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s é l e c t i o n   d' a r t i c l e s    d e   l a   p r e s s e   a n c i e n n e

La pêche à la fin
du XIXe siècle

    La pêche en mer est un métier difficile. On connaît les problèmes d'aujourd'hui, régulièrement évoqués dans les médias (quotas, surpêche, prix du carburant...), ceux du XIXe siècle étaient d'une nature assez différente : Théophile Mérour, de Camaret, pourrait vous en parler, lui qui a vu passer un boulet de canon à 15 cm de son visage ! Mais ce n'est qu'un exemple...

   Nous avons sélectionné une quarantaine d'articles qui vous donneront une idée des conditions de travail de l'époque.

Photo J. de Thézac, fonds J. de Thézac/Abris du Marin. Coll. Musée dép. breton, Quimper.



04/10/1876 Comment les femmes du Fret sauvent la vie de leurs maris.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Le Fret. — « Mercredi dernier, une agitation fiévreuse régnait sur les quais du Fret. A 7 heures du soir, le brouillard était si épais qu'on n'y voyait rien à six pas devant soi.

Toutes les femmes des pêcheurs, effrayées du danger que couraient leurs maris, avaient allumé de grands feux de landes sur les quais.

Une quantité de jeunes filles faisaient entendre, en soufflant dans des cornets, un bruit étourdissant. Grâce à ces sages précautions, on n'a eu aucun malheur à déplorer, et l'escadrille sardinière est rentrée dans le port, un peu tard mais saine et sauve, à la grande joie des habitants, avec un complet chargement. »

 


LE FRET. Le quai.

auteur inconnu, source : arch. munic. de Brest, cote 2Fi11754

 
28/09/1887 Canons et sardines : les pêcheurs redoutent les prochains tirs.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. 24 septembre. — Un détachement d'artilleurs à l'effectif de cinquante hommes est arrivé à Camaret pour le tir de la nouvelle batterie de Toulinguet. Le tir n'est pas vu avec plaisir par les marins, qui ont peur que les coups de canon ne chassent les bancs de sardines. On se rappelle que pareilles craintes ont été émises par les pêcheurs du Morbihan à propos du tir de Gâvres.

 


Camaret en 1885, photographié par Armand Peugeot
source BNF-Gallica

 
31/07/1889 Gros dégâts de l'armée sur le matériel de pêche des camarétois.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

Camaret, 29 juillet. — De notre correspondant : [...] « Les pêcheurs de homards ainsi que les pêcheurs de langoustes, contrariés par le mauvais temps, n'ont presque rien pris.

« Les premiers de ces pêcheurs opèrent à l'entrée de la baie de Douarnenez. Ils ont eu beaucoup de leurs aurins coupés par les hélices des torpilleurs qui ont fait cette semaine des simulacres de guerre contre l'escadre du Nord, mouillée dans la baie de Morgat.

« Certains patrons ont perdu ainsi jusqu'à 9 casiers avec leurs agrès. C'est un dommage pour eux d'au moins 60 francs.

BREST. Un torpilleur en marche.
tous droits réservés, photo Holley, source : arch. mun. de Brest, cote 2Fi11542
 
08/02/1890 Les forbans sont encore dans les parages de Camaret.

article issu de : La Dépêche de Brest

 

Camaret. — On écrit le 5 à l'Union agricole :

« Un de nos bateaux de pêche a encore été complètement dévalisé. Il avait dans la journée du 2 mouillé ses engins dans le sud du « Coq », et le 3 avant le jour 14 filets à raies et 3 orins avaient disparu. Ce bateau les a inutilement cherchés toute la journée. Le patron, pensant qu'ils avaient été enroulés et déchirés par l'hélice de la corvette l'Allier, navire des aspirants, qui fait des évolutions dans ces parages, se rendit à bord, mais on lui répondit que le bâtiment n'avait fait aucun arrêt et que son hélice était libre. On a su depuis qu'un bateau étranger à notre port avait été vu dans ces parages, le soir du 2 courant.

