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 n° 3569

Tempête destructrice sur la presqu'île.

24/01/1939 

La tempête

[...] SUR LA COTE SUD
A CAMARET, DEUX DUNDEES, UNE GABARRE ET UN VIVIER VIENNENT SE BRISER SUR LA FALAISE

Tout au long de la route, des arbres abattus, des branches arrachées, des poteaux télégraphiques renversés témoignent de la violence du vent.
Ici sur ce chemin qui suit la crête de ia falaise de Camaret à Roscanvel, la bourrasque est plus furieuse encore. Les arbustes se tordent désespérément. Les poteaux télégraphiques déplantés s'agitent rageusement comme pour se débarraser de leurs fils qui les maintiennent par les isolateurs.
Des mâts affleurent la bordure de la dune. Cette nuit, trois bateaux sont venus se jeter sur les roches de Feunteun aod et de Stang-ar-Prat. Combien déjà ont été défoncés en ces lieux ?
Des marins venus là pour suivre les efforts des sauveteurs qui tentent d'arracher le matériel transportable à un engloutissement définitif évoquent les sinistres successifs ainsi causés par la tempête.
On parle depuis bien des années de faire de Camaret un port abrité, mais jusqu'à présent rien n'a été entrepris. Les travaux, dit-on, doivent commencer l'été prochain ; il serait grand temps que l'on se hâte si l'on veut éviter la perte de notre flottille.
« Ces trois-là sont à la côte, mais il s'en est fallu de peu que le nombre fut plus considérable. Plusieurs autres ont également été entraînés par le vent, mais fort heureusement leur ancre a rencontré la chaîne traversière et s'y est accrochée. Ils eussent été eux aussi, sans cette circonstance, infailliblement démolis sur les mêmes rochers. »
Sur la grève, la mer s'étant retirée ce matin, les équipages, aidés par leurs amis, dégagent tout ce qu'ils peuvent des coques disloquées.
Il y a là ceux du dundee mixte Le Crieur et ceux du dundee à voile Smiles. On ne s'occupe guère de la troisième barque car cette gabarre Le Pirate, était désaffectée. Ancrée au fond du port, elle était déjà vide.

300 kilos de langoustes au rivage
Sur le quai, des jeunes gens passent, portant des langoustes sur les bras ou dans des sacs à provision. Qu'est-ce ceci ? Les marins les suivent d'un regard soupçonneux.
La langouste est reine dans ce port spécialisé où l'on sait quelles rudes épreuves il faut subir pour la capturer et où l'on apprécie justement la valeur.
Un vivier appartenant à M. Lautrou a également dérivé pour venir se briser à la côte. Il contenait 300 kilos de langoustes. Les crustacés se sont échappés.
A 40 francs le kilo, la perte est d'importance. Aussi tirant parti de la basse mer, s'efforce-t-on de récupérer le plus grand nombre de crustacés.

Le dundee « Le Crieur »
Le canot de sauvetage de la station de Camaret Taï a quitté son abri et se tient prêt à toute intervention.
En attendant il évolue autour des bateaux et vérifie la solidité de leur amarrage.
Autour du dundee Le Crieur, qui est doté d'un moteur, le propriétaire et patron Victor Rolland s'affaire avec ses hommes.
Il était mouillé non loin du quai, à une quarantaine de mètres du Smiles, plus en retrait vers le fond du port. Vers le milieu de la nuit, lorsque le vent passa de l'ouest au nord-ouest, il commença de chasser sur ses ancres. Il n'eut pas, lui, la chance de rencontrer la chaîne traversière pour l'arrêter et s'en fut heurter les roches de Stang-ar-Prat où il allait finir,.
A présent, abandonné par le jusant, il git là, les flancs crevés, la quille et l'étambot rompus.

Le dundee « Smiles »
Le patron et propriétaire du Smiles, François Vigouroux, est un gaillard solide et trapu. Il vient de mettre fin à ses efforts de récupération et, s'efforçant de dissimuler l'émotion qu'éprouve un marin devant l'agonie de son bateau, nous expose :
Il était mouillé sur deux ancres à une quinzaine de mètres du quai. Pendant un mois, avec mes six hommes d'équipage, nous avions préparé notre départ pour les côtes du Portugal et même pour celles du Maroc si la pêche n'était pas d'un bon rendement.
« Depuis dix jours nous étions prêts. Chacun avait embarqué pour quatre ou cinq mille francs d'engins de pêche. Nous n'attendions plus qu'une accalmie.

