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 n° 2921

Relèvement des mégalithes de Lagatjar, en Camaret.

29/06/1928 

Arrondissement de Châteaulin

ON RELÈVE LES 143 MENHIRS DE LAGATJAR, EN CAMARET
Sur le plateau pelé de Lagatjar, où le lichen prospère parmi la pierraille, où la brise toujours agressive promène des menaces de tempête, les excursionnistes ne s'attardent guère. Dédaignant les mégalithes répandus sur la lande, ils filent vers les magnificences renommées de la pointe des Pois.
Mais Lagatjar bientôt aura son tour, car Lagatjar possède une richesse scientifique et touristique de premier ordre, ignorée jusqu'ici du grand public, mais qu'une initiative intelligente vient soudain de mettre en valeur; nous voulons parler des alignements préhistoriques situés à proximité du manoir de Saint-Pol-Roux et qui sont certainement les plus beaux de la presqu'île de Crozon et peut-être même de tout le Finistère.
Ils comprennent 143 menhirs, dont une trentaine de six à douze tonnes, disposés en trois rangées, dont les deux plus courtes sont perpendiculaires à la troisième.
Cet ensemble, qui date de la fin du néolithique, c'est-à-dire d'environ cinq mille ans, a été secoué, un peu avant notre ère, par des séismes dont la géologie a noté les effets dans les terrains du voisinage. La plupart des menhirs, renversés à cette époque, gisaient depuis sur le sol dans lequel ils s'étaient partiellement enfouis.
Une commission, nommée par le ministre de l'Instruction publique et composée du commandant Bénard-Le Pontois, président de l'Institut flnistérien d'études préhistoriques, et de M. Chabal, architecte du gouvernement, vice-président du même Institut, a entrepris de restaurer scientifiquement les alignements tels qu'ils existaient à l'origine, c'est-à-dire de dresser les menhirs à l'endroit précis qu'ils occupaient avant les tremblements de terre. Travail délicat, mené à bien depuis samedi dernier, avec le concours de M. Le Cordenner et de l'équipe particulièrement adroite et dévouée du contremaître Chimier et de ses auxiliaires, MM. Consécao et Buzaré.
On sait comment nos ancêtres de la préhistoire parvenaient, quoique dépourvus d'engins de levage, à ériger de formidables monolithes.
Ils construisaient d'abord, du monolithe au lieu choisi pour l'érection, un dallage solide, aboutissant à un trou dont la paroi était verticale, sauf dans la partie touchant l'extrémité du dallage, laquelle formait plan incliné.
Le menhir, engagé sur des rouleaux de bois, était tiré sur les dalles, la base en avant, basculait sur le plan incliné et glissait jusqu'au fond du trou. Il était ensuite redressé au moyen d'un câble attaché à sa partie supérieure, auquel s'attelait une compagnie de manœuvres aussi nombreuse que le poids de la pièce l'exigeait. Le menhir, une fois droit et appuyé contre la paroi verticale, était calé avec du roc concassé et le trou comblé.
Sachant cela, il est aisé de localiser les menhirs de Lagatjar, car, près de chacun d'eux, on retrouve, à quelque quarante ou cinquante centimètres de profondeur, le calage primitif intact. On le reconnaît à la disposition des pierres dessinant le contour de l'alvéole et aussi à la qualité de ces pierres, qui est la même au pied de tous les menhirs de Lagatjar. L'aspect de ces gîtes à menhir est suffisamment caractéristique pour que des spécialistes aussi avertis que le commandant Bénard et M. Chabal les identifient au premier coup d'œil et en déduisent de précieuses indications.

Le premier soin de la commission est donc de repérer ces calages et d'en dégager les vestiges. Le menhir est ensuite mis debout et rétabli dans son logement primitif.
Quand on songe aux millénaires qui séparent les deux opérations, cette restauration sans cérémonie n'est pas dépourvue de grandeur. Il y a, dans cette répétition, par des hommes de 1928, des mouvements accomplis par les vagues humanités de l'an 3.000 av. J.-C, un élément de rêverie qui doit séduire les poètes. En ce qui concerne Saint-Pol-Roux, le charme a déjà opéré. La résurrection des mégalithes n'a pas de spectateur plus assidu que l'auteur pensif des Litanies de la mer. Des strophes somptueuses vont naître. Il faudra les dédier au commandant Bénard, premier responsable de cette éclosion.
Les alignements sont nombreux en Bretagne (on en compte cinq dans la presqu'île de Crozon : Lostmarc'h, Ty-ar-C'huré, Raguénès, Landaoudec et Lagatjar). Tous sont orientés, soit dans les directions solsticiales, comme à Lagatjar, soit dans la direction du lever équinoxial du soleil, soit enfin dans les directions intermédiaires entre les équinoxes et les solstices.
On suppose que ces alignements permettaient aux préhistoriques de se rendre compte de la marche des saisons.
A Lagatjar, par exemple, les deux alignements les plus courts sont dirigés du N. 54° E. au S. 54° 0., de telle sorte que, le 21 juin, le soleil se couche exactement dans le prolongement ouest de ces alignements et que, le 21 décembre, il se lève exactement à l'opposé.
Des observations faites, en temps et lieux, par des individus qualifiés, et vraisemblablement avec un cérémonial religieux, étaient, sans doute, le signal de certains travaux ou de certaines fêtes.
Quoi qu'il en soit, un fait est certain, c'est que tous les alignements sont orientés.
Signalons à ce propos une constatation curieuse. Le commandant Bénard a mis à nu à Lagatjar une pierre plate, dont l'extrémité pointue et, semble-t-il, grossièrement sculptée, indique le nord vrai; d'autre part, le plus grand des menhirs se trouve juste dans le prolongement de la pointe. Voilà un sujet de méditation pour les initiés !
Il y a lieu de remarquer enfin que les six menhirs actuellement relevés ne sont pas strictement alignés et forment une rangée zigzagante. Lorsque tous les éléments de ce côté seront debout, on s'apercevra peut-être que la ligne d'orientation passe par l'échancrure des sommets. Toute affirmation serait d'ailleurs prématurée.
On estime que d'ici à une quinzaine de jours la reconstitution sera terminée.
Les Beaux-Arts ont fourni une partie des fonds nécessaires. La commune de Camaret, principale intéressée, donne une subvention, ainsi que le Musée préhistorique de Penmarc'h. Le préfet du Finistère, enfin, a promis de demander l'aide financière du département.
Espérons que le commandant Bénard trouvera tous les concours qui lui sont utiles pour mener à bien sa tâche, qui ne s'achèvera pas à Lagatjar. Il a conçu un programme de travaux, dont nous aurons l'occasion de reparler et qui prévoit notamment le relèvement du splendide menhir de Penmarc'h, à tête de cheval et à corps de femme, présentement allongé dans la poussière comme un caillou vulgaire.


Camaret    mégalithe    tourisme                       

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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