Il y a un mois à peine, je vous signalais les mêmes faits, à peu près dans les mêmes parages ; il paraît que nous avons encore des forbans sur nos côtes. »

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08/04/1890 Conflit entre Camaret et l'île Béniguet.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — De notre correspondant : [...] 7 avril. — Je vous ai déjà entretenu des démêlés que nos marins ont avec les habitants de l'île Beniguet, au sujet de la récolte des goëmons-épaves.

La mer est à tout le monde et les marins pêcheurs ont le droit de ramasser partout où ils le rencontrent le goëmon-épave, c'est-à-dire celui qui s'est détaché du fond et s'en va au gré des flots.

Les indigènes ou fermiers de l'île Beniguet ne l'entendent pas ainsi.

Vendredi dernier plusieurs bateaux de Camaret accostaient l'île, vers huit heures du matin. Nos marins se mirent à l'eau et ramassèrent ainsi une dizaine de mètres cubes de goëmon.

Tout à coup survinrent trois insulaires. Deux étaient armés de fusils, le troisième portait un croc à goëmon.

Nos concitoyens reçurent de l'un de ces hommes l'ordre de laisser là leur goëmon et de se rembarquer au plus vite ; sinon, ils n'avaient qu'à prendre garde à eux. Cet homme leur demanda ensuite leurs noms et les prévint qu'il leur ferait dresser procès verbal.

Nos pêcheurs se retirèrent en protestant, quoique l'un d'entre eux conseillât aux autres de ne pas quitter la place.

Que serait-il advenu s'ils avaient tenu tête à ceux qui les troublaient dans l'exercice d'un droit incontestable?

Il me semble que c'est à l'autorité maritime du quartier du Conquet de prendre les mesures convenables pour empêcher un conflit. Si elle n'agit au plus vite, il éclatera certainement.

 


LE CONQUET. Brûleurs de Goémon.
éditions Masson, Brest

 

Quand il ne servait pas d'engrais, le goëmon était brûlé dans des fossés creusés à même la dune pour faire des pains de soude avec les cendres : ... Pour le brûlage, on garnissait le fossé de paille ou de fougères bien sèches, on y mettait le feu en ajoutant des branchages puis, poignée par poignée on « chargeait » avec le varech, et là, entrait le savoir-faire du goémonier : assez de feu mais pas trop afin que l’iode ne se volatilise pas. Petit à petit les cendres s’agglomèrent et forment une espèce de lave... (source : www.molene.fr)

 
23/04/1890 100 filets perdus pour les pêcheurs de Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 20 avril, — De notre correspondant : « La dernière morte-eau s'est terminée vendredi. Pendant cette période, nos pêcheurs ont eu en moyenne 15 fr. à la part. La raie s'est vendue de 2 fr. 50 à 3 fr pièce. Quant aux langoustes, elles ont atteint un prix extraordinaire. On les a vendues jusqu'à 12 fr. pièce. Le cours moyen a été de 5 à 8 fr.

« Un certain nombre de bateaux, qui font la pêche du maquereau avec des filets de dérive, ont mouillé leurs engins dans les parages où étaient placés nos filets à raies.

Ces filets ont été perdus, soit que les pêcheurs de dérive aient coupé les crins pour faciliter leur pêche, soit que les filets à maquereaux aient fait casser ces mêmes crins.

Toujours est-il que le désastre est grand, car une douzaine de bateaux de Camaret ont perdu, à eux tous, une centaine de filets. [...]

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27/08/1890 Camaret. Exportation langoustes d'Espagne interdite.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 24 août. — De notre correspondant : « La pêche de la sardine est toujours aussi pauvre que possible. Le poisson paraît être abondant ; il se lève, mais ne se maille pas. Un bateau a pourtant pris hier soir douze cents sardines, de 5 à 6 au quart. Il a dit aller aujourd'hui les vendre à Brest, les usiniers de Camaret n'en n'ayant pas voulu parce qu'elles étaient trop grosses.

Les homardiers rapportent une quarantaine de crustacés par bateau et par semaine.

