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 n° 985

Disparition des loups en Bretagne.

06/11/1897 

La destruction des loups

A propos de ce loup qu'un chasseur brestois a vu ou cru voir aux environs de Crozon, nous constations l'autre jour que, depuis plusieurs années, les loups avaient entièrement disparu de notre département.
Il n'y a pourtant pas si longtemps encore que ces fauves étaient la terreur des campagnes bretonnes. Malheur aux fermes qu'ils visitaient! Leurs visites étaient aussi désastreuses qu'une épizootie pour les malheureux paysans dont ils décimaient les troupeaux. Et quelles émouvantes rencontres ils menageaient la nuit aux passants attardés! Au coin du feu, les histoires de loups faisaient suite aux histoires de revenants dans le programme des longues veillées d'hiver.
La réalité fut autrefois au moins aussi terrible que les contes.
Pendant les rigoureux hivers du Moyen-âge et même du 16e siècle, on vit plus d'une fois les loups venir chercher fortune en plein jour dans les rues des villes, par exemple à Quimper. Un vieux chroniqueur quimpérois, le chanoine Moreau, rapporte qu'un jour, en 1575, une femme de Kerfeunteun qui venait vendre du lait à la ville fut assaillie et éventrée par les loups près de la porte de la Tourbie, au pied des remparts.
Aujourd'hui, l'espèce est en train de s'éteindre en France, et personne ne songera à la regretter.
Si l'on veut en trouver quelques spécimens, il faut aller les chercher dans les pays de forêts, qui sont leur dernier refuge. En Bretagne, les départements des Côtes-du-Nord, du Morbihan et surtout de la Loire-Inférieure sont les seuls où l'on tue encore de loin en loin quelques loups.
Jusqu'à ces derniers temps, la destruction des loups était réservée par privilège à un personnel spécial, celui des louvetiers.
On les a souvent accusés de ne pas mettre tout le zèle possible à leur tâche ; d'après les mauvaises langues, c'étaient même les louvetiers qui entretenaient les loups, dans la crainte de disparaître avec eux. Quoiqu'il en soit, dans la lutte engagée entre les loups et la louveterie, ce n'est pas à cette dernière que l'avantage final est resté.
En revanche, la destruction a marché vite depuis qu'une loi nouvelle, celle du 3 août 1882 est venue établir un système de primes d'un chiffre relativement élevé. Ces primes sont, en effet : de 150 fr. pour une louve pleine, de 100 fr. pour un loup ou une louve non pleine, de 40 francs pour un louveteau. On considère comme louveteaux les animaux pesant moins de huit kilos.

La prime atteint sa plus forte proportion quand il est prouvé que l'animal tué s'est jeté sur des êtres humains ; elle est alors de 200 francs. Les primes sont payées pour le compte de l'Etat, les constatations nécessaires étant faites par les soins des municipalités.
L'institution des primes a produit tout l'effet qu'on en attendait ; c'est ce que démontrent les documents publiés chaque année par le ministère de l'Agriculture. En 1883, première année de l'application de la loi, 1.316 loups furent tués ; en 1884, on en compta 1.035; en 1885, leur nombre fut de 900 ; en 1890, ce nombre n'était plus que de 461 ; il est successivement descendu à 323 en 1892, à 261 en 1893, à 245 en 1894, et à 249 en 1895. Enfin, en 1896, il n'a plus été que de 171 animaux.
Ainsi, en quatorze années, le nombre des loups tués est descendu de 1.316 à 171 ; il a diminué de près des neuf dixièmes. Le montant des primes allouées, chaque année, par l'État, pour la destruction, a suivi une progression inverse. La destruction des loups avait coûté 104.450 francs en 1883 ; elle n'a plus coûté que 11.490 francs en 1896.
Il est probable que l'accélération ira encore en s'accroissant. En 1896, il n'a été tué qu'une louve pleine, au lieu de 6 en 1895; 73 loups, au lieu de 118; 96 louveteaux, au lieu de 125. Dans certains départements, on ne rencontre plus de loups ; le nombre des départements dans lesquels on en trouve encore diminue d'année en année. En 1896, on a tué des loups dans 10 départements seulement, au lieu de 24 en 1895.
Ce n'est plus que dans quelques régions qu'on en trouve en quantité notable. Ainsi, les deux tiers des loups détruits en 1896 ont été abattus dans six départements, savoir : Charente, 34 ; Dordogne, 23 ; Meuse, 20 ; Corrèze, 13 ; Vosges, 12 ; Haute-Marne, 12. Ailleurs, ce ne sont presque plus que des animaux isolés qu'on rencontre.
En ce qui concerne le Finistère, la dernière prime payée date du 25 mars 1891 ; elle fut versée aux sieurs Salaün, Yves, Guéguen, Jean, Kerboul, François, de la commune de Milizac, pour abatage d'un loup. Depuis lors, un loup est à peu près aussi introuvable chez nous qu'un mammouth de la période antédiluvienne. Celui de Crozon, s'il existe, ne fera pas souche ; la règle n'en sera que mieux confirmée par cette unique exception.

Et dire que les histoires de loups ont effrayé notre enfance ! C'est tout au plus si nos enfants voudront croire à l'existence des loups.

 
Signalons, à ce sujet, le numéro spécial d'Avel Gornog, consacré aux loups, sorti en mars 2012.
 
Crozon    presqu'île    chasse                       

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 
 
 

 

 

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