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 n° 2726

Aventure sanglante aux îles Scilly.

06/07/1925 

A la Une

Il ne fait pas bon chasser le béluga aux îles Scilly
L'aventure de deux équipages finistériens

Nous disions, il y a quelques mois, quelles pertes considérables avaient subi les seuls pêcheurs d'Audierne du fait des déprédations des bélugas : un million au moins. Puis, les marins du grand port sardinier nous parlant des mœurs de ces animaux, citaient des exemples bien faits pour démontrer leur voracité.
Depuis longtemps déjà, on recherche les moyens efficaces de les chasser, mais en vain. Marsouins et bélugas se trouvant près des bancs de sardines, on se trouve placé devant le dilemme suivant : Ou bien chasser les destructeurs et du même coup provoquer la fuite de la sardine, qu'on n'attire qu'au prix de dépenses élevées de rogue. Ou s'efforcer de ne point effrayer le poisson pour pouvoir faire pêche et risquer la destruction complète des filets.
Canons, mitrailleuses, bombes d'avions, on voulut cependant tout tenter; mais comment se servir de pareils engins, alors que les flottilles sont réunies précisément aux endroits où évoluent sardines, marsouins et bélugas ?
Bien que cela non plus n'allât pas sans danger, on distribua des fusils aux pêcheurs eux-mêmes, à qui l'on offrit une prime de 2 fr. 50 par animal détruit. Puis on porta la prime à 10 francs. Quelques résultats furent ainsi obtenus, mais qu'étaient-ils, en présence de l'armée innombrable des destructeurs !
On fit appel au concours de l'Office scientifique et technique des pêches maritimes, qui conclut qu'il conviendrait d'amener les pêcheurs à faire le plus grand nombre possible de captures, en leur montrant que cette chasse pouvait être rémunératrice et qu'il y avait lieu, par suite, d'étudier quelles pourraient être les utilisations industrielles des différentes parties de l'animal.
Cette étude fut faite, sans doute; mais comme il y a loin des travaux de laboratoires aux réalisations pratiques, elle est, quant à présent, demeurée sans résultat.
Marsouins et bélugas sont-ils donc invincibles ?
C'était pour la centième fois la question que se posait un marin du Conquet, le capitaine Lucas, du sloop langoustier Eugène-Hélène, qui venait de mouiller, le soir du 23 juin, aux Scilly. Accoudé aux bastingages, il tournait vers l'île toute proche de Saint-Martin son rude visage, quand il aperçut avec surprise une multitude d'énormes poissons échoués sur un banc de sable.
Il y en avait là un millier, s'agitant en de gauches et inutiles mouvements. Marsouins ? Bélugas ? Il ne les distinguait pas encore, mais il était certain qu'il s'agissait d'une catégorie de ces destructeurs voraces contre lesquels il est si malaisé de se défendre.
Belle occasion de prendre une revanche ! Allait-il la laisser échapper ? Le capitaine Lucas connaît trop les ravages dont souffrent ses camarades sardiniers pour hésiter.

Avec ses hommes, il prenait place dans le canot du bord et fonce vers les ennemis que, pour une fois enfin, le hasard, met à sa merci. La hache haute, ils débarquent.
Vers le même moment, poussé par les mêmes mobiles, le capitaine, camarétois Lastennet, du sloop Dahlia, arrivait en renfort avec une partie de son équipage.
Effroyable besogne, dit le capitaine Lucas ! Tranchant d'un premier coup partie de la tête d'un des monstres, j'étais littéralement arrosé d'un jet de sang. C'était le massacre ! Autour de moi, tous frappaient avec ardeur, car tous connaissaient l'importance de l'œuvre que nous accomplissions.
« Nous en étions à notre dix-septième victime, et les Camarétois en avaient fait tout autant lorsque des insulaires intervinrent. Notre geste les avait bouleversés. Ils ne comprenaient pas pourquoi nous nous acharnions ainsi sur ces animaux... Ils l'eussent vraisemblablement mieux compris s'ils avaient pu, tout près de leurs côtes, se livrer régulièrement à la pêche à la sardine ou au maquereau, comme nous le faisons chez nous.
« Brusquement, nous étions mis en demeure d'interrompre notre salutaire besogne et d'enlever les bélugas abattus, sous la menace d'avoir à payer une livre sterling par tête.
« Comme j'exposais les dégâts causés par ces animaux, on nous répondit en invoquant des raisons d'ordre sentimental, sensibleries qui amèneraient au respect absolu des puces propagatrices de la peste.
« Mes explications ne produisirent pas grand effet. En France, disais-je nous recevons, en pareille occasion, des primes de destruction, tellement il importe de se débarrasser de ces destructeurs.
« — En France, il y a des règlements, répondait-on; mais en Angleterre, il y a des lois qu'il faut respecter. Et l'on me démontra par geste que l'on était tout disposé à me passer des menottes si j'insistais.
« Comme nous ne pouvions songer à verser la somme importante qu'on nous réclamait, toute la nuit, après une exténuante journée de pêche, nous dûmes, au lieu de prendre du repos, remorquer les bélugas abattus, dont chacun pesait une tonne au moins, vers le large.
« Et c'est avec tristesse que nous vîmes partir, pour de nouveaux méfaits, plus de 900 de ces terribles bêtes lorsque le flot vint recouvrir le banc de sable où elles s'étaient laissées surprendre. »
Ne convient-il pas de regretter, après semblable fait, l'existence de pareilles divergences entre des populatioms maritimes, dont les intérêts communs devraient seuls être pris, en considération ?
Et n'est-ce pas le moment de rappeler que les offices scientifiques, bien qu'ils soient de création récente, se sont réunis en des Congrès internationaux pour examiner les moyens propres à intensifier la pêche ?
Livrons ce cas à leur examen et attendons avec confiance.
Ch. LÉGER.

Camaret    pêche    sardine                       

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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