Ils les vendent 10 francs les 12. Les pêcheurs de langoustes en prennent en moyenne 30 par bateau et par semaine; mais elles se paient 25 francs les 12.»

« La goëlette Saint-Jean, à M. Sévellec, de notre port, arrivée ici le 22, venant d'Espagne avec des langoustes, a été visitée le même jour par M. le docteur Louboutin et a pris terre hier après ses 24 heures d'observation.

Ce bâtiment ne retournera pas cette année en Espagne. L'exportation des langoustes y étant maintenant interdite jusqu'au 1er avril de l'année prochaine.

Nos navires à viviers vont se rendre sur la côte du Portugal, où ces crustacés sont aussi très abondants, mais généralement moins forts que leurs congénères espagnols. »

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23/04/1891 Disparitions de bouées camarétoises à l'île-de-Sein.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. 21 avril. — On nous écrit :

La campagne de la morte eau, commencée le mardi 14 du courant, s'est terminée aujourd'hui. Elle a été passablement fructueuse puisqu'elle a rapporté 25 francs en moyenne à la part; les langoustes surtout ont été abondantes.

Certains habitants de l'île-de-Sein, où la plupart de nos bateaux se rendent pour faire cette pêche, ne voient pas nos marins d'un bon œil. Ceux-ci attribuent à ces quelques mécontents la disparition des bouées marquant les filets à raies. Un grand nombre de ces flottes ont, en effet, disparu ; mais on ne porte cependant d'accusation précise contre personne. »

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30/04/1891 Conflit Sein-Camaret : explications.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Ile-de-Sein, 28 avril. — Notre correspondant nous écrit :

 

 

Je ne prétends pas réfuter, sans appel, les griefs articulés par les pêcheurs de Camaret contre quelques-uns des habitants de notre île. Il me faudrait avoir pour cela une compétence et des moyens d'enquête, qui n'appartiennent qu'à la justice ou à l'administration maritime.

« Je puis dire cependant que nos pêcheurs sont quelque peu étonnés des soupçons que leurs camarades de Camaret ont pu concevoir à leur égard, et ne sont absolument pour rien dans les accidents dont ils se plaignent.

« S'il arrive quelquefois aux marins de Camaret de ne pas retrouver leurs bouées, n'est-ce pas parce qu'ils sont devenus depuis quelque temps trop hardis et qu'ils s'aventurent trop au large ? Ils jettent parfois leurs filets dans des fonds de quinze ou vingt brasses ; quoi d'étonnant que leurs orins ne soient plus assez longs !

« Enfin, pourquoi veulent-ils que ce soient des pêcheurs de notre île qui leur aient nui ? N'y aurait-il pas, dans les actes dont ils se plaignent, quelque jalousie de métier et les auteurs de ces actes ne pourraient-ils être plus près d'eux ?

« Mais il n'est pas bon, je crois, de m'appesantir sur ce point. Tous nos pêcheurs bretons, de quelque île ou de quelque port qu'ils soient, courent les mêmes dangers, font le même métier périlleux et sont, par conséquent, plus disposés à s'estimer et à se secourir mutuellement qu'à se nuire.

Cela dit, je vais vous parler des pêcheurs de Paimpol [...]

 

ILE-DE-SEIN.  Marie-Augustine (pendant le brûlage du goëmon).
photo J. Villard, Quimper
 
23/06/1891 400 pêcheurs de Crozon embauchés pour la campagne sardinière.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Douarnenez, 22 juin. — Notre correspondant nous écrit : [...]

« On est en plein désarmement des engins de la pêche des maquereaux. Cette opération terminée, on s'armera pour la sardine de rogue.

« Samedi, il est arrivé par les chaloupes de Morgat 3 ou 400 marins-pêcheurs habitant la commune de Crozon. Hier, à midi, tous ces gens avaient trouvé engagement pour la saison de pêche d'été.

« Plusieurs de nos chaloupes sont déjà parties pour les parages du sud, où la petite sardine, a fait, dit-on, son apparition.

