Notre presqu'île .com

archives, histoires, images

de la presqu'île de Crozon

ARTICLES DE PRESSE

?  

Quoi de neuf ?

Presse ancienne

Cartes postales

En mots

En images

En cartes

Savez-vous ?...

Guerre 14-18

Recensement

Éditions Notre Presqu'île

livre d'or

liens utiles

bibliographie

contact

 

   revenir en arrière
 

Articles de la presse ancienne

classés dans l'ordre chronologique

 

 Cliquez sur les grandes flèches noires pour lire l'article
précédant ou suivant celui-ci dans l'ordre chronologique


 n° 2837

Suggestions pour éviter les noyades en Finistère.

31/08/1927 

Arrondissement de Châteaulin

PRENEZ GARDE AUX FLOTS BLEUS
Les mesures à prendre pour éviter les accidents

Comme chaque année, à cette époque, la mort par noyade continue à faucher notre belle jeunesse.
Les statistiques établies par notre ami J. de Lalyman ont démontré que ces trois dernières années, les baignades, les promenades en barques, ainsi que les parties de pêche ont plongé dans le deuil près de 5.000 familles c'est-à-dire qu'à elle seule, la mer a fait, en cette période, plus de victimes que les accidents de chemins de fer et d'automobile à eux deux réunis.
Il est établi péremptoirement que dans 95 0/0 des cas, la connaissance de la natation eût préservé les victimes de leur triste sort. C'est pourquoi nous ne cessons d'insister près des familles qui ont charge d'âmes, sur la nécessité d'enseigner à leurs enfants la pratique de la natation, sport dont la valeur éducative est égale à l'utilité.
Il est cependant de pénibles accidents qui ne sont pas imputables à l'ignorance de la natation, mais à la traîtrise de la mer, sur certains points de nos côtes. C'est ainsi que dimanche dernier, le « Toulinguet » (plage de Camaret) a fait deux nouvelles victimes, dans des conditions identiques à celles qui, en août 1925, plongèrent dans le deuil deux familles brestoises.
A cette époque, notre ami Henri Argouach, triton émérite, qui compte plus de 50 sauvetages, et se baigne hiver comme été, dans les flots tourmentés du Toulinguet, me confiait la crainte qu'il éprouvait chaque fois qu'il voyait des touristes ou des nageurs ordinaires se risquer sur cette plage.
« Il serait indispensable, nous disait-il, que la municipalité de Camaret avisât les étrangers des dangers qu'ils courent en ce lieu. C'est pourquoi j'ai suggéré au maire de poser des pancartes indicatrices ».
La baignade tragique rappelée ci-dessus vint, huit jours plus tard, confirmer les craintes de notre ami.
Dans la Dépêche sportive et touristique du 3 septembre 1925, nous demandâmes à notre tour, à la municipalité camarétoise, de réaliser rapidement la suggestion d'Henri Argouarc'h.
Deux ans se sont écoulés. Regrettons que celle-ci n'en ait rien fait.
Pour avoir personnellement fréquenté le « Toulinguet », nous connaissons les dangers qu'y courent les baigneurs ignorant la natation, ainsi que les nageurs ordinaires. Sans parler des lames de fond, qui sont toujours dangereuses, le changement d'inclinaison de la plage, suivant le niveau de la marée, voit de fortes vagues se former à quelques mètres du rivage. Celles-ci ont une telle force, que lorsqu'elles vous atteignent, elles vous emportent et vous roulent, tel un fétu de paille.
A ce moment, il faut que le baigneur conserve tout son sang-froid et que ses qualités lui permettent de rester et de nager sous l'eau quelques secondes.
La première fois que nous avons fait cette expérience, nous avons été, bien que préalablement averti, fâcheusement impressionné. Roulé par deux mètres de fond, nous avons nagé, mais l'eau était tellement troublée par le sable, qu'il nous fallut rencontrer le fond pour nous apercevoir que nous faisions fausse route.
Cette immersion brutale dura de 15 à 20 secondes. Supposez qu'elle fût suivie tout aussitôt d'une autre et vous conviendrez avec nous que pour se livrer à des ébats dans cette eau constamment tourmentée, il faut une grande maîtrise de soi-même et une préparation que possèdent seuls les nageurs bien entraînés.
Pour en revenir à l'accident survenu dimanche dernier, nous considérons comme un devoir d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de prendre certaines mesures propres à assurer la sécurité de nos plages et à réduire, sinon à empêcher les tragiques accidents qui s'y produisent.
Dans leur ordre d'importance, ces mesures sont, selon nous, les suivantes:
1° Enseignement obligatoire de la natation dans les écoles;

