Notre presqu'île .com

archives, histoires, images

de la presqu'île de Crozon

ARTICLES DE PRESSE

?  

Quoi de neuf ?

Presse ancienne

Cartes postales

En mots

En images

En cartes

Savez-vous ?...

Guerre 14-18

Recensement

livre d'or

liens utiles

bibliographie

dates presqu'île

contact

 

   revenir en arrière
 

Articles de la presse ancienne

classés dans l'ordre chronologique

 

 Cliquez sur les grandes flèches noires pour lire l'article
précédant ou suivant celui-ci dans l'ordre chronologique


 n° 2694

Le train arrive enfin jusqu'à Camaret ! Inauguration.

15/06/1925 

Arrondissement de Châteaulin

Inauguration des lignes de Crozon à Camaret et au Fret
Sous un soleil flamboyant, le ballast, d'une blancheur immaculée, serpente dans la verdeur tendre des prés. Sur les rails patinés qui s'y incrustent roule le train qui, pour la première fois, va franchir les distances de Crozon à Camaret et de Perros-Saint-Fiacre au Fret.
S'empanachant de fumée, s'agrémentant de drapeaux, la locomotive file sous les bosquets, au long des grèves, grimpe vers les coteaux où tournoient des moulins, plonge dans des vallées où stagnent des marais, manifeste une activité trépidante et lance vers le ciel embrasé des sifflements joyeux.
Le train, parti de Châteaulin, a reçu au passage à Crozon toutes les autorités désireuses de participer à cette inauguration.
Entre un large étang et la maison toute neuve qui constitue la gare de Perros-Saint-Fiacre, il s'arrête un moment. Voici l'embranchement du Fret qu'il abandonne à droite pour suivre une courbe majestueuse qui va lui permettre d'atteindre Camaret.
Tout au long du chemin, devant les maisons, on s'est assemblé pour crier au passage sa joie de pouvoir désormais disposer d'un moyen destiné à relier de façon directe et suivie les principales agglomérations de la presqu'île avec le reste du pays.
Camaret ! Foule considérable. Tout le Conseil municipal est là réuni pour recevoir les arrivants.
Il est midi. Un banquet, excellemment servi à l'hôtel Moderne réunit autour de MM. Rischmann, préfet du Finistère; Louppe, président du Conseil général ; Poupat, maire de Camaret, MM. Perrier, ingénieur en chef de la Compagnie de l'Etat, chargé de la construction des lignes nouvelles; Gervet, ingénieur principal des chemins de fer de l'Etat; Danban, sous-préfet de Châteaulin ; Lavolé, directeur du réseau breton; Cariou, maire de Crozon; Halléguen, maire de Châteaulin; Eck, administrateur de la marine; Gazagne, conseiller de préfecture; Lambert, et Maureille, ingénieurs des travaux publics de l'Etat; Bourvon, maire d'Argol ; Balay, maire de Trégarvan; Boussard, maire de Telgruc; Balsch, maire de Roscanvel; Carn, maire de Lanvéoc; Goalès, Damoy, V. Launay, conseillers d'arrondissement; les adjoints au maire de Crozon et de Camaret.
Au dessert, M. Poupat prend la parole pour dire avec quel plaisir la ville de Camaret a vu venir vers elle ce train qui desservira désormais le premier des ports langoustiers. Ainsi pourront être rapidement faites les expéditions pour Paris et les grands centres. Avec la jetée qui malheureusement n'est encore qu'à l'état de projet, il sera possible à toutes les barques, sans attendre la marée, d'opérer leur déchargement aussitôt en rentrant de la pêche.
Le maire de Camaret remercie les représentants de la Compagnie de l’État qui ont fait un gros effort pour mener à bien l'œuvre aujourd'hui achevée. Puis, parlant de M. Louppe, il dit quelle fut sa bienfaisante action et comment il ne ménagea ni son temps ni sa peine.
Après avoir salué M. le préfet, il lève son verre au gouvernement de la République.
M. Cariou dit l'enthousiasme des populations en voyant venir ce train qui marque une ère nouvelle. C'est le couronnement d'une œuvre conçue il y a cinquante ans. Il en félicite les auteurs, puis dit quel appui on trouva près de M. Louppe et de ses amis du Parlement lorsqu'il fallut activer les démarches pour abréger les délais.
Il termine en portant un toast aux deux communes de Crozon et de Camaret, unies dans la prospérité et le progrès.
M. Louppe rend hommage à ceux qui ont contribué à doter la région des lignes de chemin de fer que l'on vient d'inaugurer et rappelle le souvenir de M. Frayssinet.
La population de la presqu'île dispose à présent d'un outil qu'on a tenté de faire aussi complet que possible; il lui appartient à présent de s'en servir comme il convient. En ce qui concerne l'exploitation les intéressés sont certains de trouver près des Pouvoirs publics et de l'administration des chemins de fer le concours le plus complet, mais il importe qu'il y ait réciprocité.
Le président du Conseil général dit quelle part active prit son ami et ancien collègue au parlement, M. Halléguen, dans la préparation de l'œuvre aujourd'hui accomplie.
« J'ai trouvé, dit-il encore, près de M. Perrier et de ses collaborateurs, le concours le plus complet au moment où, après la guerre, les travaux faillirent être suspendus ».