 


DOUARNENEZ. Marins s'embarquant.
photo : Francis Hennequin, source : archives départ.

 
16/07/1891 Voleur de langoustes à l'île-de-Sein.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 13 juillet. — On nous écrit : [...]

« Nos bateaux qui pêchent avec filets à raie sont à l'île-de-Sein depuis jeudi 9 courant. Le 10 au soir, la pêche terminée, ils rentraient à l'île pour y passer la nuit. Vers minuit, le nommé Goyat, patron du Finistère, ayant eu occasion de se lever, passa à l'arrière de son bateau pour visiter le panier dans lequel il avait la veille renfermé ses langoustes. Les deux amarres qui retenaient le vivier avaient été coupées et le récipient avait disparu.

Vous jugez de la consternation de ce pauvre homme en voyant son gain de la veille perdu.

« Il était là, maugréant, quand il remarqua un petit canot monté par deux hommes qui venait de la crique dite Le port des Paimpolais. Le canot se dirigeait vers le groupe des bateaux de Camaret qui, tous échoués, ne pouvaient poursuivre le pirate.

Goyat, le voyant accoster le bateau Notre-Dame se mit à crier Au voleur ! En un clin d'œil tous nos hommes furent sur pied. On jeta des pierres aux voleurs qui se sauvèrent en faisant force de rames.

Chaque patron fit bien vite l'inspection de son vivier et finalement on constata que deux avaient disparu. »

 


ILE-DE-SEIN.
collection Villard, Quimper

 
18/08/1891 Le monopole des patrons borneurs de Molène.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 14 août. — De notre correspondant : [...] « Un fait vient de s'ajouter à beaucoup d'autres pour démontrer les inconvénients qu'offre le monopole des patrons armés au bornage dans les petites îles Molène et autres.

« Le samedi 8 courant, M. X. de Camaret, se rendait à l'île Molène. Arrivé assez tard, il ne put retourner par le bateau qui l'y avait amené.

Le lendemain plusieurs patrons-pêcheurs s'offrirent pour le conduire au Conquet, même gratuitement, pourvu que M. le syndic des gens de mer leur en accordât la permission.

Ce fonctionnaire ne demandait pas mieux que de la donner.

Mais l'île a son patron borneur qui ne voulut à aucun prix renoncer à son droit de conduire le passager à la grande terre. Force fut donc à notre concitoyen de verser ses 10 francs au patron borneur.

« Ne serait-il pas préférable de laisser tous les patrons libres de conduire à l'occasion les quelques rares promeneurs qui les visitent ? Ces patrons ne peuvent même pas, dit-on, conduire à terre leur propre famille, sans y être autorisés d'une manière particulière. Il faudrait penser que dans les ports de la côte, nous avons le choix entre tous les moyens de transport maritime, tandis que dans l'île Molène il n'y a qu'un bateau qui puisse vous transporter. Pas de choix. C'est celui du patron Tual, et pas d'autre. Ce patron a formellement défendu au syndic d'accorder aux passagers la permission de se faire conduire par un bateau de pêche. Mais ce patron qui maintient ses droits avec une telle rigidité ne peut sans doute pas vivre de ses transports. C'est encore la pêche qui vient compléter ses moyens d'existence. Mais a-t-il le droit de vendre son poisson ? That it the question. »

 
24/11/1891 Correspondance de pêche.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Douarnenez.

De notre correspondant

 

« Du 19 au 22 novembre, pêche très bonne. Bateaux sortis, 400 par jour. Moyenne de poissons pêchés par bateau : 12 à 15.000. Plusieurs en ont pris jusqu'à 25.000.

Prix moyen par mille, de 7 à 10 fr.
« Les maquereaux à la ligne donnent toujours avec abondance : 7 à 800 en moyenne par jour et par bateau.

Prix moyen du cent, 2 fr. 25 à 2 fr. 50.

« On cite un équipage qui a capturé dans la même journée 80.000 sardines. Il a voulu aller les vendre à Camaret et à Morgat ; mais il n'a pas trouvé d'acquéreur, et est revenu les mettre en sel à Douarnenez.