« Elle ne se produisit pas, bien au contraire, puisque, entre trois et quatre heures ce matin, le Smiles brisait ses chaines et partait en dérive.
« La nuit était si noire qu'il était impossible de le constater. Mais au point du jour, constatant sa disparition. Je me mis à sa recherche.
« Lorsque je le découvris, la mer était trop haute pour me permettre de l'approcher. Quelque temps après mes matelots vinrent me rejoindre.
« Mais ce n'était que pour constater qu'il était impossible de le renflouer. Lui aussi avait les flancs crevés, la quille et l'étambot brisés. Il ne nous restait qu'à sauver tout ce qui pouvait être emporté : voilure, manoeuvres et engins de pêche.
« A présent tous nos préparatifs d'un mois ainsi que les résultats de notre campagne, qui devait en durer trois, sont perdus. Et voilà six hommes sans ressources.
« Je suis assuré pour 50.000 francs, car il nous est impossible de faire plus, mais la construction d'un bateau comme le mien reviendrait à 200.000 francs. Dans ces conditions on ne peut guère songer au remplacement et ainsi la flottille de Camaret disparait peu à peu. »

La campagne de pêche débutait plus tôt cette année
D'ordinaire, nous dit-on, la campagne de pêche à la langouste commence au début de février. Mais cette année du fait de la médiocrité des résultats en 1938 et de l'épuisement des stocks de réserve, les pêcheurs étant assurés d'obtenir bon prix, surtout pour les premiers arrivages, décidèrent de partir plus tôt.
Cinq départs ont déjà eu lieu à Camaret et si le temps s'était montré plus clément on aurait pu en enregistrer une quinzaine.
L'un d'eux, le Quo Vadis, patron Louis Bruteller, s'est déjà rendu sur les côtes d'Espagne, mais a dû rentrer pour réparer des avaries. Il est reparti pour les mêmes lieux, mais une fois encore la tempête l'a contraint à regagner le port.

Des nouvelles de la Rose effeuillée
La Rose effeuillée, patron Toussaint Mélénec, montée par un équipage de six hommes, est ce dundee de 35 tonnes, qui était parti le 13 courant pour les côtes hispano-portugaises, et dont on était depuis sans nouvelles.
Deux autres dundees, mais qui possèdent des moteurs, Notre-Dame de Rocamadour, patron Vigouroux, et Louis-Raphaël, patron Pierre Bozennec, avaient quitté Camaret à la même époque. Le premier est en relâche à La Corogne depuis six jours. Le second, qui se trouvait en vue des côtes d'Espagne, au large des îles Sisargas, a dû revenir vers Camaret, dans le but de réparer des avaries de gui et de grand'voile.
Comme on restait sans nouvelles de la Rose effeuillée, les familles s'alarmant, M. Porte, l'actif et dévoué administrateur de l'Inscription maritime, en avisa la préfecture maritime qui voulut bien alerter navires et sémaphores.
Ainsi on put apprendre que dimanche à 13 heures, l'Alice Robert a aperçu le dundee naviguant normalement au large de La Corogne, par 43° 24 N et 9° W. On espère donc que dans leur prochaine relâche les hommes de l'équipage pourront faire parvenir de leurs nouvelles.

A MORGAT
Le Breiz Atao doit fuir le temps
Le Breiz Atao, solide bateau de 67 tonnes appartenant à M. A. Le Dé, était, dimanche soir, mouillé près de la jetée de Morgat, à laquelle le retenaient deux solides amarres d'une part et qui, d'autre part, se trouvait maintenu vers l'intérieur du port par deux ancres.
Vers quatre heures du matin, les amarres s'étant rompues, le navire chassait vers la jetée où il se serait fait de sérieuses avaries sans l'intervention de son patron Louis Guéguiniat.
Devant la menace, celui-ci n'hésita pas à sauter à bord, mit le moteur en marche et filant les chaines des ancres par le bout, gagna seul le large.
Tout le reste de la nuit il navigua ainsi à la cape. Vers 9 heures son équipage parvint à le rejoindre. Ils continuèrent ainsi leur manœuvre jusqu'au moment où on fut en mesure de leur procurer chaines et ancres pour revenir vers un nouveau mouillage.
[...]



Camaret    Morgat    tempête    à la côte                   

article issu de : La Dépêche de Brest    

 
 
 

 

 

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