret a pavoisé. La foule massée sur le quai se montre enthousiaste, applaudit et acclame. De jeunes Camarétoises offrent de magnifiques gerbes qui sont reçues avec joie.
M. Poupa, maire, ne veut pas retarder la marche de la caravane, mais au nom de la ville il tient à souhaiter à tous la bienvenue. Il espère que la visite sera fructueuse pour la Bretagne. Très heureux de voir à côté des journalistes français, des représentants de la presse étrangère et amie, il aime à croire que tous voudront bien faire, connaître les beautés de la Bretagne aux quatre coins du monde.
On applaudit encore, tandis qu'on gravit la côte qui mène au camp de Lagatjar. Au sommet, les tours du castel du poète Saint-Pol-Roux attirent, l'attention, de même que la maison d'Antoine.
Près du village de Kerbonn, les enfants des écoles, assemblés sur la lande, émettent des vivats chaleureux.
On roule maintenant au sommet de rocs déchiquetés, surplombant à pic une mer d'émeraude. Ici, dans cette anse, en ce lieu dénudé, s'opéraient les embarquements et débarquements d'émigrés durant la révolution.
Au sémaphore de Pen-Hir, dressé sur des rocs abrupts à 67 mètres, au-dessus des flots, on fait halte. Quel panorama ! Lorsque le regard, attiré vers le gouffre, comme pris de vertige, a chaviré vers le flot, s'est accroché aux rocs qui constituent les Tas de Pois et s'est enfin dressé vers les horizons, il se heurte à toutes choses inoubliables qui jalonnent l'extrême pointe finistérienne : Beniguet et sa plage resplendissante; Molène, Ouessant, le chenal du Four, la pointe Saint-Mathieu; l'anse de Bertheaume, le Trez-Hir, le phare du Minou, le phare d'Ar-Men, la chaussée de Sein, l'Iroise, le phare des Pierres-Noires, le massif rouge de Beg Menez Coz, la plage de Lamsoz, la pointe de La Tavelle, l'anse et le château de Dinant, le cap de la Chèvre.
Tout près du sémaphore, en bordure d'une crique fantastiquement déchiquetée, se distingue l'ouverture d'une cheminée appelée souffleur, où le vent s'engouffrant hurle les jours de tempête; puis la salle verte, dont les murailles tiennent du cauchemar.
Enfin, c'est la plage du Toulinguet, avec ses célèbres grottes et ses récifs.
Au milieu de toutes ces magnificences, devant la belle plage de sable fin de Veryac'h, se dresse le grand hôtel de la Pointe des Pois, dont la cloche tinte, dont le drapeau glisse au long de la hampe pour saluer les touristes que M. Caradec a conviés.

Il a eu l'heureuse idée, en effet, d'inaugurer la station touristique qu'il a créée, à l'occasion de la Semaine. Une création semblable dénote une hardiesse qu'on n'a malheureusement pas coutume de rencontrer souvent, car notre pays tout entier y trouverait profit. Mais aussi, tous les sacrifices étant consentis, peut-on admettre que le centre de semblables merveilles n'ait pas l'attirance suffisante pour déterminer le succès ? Aucun des visiteurs ne songe à l'admettre un seul instant.
Dans la vaste salle à manger qui domine l'océan, M. Caradec, remercie les organisateurs de la Semaine, ainsi que les journalistes. Amoureux de cette pointe de Pen-Hir et des plages qui l'avoisinent, il a voulu créer cette station pour faire partager à tous son enthousiasme; à présent, il s'apprête à en céder l'exploitation à d'autres.
A son tour, M. le docteur Caradec qui, si poétiquement a chanté notre pays, prend la parole pour remercier M. Léonard, président, ainsi que ses collaborateurs, de l'effort considérable qu'ils ont bien voulu accomplir et des résultats tangibles qu'ils ont déjà acquis.
Le maître Saint-Pol-Roux ne veut dire que deux mots pour traduire son sentiment : « En qualité de vieux poète du pays, permettez-moi de baptiser cet hôtel si splendidement perché du nom du Suroît et du Nordest, du Sudest et du Noroît. »
On applaudit, on salue et l'on repart vers les nouvelles acclamations, qui retentissent tout au long de la traversée de Camaret.
Le son des cloches parvient encore aux touristes, alors qu'ils ont de nouveau gravi la côte. Des enfants, groupés par leurs maîtres, applaudissent, et l'on descend vers la plage de Kerloc'h. Une autre plage, celle de Dinant, attire également l'attention. Et l'on roule sur des sommets, dans des vallons, tantôt revêtus d'une végétation luxuriante, tantôt complètement dénudés.
Dans les sapins du fort de Crozon, les élèves d'une école saluent de leurs vivats les membres de la caravane.
Crozon ! Un embranchement vers Morgat, un dôme de verdure, de fleurs et de drapeaux, trois mots sur une toile : « Soyez les bienvenus ! » et l'on suit la pente d'une vallée, où la flore est d'une incomparable richesse.
Morgat ! La plage que l'on côtoie, le port que l'on contourne, des villas fleuries qu'on longe, une magnifique allée de palmiers que l'on suit, des acclamations parties des terrasses des hôtels Téréné, Hervé, Sainte-Marine, et l'on revient vers l'hôtel de la Mer.
Sur les marches du perron, M. Cariou, maire de Crozon, adresse aux arrivants le discours suivant :
[...]

Des jeunes filles et des fillettes vêtues des costumes de toute la contrée interprètent en chœur et de façon parfaite Les deux Bretagnes, magnifique poésie de Sigismond que Thielmans agrémenta d'airs gallois et bretons.
Puis, aux applaudissements de tous, une gerbe est remise à M. Ropers, l'aimable doyen de la Semaine.
Après une visite de la plage, dont il n'est plus besoin de faire l'éloge, un excellent déjeuner est servi sur la terrasse de l'hôtel de la Mer.
« Pas de discours mais, comme en une réunion familiale, des chants. Tour à tour, MM. Gourvil, dans Mathurin l'Aveugle; Bott, dans Les filles de Ploujean; H. Février, dans une vieille chanson bretonne, se font applaudir.
Le poète Saint-Pol-Roux dit avec art l'un de ses magnifiques poèmes : l'Hymne à la Bretagne, qui provoque enthousiasme.
Au retour, vers Crozon, que l'on traversa complètement cette fois, les acclamations sont des plus chaleureuses. Sur la crête de Tal-ar-Groas, on se retrouve en présence d'un panorama des plus grandioses. En avant, se profile la ligne des Montagnes Noires, en arrière resplendit sous le soleil la baie de Douarnenez. Des routes toutes droites se prolongent au loin entre des alignements de pins, dont la teinte sombre s'harmonise avec celle des landes et des herbages brunis par le vent et par le soleil.
On se trouve à présent devant le Menez-Hom dont les sommets barrent complètement l'horizon. Tandis qu'on le contourne, la baie apparaît dans toute son étendue, parsemée de barques aux toiles brunies.
Ici, le cap de la Chèvre ; là, la pointe du Raz. On suit incontestablement depuis longtemps déjà une route touristique de premier ordre.
[...]

Camaret    Crozon    Morgat    Roscanvel    tourisme               

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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