Le poisson était très fatigué et ne trouvait acheteur qu'aux prix de 1 fr. 50 et 3 fr. le mille. »

 
05/03/1892 Plomodiern : la foule agresse des pêcheurs de Morgat.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Crozon. — On nous écrit :

« Hier, 2 courant, quelques bateaux de Morgat s'étaient rendus à la pointe de Tal-ar-Grip, en Plomodiern, pour y couper du goëmon poussant en mer, c'est-à-dire qu'on peut atteindre à pieds secs et que les marins inscrits ont le droit de couper en toute saison.

« La coupe terminée sans incident, les marins se disposaient à embarquer leur récolte, quand survinrent des riverains, au nombre d'environ deux cents, armés de bâtons, de bêches et surtout de fusils chargés.

A cette vue, nos pêcheurs se rembarquèrent au plus vite pour se mettre hors des atteintes de cette foule, qui s'était déjà emparée des effets déposés sur la grève.

« Ils étaient déjà à plus de cent mètres de la plage, quand une balle vint frapper à la cuisse le nommé Drevillon (Jean), du village de Tréflez.

« Ce jeune homme, qui est âgé de 24 ans, a reçu les soins du docteur Landovard. Le projectile qu'il a reçu n'a pu encore être extrait.

« La gendarmerie informe. »

 


PLOMODIERN. La place Saint-Yves.
photo J. Villard, Quimper

 
17/05/1892 Boulet troueur.

article issu de : La Dépêche de Brest

 

Camaret. — On nous écrit le 15 :

Voile trouée par un boulet. — Le patron Mérour (Théophile), de notre port, a eu sa voile trouée par un boulet qui a passé à 15 ou 20 centimètres de sa figure, pendant le tir qui a eu lieu ici dans le courant de la semaine dernière.

Le patron a reçu six francs pour sa voile trouée.

BREST. Ecoles de marine, tir au canon.
photo : Holley, tous droits réservés, source : arch. mun. de Brest, cote 2Fi11507
16/07/1892 Sauvage abordage douarneniste.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 13 juillet. — On nous écrit : [...]

« Lundi soir, vers 10 heures et demie, le bateau Gazelle, patron Meilard, de notre port, étant à environ 500 mètres nord de la pointe du Gouin, naviguait grand largue tribord amure.

Il aperçoit un bateau à quelques mètres et venant à contre-bord, qui allait l'aborder par le milieu. Meilard met sa barre dessous et vient du lof. Le bateau, sans se déranger le moins du monde, l'aborde par son extrême arrière, lui enlève son gouvernail et brise le tableau jusqu'au ras de l'eau (bateau à cul quarré). Le Douarneniste, car c'en était un, a continué sa route comme si de rien n'était. L'abordé n'a pu relever le numéro du bateau abordeur.

Si celui-ci avait eu, comme le comporte le règlement, son nom inscrit à l'arrière, Meilard aurait peut-être pu le lire. Mais, à Douarnenez principalement, on place le nom et le port d'attache sur les côtés, par le travers du premier banc, si bien qu'il suffit de tourner carrément son arrière pour empêcher de rien voir. Il serait à désirer que l'autorité maritime veillât à ce que ces marques fussent placées à l'extrême-arrière, aux deux côtés de l'étambot.

Pareil fait est arrivé ici il y a peu d'années, mais en plein jour. L'abordé poursuivit pendant quelques heures l'abordeur qui ne présentait à l'arrière, comme tous les autres bateaux de Douarnenez, qu'une surface noire.

« Du reste, cette manière de faire est devenue presque générale : elle n'en vaut pas mieux.

« Ce n'est que grâce à un bateau de Camaret que la Gazelle a pu regagner le port. »

 
28/07/1892 Fête des régates et pêcheurs moroses à Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — On nous écrit : Voici les résultats des régates de Camaret, qui ont eu lieu dimanche : [...]

