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 n° 315

Incendie de la mairie et de la maison d'école de Crozon.

22/11/1882 

L'incendie de Crozon

La lettre suivante nous apporte de nouveaux détails sur le sinistre de jeudi :

Crozon, le 21 novembre 1882.
« Mon cher rédacteur,
« Sans préjuger en rien les résultats de l'enquête, il importe de rétablir la vérité en ce qui concerne l'origine même du désastre.
Le feu a pris, non pas dans les combles, ainsi que je vous l'ai écrit à la hâte peu d'heures après l'événement, mais bien au 1er étage, dans un petit cabinet attenant à la salle de la mairie, et donnant sur la place. Ce cabinet renfermait des archives et les registres du cadastre. Remarquez, que personne, au premier étage, ne couchait de ce côté, ni près de là; ce qui explique comment l'incendie a pu dévorer l'escalier et pénétrer jusqu'aux mansardes avant que l'éveil ne fût donné.
A 3 heures moins 1/4, la domestique, qui couchait dans la cuisine, sur la cour, fut éveillé par le crépitement des flammes, et aussitôt l'instituteur et sa femme, levés en sursaut, ouvrirent leur fenêtre pour appeler au secours. Dans le même moment, M. Letourneur, dont la chambre était située immédiatement au-dessus du cabinet, foyer de l'incendie, s'était réveillé à son tour. Il se lève et court à la porte de sa chambre ; la flamme y pénètre avec une violence extraordinaire, et consume en un instant la collection du Journal officiel, entassée dans un coin. Le pauvre Letourneur a pu, avant sa mort, faire connaître qu'ayant traversé en toute hâte sa chambre pour ouvrir sa fenêtre, il sentait, sous lui, le plancher qui lui brûlait littéralement les pieds. Debout sur le toit, il se retenait au volet de la croisée, quand tout d'un coup ce point d'appui lui manqua: le volet se détacha, et Letourneur fut précipité dans le vide. Réveillé, ainsi que ses camarades, par les cris de la domestique, le petit Jannou, frère du second adjoint, avait couru réveiller celui-ci.
« Ouvre la fenêtre, j'étouffe ! » lui crie son frère en se levant. L'enfant ouvrit la fenêtre, et, ne voyant plus son frère dans la chambre, monta sur le toit et se jeta des deux mains sur le fil télégraphique qui relie Crozon à Châteaulin. Il y resta dix minutes suspendu avant d'être recueilli, au haut d'une échelle, par Yves Kerinec.
« Réfugié dans le dortoir des enfants, l'adjoint Jannou s'était précipité dans la cour, avec Quintric, et Jaouen.
Le corps du maître fut relevé, malgré l'imminence du danger, par M. Forcés, dont la conduite est digne des plus grands éloges, et dont le nom doit être joint à celui des deux Kerinnec, de M. Provost, de M. Eugène Caradec, etc.

Avec un sang-froid surprenant pour un si jeune enfant, le petit Jaouen, avant sa chute, avait jeté ses vêtements dans la cour ; il s'habillait dans un coin, quand Daniel Kerinnec le saisit, puis le poussa devant lui à travers les décombres en flammes, pendant qu'il portait dans ses bras le corps mutilé du jeune Quintric.
C'est ainsi que se sont passés les faits.
Sur les treize personnes du 2e étage, il y a eu douze victimes, neuf sont morts, trois sont blessés, Leroy, Jaouen et Sénéchal ; on craint pour ce dernier.
Les funérailles des victimes ont eu lieu vendredi, à 2 heures de l'après-midi.
M. Cothereau, secrétaire-général de la préfecture, le sous-préfet de Châteaulin, le procureur de la République et son substitut, l'inspecteur d'académie, l'inspecteur primaire, le lieutenant de gendarmerie, tous les instituteurs de la région, les fonctionnaires de la localité assistaient, au premier rang, à cette lugubre cérémonie. Le petit cercueil, assez grand, hélas ! pour six cadavres, disparaissait sous les couronnes. Dans la nuit de jeudi à vendredi, et jusqu'à l'heure des funérailles, ce cercueil, exposé à l'hospice, dans une chapelle ardente, a été visité par une foule toujours grandissante. Quel spectacle que cette veillée des morts ! Les parents étaient là, venus tous, de près ou de loin, accomplir le devoir suprême ; et les mères, enveloppées dans leurs longs manteaux noirs, pleuraient, avec des gémissements, à genoux autour du cercueil commun. Letourneur qui, de chez Mme Lavanant, avait été transporté chez M. Autret, ancien pharmacien de la marine, est mort dans la nuit du 20, à deux heures du matin. On l'enterre aujourd'hui, à 10 heures. C'est le neuvième qui meurt. Espérons que la liste funèbre est close avec lui. Son père, venu de Ferrières, et arrivé hier soir, n'a trouvé qu'un cadavre, lui qui, se fiant à la dépêche dictée par son fils, pouvait le croire définitivement sauvé.
« Les pertes matérielles sont considérables. L'immeuble est estimé 25.000 fr. et le mobilier scolaire 1.000 fr. Le tout assuré pour 21.000 fr. Les archives de la mairie et du greffe de la justice de paix sont détruites. Quant à l'instituteur, il avait contracté une assurance de 6.500 francs avec la compagnie la France.

Crozon    incendie    école    enfant                   

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 
 
 

 

 

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