2° Interdiction absolue des plages dangereuses ;
3° Emploi obligatoire de maîtres nageurs, dûment qualifiés, sur les plages autorisées.
En ce qui concerne le premier point, un décret ministériel en date du 24 juin 1879 rend obligatoire l'enseignement de la natation dans les écoles. Mais, faute d'avoir prévu les moyens matériels pour son application pratique, ce décret est demeuré inopérant, sauf à Tourcoing et dans deux ou trois autres villes de France.
En l'état actuel de nos finances, on ne peut songer évidemment à construire des piscines à travers toute la France. Mais, en utilisant les rivières et la mer, il serait possible, dans la plupart des centres scolaires, de poursuivre et de mener à bien cette éducation de l'enfant.
L'interdiction des plages dangereuses est chose facile. Elle doit être l'œuvre des Communes et des Départements, lesquels pourraient s'inspirer de ce qu'a fait le Touring-Club de France pour assurer la sécurité de la route.
Enfin, nous constatons que seules les plages bretonnes sont totalement démunies de maîtres nageurs.
Dans le Midi de la France, notamment, toutes les plages possèdent, sur ce point, une organisation remarquable qui ajoute à leur attrait.
Pour éviter que le métier de professeur de natation soit galvaudé, en même temps que pour assurer la sécurité dans les baignades (bassins, piscines ou plages), la Fédération française de natation et de sauvetage, sous le contrôle de l'État, a créé un brevet qui, par ses exigences, constitue une sérieuse garantie.
En effet, outre les connaissances théoriques exigées des candidats (sur l'anatomie, l'hygiène, les secours à donner aux noyés), l'examen pratique comprend un séjour sous l'eau d'une minute, des plongeons de 5 mètres de haut, recherche et sauvetage d'un mannequin coulé à 3 mètres de fond; diverses épreuves de natation, enseignement et pratique de tous les styles de nage.
Sur les plages où ces services sont organisés, les professeurs donnent des leçons collectives de culture physique, très profitables aux enfants et aux jeunes gens, auxquels ils enseignent la natation, depuis la brasse élémentaire jusqu'aux styles les plus modernes. Qu'un accident se produise, ces professeurs se transformant en sauveteurs, tel notre compatriote Émile Charles qui, semaine dernière, sur la plage de Ciboure, a sauvé une jeune fille prise de congestion à 100 mètres du rivage.
Aucun accident n'a été enregistré, depuis deux ans, dans les centres où ces services d'enseignement et de surveillance sont organisés.
A qui appartient-il de créer semblable organisation chez nous ?
Il nous semble que les hôteliers et les communes sont les plus qualifiés pour répondre à cette question; les premiers, parce qu'ils vivent du tourisme; les secondes, parce que leur budget est en partie alimenté par la même source.
Les hôteliers — devraient-ils pour cela faire payer une légère taxe, dite "de sécurité" — auraient intérêt à attacher à leur établissement ou à la plage où ils exercent leur industrie, un professeur de natation. Les communes — suivant leurs ressources — pourraient participer à la dépense en accordant une subvention.
Sur les plages mondaines, le professeur de natation peut se suffire largement et la profession est appelée à devenir très lucrative, à en juger par les exemples que nous connaissons.
En ce qui concerne notre département, handicapé par un climat dont les caprices réduisent à 3 ou 4 mois la saison balnéaire, nous estimons que pour « lancer » cette profession, l'appui des hôteliers et des communes serait nécessaire.
Au point de vue, social aussi bien que pour le renom de nos plages, nous croyons que les suggestions ci-dessus méritent de retenir la bienveillante attention des intéressés.
Complètement documenté sur la question, nous nous ferons un plaisir de les aider dans la voie des réalisations.
Noël KERDRAON.

Camaret    tourisme    loisirs    noyade                   

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

f.a.q. Éphéméride mode d'emploi

recherche
dans les articles


précisions mots-clés


précisions recherche

 

à suivre...

         • nouveaux articles

         • nouvelles personnes

         • nouveaux villages

         • nouveaux bateaux

         • nouveaux commentaires

contenu des articles

         • les bateaux   A-Z

         • les personnes   A-Z

         • les lieux   A-Z

         • les lieux, par village

articles par n°

 

 


AVANT NOUS
une sélection de 1181 articles
issus de la presse ancienne,
illustrées de publicités d'époque
Points de vente ICI

 
 
 

 

© notrepresquile.com 2014-2018

 

Mentions légales et Conditions Générales d'Utilisation      |     Qui fait ce site ?

 

Selon la loi Informatique et Libertés du 6/01/78 modifiée en 2004,
vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant, que vous pouvez exercer en nous écrivant.