Le feu d'artifice était fort beau ; il a parfaitement réussi. A certains moments le château paraissait être entièrement embrasé. Le feu semblait sortir par toutes les ouvertures : créneaux, fenêtres, meurtrières, vomissaient des flammes. C'est une fête dont Camaret se souviendra.

— « Nos pêcheurs de sardine ne peuvent guère se mettre en fête, car le poisson ne donne pas du tout. Le jeudi 21, plusieurs bateaux avaient fait des marées de 2 à 5.000 et jusqu'à 10.000 poissons ; mais depuis, on n'en a presque plus pêché.

La sardine prise le 21 était de 6 à 8 au quart ; hier et la veille quelques équipages de Douarnenez ont pêché de la sardine de 18 à 20 au quart. »

 


CAMARET. Spectateurs des régates (probablement en 1903).
photo Henri Duval, source B.N.F.

 
06/08/1892 Massacre de marsouins dans le port de Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret, 4 août. — On nous écrit : [...]

— « Les nombreux baigneurs que nous avons en ce moment à Camaret ont pu assister ce matin à une pêche des plus émouvantes.

« Une dizaine de marsouins prenaient, vers quatre heures, leurs ébats dans notre port. La mer était encore haute.

« Ceux de nos concitoyens qui, par métier, restent à terre : soudeurs, charpentiers et autres sont montés dans des bateaux et se sont mis à la poursuite des cétacés.

« Grâce à la vitesse de leurs nageoires les marsouins échappaient facilement à leurs agresseurs, mais ils n'en restaient pas moins dans le port. On tendit à l'entrée un filet à raies et nos hommes se mirent à l'eau — car la mer avait baissé — armés de gaffes et de harpons.

« Alors commença une véritable bataille. Les hommes s'accrochaient à la queue des marsouins qui les entraînaient avec une vitesse vertigineuse ; mais il n'y avait pas de danger puisqu'il ne restait plus qu'un mètre d'eau dans le port.

Finalement six des monstres marins furent pris. Les quatre petits avaient échappé au carnage en passant à travers les filets à raies. Mais quand ils entendirent les gémissements des grands que l'on saignait au rivage, les pauvres animaux revinrent se faire prendre. Un seul échappa. On le vit, pendant toute la matinée, errer dans le port.

« Les gros marsouins mesuraient 2 m 30 et pesaient de 130 à 150 kilos, les petits n'avaient qu'un mètre de long.

« Je vous laisse à penser si cette chasse avait attiré les curieux. Il y a longtemps qu'on n'avait vu pareil massacre de nos mangeurs de sardines. Car, vous le savez, les marsouins suivent les bancs de ces petits poissons et nuisent beaucoup aux pêcheurs en les effarouchant. Ceux-ci n'auront donc qu'à gagner à l'expédition de mardi. »

 


1892. CAMARET. Rayons du soir, port de Camaret.
huile sur toile de Charles Cottet

 
20/09/1892 Camaret : les usines achètent les sardines à bas prix.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — On nous écrit: « Du 12 au 18 octobre la pêche de la sardine a donné des résultats passables. 45 bateaux sont sortis, la moyenne de poissons pêchés par bateau a été de 13.000.

« Trois usines à sardines fonctionnent à Camaret. Deux de ces usines ont payé 12 fr. le mille, la troisième en a donné 13 fr. Ce sont de très bas prix. Cela vient de ce que ces usines ne prennent pas le quart des sardines pêchées dans nos parages. Il y en aurait une dizaine, qu'elles trouveraient ici assez de poissons pour s'alimenter.

« En ce moment presque tous les pêcheurs de Douarnenez qui sont ici, ne voulant pas vendre au bas prix dont je viens de vous parler, aiment mieux parcourir tous les jours la distance de notre port à Douarnenez, c'est-à-dire 10 lieues ».

 


CAMARET. Le quai.
photo Etienne Bouillé, source : arch. dép. des Côtes-d'Armor, coll. Etienne Bouillé, cote 23 Fi.

