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 n° 2946

Pour éviter une possible guerre portugo-camarétoise...

01/05/1929 

Arrondissement de Châteaulin

CAMARET
CHEZ LES LANGOUSTIERS
Deux cents navires langoustiers, mille deux cents hommes d'équipage. Tels sont les chiffres actuels. Les « portugais » sont partis en plein hiver vers les côtes inhospitalières du Portugal, pour la première campagne de 1929.
Ils ne ménagent pas leur peine pour faire vivre leur nichée. Que de nuits sans sommeil, que de misères ! Il y a quelques semaines, nous apprenions que trois de leurs annexes à moteur se perdaient dans un coup de tempête subit.
Un à un, presque quotidiennement, ils nous reviennent. Les pêches sont médiocres. Deux mois de dur labeur. 600 kilos de langoustes par bateau; cela n'est guère fait pour encourager nos hardis pionniers. En outre, les prix ne paraissent pas satisfaire ceux-ci.
Les engins sont très chers. Chaque bateau emporte environ 100 casiers, une quantité considérable de liège, 6.000 mètres d'orins à 8 fr. 50 le kilo, et un important matériel de rechange se montant à une somme très coquette. Souvent, les deux premiers voyages de l'année ne suffisent pas à payer les frais.
En résumé, le métier n'est guère très intéressant et l'on voit chaque jour nos pécheurs s'orienter vers d'autres destinées, devenir vétérans, gardes maritimes, guetteurs sémaphoriques, gendarmes, etc.

Le malaise actuel
Des incidents d'ordre administratif qui, durant les campagnes précédentes, sont survenus à nos langoustiers sur les côtes d'Irlande et sur les côtes du Portugal, avaient attiré l'attention du gouvernement, auquel nous avions demandé l'appui direct, effectif et efficace.
L'observation exacte et précise jusqu'à la minutie de la limite des eaux territoriales étant une chose des plus compliquées, dans les conditions où se trouvent placés nos pêcheurs sur les littoraux irlandais et portugais, la logique exigeait qu'à l'appréciation approximative des gardes-pêches locaux fut substituée la création diplomatique d'un permis de pêche officiel timbré, à titre onéreux, par l’État intéressé.
Notre compatriote. G. Gustave-Toudouze, a demandé à plusieurs reprises que l'Etat français fît siennes les démarches utiles pour l'obtention de ce permis qui substituera la légalité aux fantaisies des arbitrages locaux et aux erreurs possibles des petits surveillants de secteurs.
En outre, des incidents regrettables viennent s'ajouter à cet état de choses. Suivant le genre de pêche effectué par les pécheurs portugais, et suivant l'époque, leurs filets sont mouillés jusqu'à des distances de 9 et 10 milles de la côte. Leurs engins s'enchevêtrent dans les orins des pêcheurs camarétois et, le couteau à la main, ils détruisent tout ce qui gêne pour la dérive, envoyant par le fond les casiers des pêcheurs français, leur causant un préjudice énorme.
De là, une irritation réciproque, voire même des coups de fusil échangés. Il serait urgent de mettre fin, d'une manière ou d'une autre, à une opposition qui pourrait entraîner des conflits et des complications regrettables.


Une suggestion
En dehors des trois milles de la zone territoriale, la mer est à tout le monde. Nos langoustiers, en général, pêchent de trois à neuf milles de la côte portugaise. Les Portugais viennent mouiller leurs filets à sardine, à maquereau, à chinchard, etc., dans les champs de travail permis aux Camarétois. La seule solution qui s'impose en la circonstance est la suivante :
« Portugais, tu trouves ta pêche meilleure au large, dans la zone libre. Nous nous gênons mutuellement. Soyons donc amis. Autorise-moi à faire ma pêche dans tes eaux, le long de ta côte. Au large, tu auras le champ libre et nous y gagnerons tous deux ».
Cette solution nous paraît la plus sage et nous demandons aux autorités françaises d'intervenir en ce sens près des autorités portugaises.
En ce qui concerne les côtes irlandaises, nous croyons savoir que M. Jean Le Gall, de l'Office scientifique et technique des pêches maritimes, s'en occupe sérieusement; des pourparlers sont déjà engagés entre le sympathique directeur de la station aquicole de Boulogne et les autorités irlandaises.
M. Le Gall se propose, en outre, de conduire les langoustiers camarétois sur une base assez spacieuse où ils trouveront sans doute les crustacés recherchés.
Cette expérience serait tentée vers le 12 mai prochain, jour du commencement de la morte-eau. M. Le Gall se rendrait ce jour-là à Camaret, à bord de l'« Estafette », armée par des marins de l'Etat. M. Floch, commis de l'Inscription maritime, correspondant de M. Le Gall, devrait être averti du nombre de bateaux désireux de se rendre sur cette base jusqu'ici inconnue. La terre et les phares devant être perdus de vue, les patrons devront se guider sur leur compas pour les voyages suivants, à part les quelques patrons sachant observer et faire le point, en latitude par la méridienne. C'est là que le sextant ou l'octant peut jouer un grand rôle.
Nous engageons d'ailleurs les patrons qui désirent apprendre à se servir de ces instruments et à faire le point en latitude par la méridienne à venir nous trouver. Nous nous tenons à leur disposition, et cela gratuitement.
Nous engageons de même ceux qui se rendent au Portugal et qui pêchent aux environs de la limite territoriale à apprendre à faire le point par segment capable, procédé géométrique que nous avons déjà enseigné à ceux qui ont suivi cet hiver les cours de l'école de pêche. Ce procédé infaillible permettra de faire constater aux gardes-pêches portugais l'endroit exact où le navire se trouve.
Avec ce procédé, pas de confusion possible.
Victor SALEZ

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article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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