A présent dans le Finistère se poursuit le développement d'un grand programme économique. Voici que se construisent des ponts et des routes, ce sera bientôt l'amélioration des petits ports de pêche. Pour cela aussi le département saura faire l'effort nécessaire.
M. Louppe souhaite la bienvenue à M. le préfet du Finistère, dont la réputation d'administrateur aimable et éclairé n'est plus à faire, il a la certitude que M. Rischmann restera assez longtemps dans le département pour apporter son aide à la réalisation de l'œuvre entreprise.
Le président du Conseil général termine en portant un toast à Camaret, au canton de Crozon, à la France, à la République.
M. Perrier dit les regrets du directeur de la Compagnie de chemins de fer de l'Etat de n'avoir pu venir visiter la belle région traversée durant la matinée. Puis il remercie les intéressés de n'avoir pas tenu rigueur des retards apportés à la construction de la ligne de Camaret. Il doit ajouter que la tâche n'était guère facile dans un pays si accidenté, qui certes fait l'admiration des touristes, mais ne fait guère la joie des ingénieurs.
Les travaux ont été presque entièrement exécutés avec la main-d'œuvre locale et cela ne facilita pas toujours la tâche car l'attachement des cultivateurs pour leur terre ou des pêcheurs pour leur barque est tel qu'ils laissèrent souvent les chantiers déserts et les machines inactives.
M. l'ingénieur en chef remercie de l'aimable accueil qui lui est fait et boit à la prospérité de la presqu'île.
C'est à double titre que M. Rischmann se déclare l'hôte très satisfait de Camaret. Tout d'abord, M. Daniélou l'a officiellement délégué pour le représenter à cette cérémonie et pour dire combien il eût été heureux de s'y rendre s'il n'avait été retenu par les devoirs de sa charge.
Comme préfet, il est heureux de tout ce qui peut servir et réjouir ses administrés.
Le trajet qu'il fit ce matin, à travers un si beau pays, l'a pleinement enthousiasmé. Il dit quels services importants doit rendre à la région ce train qui, tout à l'heure, après avoir accompli un virage savant, venait s'arrêter devant ce port admirable.
Après avoir remercié le maire de Camaret. M. le préfet rappelle comment M. le président du Conseil général exposait, il y a quelques instants, ses pensées sur l'économie du pays. Il le fit clairement, avec sa franchise et sa rudesse qui tient du granit du pays et de sa solidité; il faut se réjouir quand, avec soi, on a des hommes qui, comme lui, ont des idées aussi nettes et savent les faire aboutir.
Il faut être reconnaissant au Conseil généra! qui, sachant être économe, a su aussi faire l'effort nécessaire pour obtenir le résultat espéré.
Après avoir proclamé officiellement ouverte au public la ligne de Camaret. M. Rischmann invite l'assistance à se joindre à lui pour porter un toast à M. Doumergue, président de la République.
L'heure du retour a sonné. En gare, le train siffle. On prend place dans les wagons-salons amenés pour la circonstance et l'on part, tandis que la foule applaudit.
Tout Camaret est en fête. A l'ombre des drapeaux s'organisent des courses et des réjouissances de toutes sortes. Mais la pente est déjà gravie. Le train a disparu vers Saint-Fiacre et voici qu'il glisse maintenant sur les quais du Fret. Son arrivée cause une véritable émotion dans l'aimable petit port.
Une halte; puis c'est le retour vers Crozon.
Les deux lignes ainsi inaugurées sont, dès aujourd'hui, desservies comme suit :
Le Fret (départs) : 8 h. 20, 10 h. 15, 17 h. 20.
Perros (arrivées) ; 8 h. 32, 10 h. 27, 17 h. 32.
Crozon (arrivées) : 8 h. 44, 10 h. 39, 17 h. 44.
Camaret (départs) : 6 h. 2G, 9 h. 45, 13 h. 40, 16 h. 41.
Crozon (arrivées) : 6 h. 50, 10 h. 7, 14 h. 2, 17 h. 3.
Camaret (départs) : 7 h. 30, 9 h. 30, 16 h. 29.
Perros (arrivées): 7 h. 41, 9 h. 41, 16 h. 40.
Crozon (départs) : 7 h. 35, 9 h. 30, 16 h. 35.
Le Fret (arrivées) : 7 h. 57, 9 h. 52, 16 h. 57.
Crozon (départs) : 9 h. 6, 11 h. 40, 14 h. 10, 20 h. 26.
Camaret (arrivées) : 9 h. 25, 11 h. 59, 14 h. 32. 20 h. 45.
Perros (départs) : 8 h. 35, 10 h. 34. 17 h. 36.
Camaret (arrivées) : 8 h. 46, 10 h. 45, 17 h. 46.

Camaret    Le Fret    Crozon    Roscanvel    Argol    Lanvéoc   Telgruc   chemin de fer     

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

f.a.q. Éphéméride mode d'emploi

recherche
dans les articles


précisions mots-clés


précisions recherche

 

à suivre...

         • nouveaux articles

         • nouvelles personnes

         • nouveaux villages

         • nouveaux bateaux

         • nouveaux commentaires

contenu des articles

         • les bateaux   A-Z

         • les personnes   A-Z

         • les lieux   A-Z

         • les lieux, par village

articles par n°

 

 
 
 

 

© notrepresquile.com 2014-2018

 

Mentions légales et Conditions Générales d'Utilisation      |     Qui fait ce site ?

 

Selon la loi Informatique et Libertés du 6/01/78 modifiée en 2004,
vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant, que vous pouvez exercer en nous écrivant.