 
06/07/1893 Les risques de la pêche à proximité du fort des Capucins.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. 2 juillet. — On nous écrit :

« Du 26 au 2 juillet, pêche faible. Bateaux sortis, 70. Moyenne de poissons pêchés par bateau, 8.000 pour la semaine. Prix moyen par mille 12 francs.

« Vendredi la sardine avait donné d'assez bonnes marées à des bateaux qui étaient sortis par la basse mer.

« Hier beaucoup de pêcheurs se préparaient à faire comme la veille. Déjà 27 bateaux avaient levé la sardine, quand soudain le canon gronde au fort des Capucins. Un boulet vient ricocher parmi ces embarcations et chasse les poissons jusqu'au dernier.

Les patrons se sont empressés de se garer de la ligne de tir. Il fallait voir la désolation de ces marins qui, ayant rencontré la sardine qu'ils cherchaient sans succès avant ce jour, étaient chassés au moment où ils allaient gagner un peu d'argent.

« L'année dernière encore, un bateau de Camaret a eu sa voile traversée par un boulet. Il serait bien à désirer, dans l'intérêt de nos pêcheurs, que l'on changeât l'époque des tirs. Pourquoi ne se feraient-ils pas un mois plus tôt ? Les pêcheurs de Quiberon se sont trouvés, il y a quelques années, dans des conjonctures analogues. Leurs réclamations sont parvenues jusqu'au ministre de la marine qui a, paraît-il, obtenu de son collègue de la guerre, que ces tirs auraient lieu à une époque où la sardine ne se trouve pas sur la côte. »

 


ROSCANVEL. Le fort des Capucins.
photo Jos Le Doaré, Châteaulin

 
06/02/1894 Interdiction de dragage du goëmon rouge dans la rade.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — De notre correspondant :

Le 1er février, la drague du goëmon rouge a été ouverte en rade de Brest; mais les principaux points de la rade où cet engrais était le plus abondant ont été malheureusement interdits aux dragueurs. Le port de Camaret y envoyait chaque année 65 à 70 bateaux qui rapportaient au port de 3 à 4 mille mètres cubes de ce fucus, vendus en moyenne 2 fr. l'un. On se demande ici par quoi cet engrais sera remplacé.

Ce sera certainement pour nos riverains, habitués à compter sur ce dragage, une perte considérable.

On dit ici — mais je ne sais ce qu'il y a de vrai dans cette assertion — que la mesure dont je parle a été prise à la suite d'une plainte des Kerhors (pêcheurs de Plougastel) qui, voyant diminuer le poisson dans la rade de Brest ont attribué le fait au dragage des goëmons rouges.

Il est probable que cette diminution du poisson a d'autres motifs et qu'elle est surtout due à l'emploi de grandes sennes dont les mailles n'auraient pas la dimension réglementaire. Les Kerhors eux-mêmes ne sont pas les derniers à s'en servir.

Quoiqu'il en soit, les pêcheurs de Camaret seraient très reconnaissants à l'administration de la marine, si elle voulait bien rapporter la mesure qu'elle vient de prendre.

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12/02/1895 Hommes de mer républicains, regroupons-nous !

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. — On nous écrit :

« On rit beaucoup ici de la prétention qu'ont certains prêtres du Finistère de vouloir enrégimenter les marins-pêcheurs pour les avoir constamment à leurs ordres et fantaisies, et en faire les humbles servants de leurs desseins politiques.

Quand nous sommes à l'église, nous écoutons les enseignements de nos prêtres, mais en dehors de là, nous entendons avoir le droit de vivre et d'agir comme de libres citoyens et ne point porter leur joug.

Heureusement il existe des lois pour empêcher leur machination antirépublicaine d'aboutir.

Nous, nous n'avons eu garde d'aller chercher des hommes entièrement étrangers à notre métier et à notre vie pour s'occuper de nos intérêts matériels. Nous nous en sommes remis à l'initiative de notre commissaire de l'Inscription maritime, qui connaît, aime et apprécie les hommes de mer, dont il est. Nous avons aidé de toute notre bonne volonté à ses efforts, et c'est ainsi que nous nous sommes rapprochés les uns des autres, sans nous imposer des conditions qui n'avaient rien à voir avec le but que nous poursuivions, celui de nous secourir mutuellement.

Aujourd'hui, notre société fonctionne et nous sommes sûrs d'en tirer grand bien.

Que nos camarades des autres quartiers maritimes fassent comme nous. Là où il y a des sociétés de prévoyance, qu'ils s'y affilient, là où il n'y en a pas encore, qu'ils s'adressent à l'autorité maritime (c'est le mieux) et lui expriment le désir d'en former une.

Le gouvernement est tout entier avec les marins et une note qui vient de paraître dans le Moniteur de la flotte montre qu'il n'a pas vu avec indifférence le zèle de notre commissaire. Cette note est ainsi conçue :

M. le sous-commissaire Marin, commissaire de l'Inscription maritime à Camaret, a reçu des remerciements du ministre, pour les soins assidus qu'il a apportés à la reconstitution de la société d'assurances mutuelles entre pêcheurs dite "La Garantie" dans ce quartier. »

Un patron de chaloupe de pêche.

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16/04/1895 Dragage néfaste du goëmon rouge en rade de Brest.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Pêches maritimes. — Correspondances de pêche.

 

CAMARET. — Une mesure d'humanité, prise par M. le Préfet maritime de Brest, et dont nos riverains semblaient d'abord très satisfaits, a, paraît-il, son mauvais côté.

Je veux parler du dragage du goëmon rouge en rade de Brest qui ne devait se faire que jusqu'au 1er avril et que M. le Préfet a prolongé jusqu'au 1er mai. Deux bateaux de notre port ont pris part ces jours derniers à ce dragage.

Or, au milieu du goëmon recueilli, on trouve de nombreux poissons à l'état de fretin. Donc comme mesure générale et dans le but de la conservation du poisson, il semble que tout dragage devrait être interdit en rade du 1er ou tout au moins du 8 avril au 1er octobre.

 

MORGAT (en Crozon), 10 avril. — Tous nos pêcheurs se livrent à la pêche du goëmon ; aussi la pêche du poisson est-elle nulle.

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04/05/1895 Pêcheurs de contrebande en rade de Brest.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Correspondances de pêche.

 

[...] CAMARET, 2 mai. — Les neuf dixièmes de nos bateaux, nous écrit notre correspondant, sont partis lundi dernier pour l'île-de-Sein avec casiers et filets à langoustes. Le temps restant au beau, il y a lieu de croire qu'ils feront bonne pêche, d'autant plus qu'on annonce que le poisson est, en ce moment, très abondant dans ces parages.

Partout, sur toutes nos côtes, on se plaint de la diminution du poisson de mer. Les pêcheurs de contrebande sont pour beaucoup dans cette disparition. En effet, il ne se passe guère de semaine qu'il n'y en ait quelques-uns de pris en baie de Douarnenez. C'est une preuve que là on veille ; il n'en n'est pas de même dans la rade de Brest, où l'on chalute en toute saison.

 


LE FRET. Arrivée du vapeur aux Roches Noires.

 

Le vendredi 26 avril je quittai Le Fret pour Brest, vers 8 heures du matin, passager sur le bateau qui fait le service entre ces deux villes.

Je remarquai deux bateaux gréés en côtre qui semblaient chaluter à 300 mètres du rivage.

En retournant, le soir, vers 4 h. 1/2, de Brest au Fret, je revis mes côtres du matin qu'un troisième bateau avait rejoints. Tous trois chalutaient. L'un d'eux relevait son filet au moment où nous arrivions en face de lui et nous étions assez rapprochés pour en distinguer les mailles.

Un riverain des environs à qui je faisais remarquer ces abus me répondit qu'il en était ainsi presque en toute saison et à intervalles rapprochés.

Avis à qui de droit.

 
23/07/1895 Disparition des sardines sur la côte de Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET, 18 juillet. — Toujours pas de sardines sur nos côtes. La persistance de ce petit poisson à se tenir éloigné commence à devenir inquiétante.

Et à qui ou à quoi faut-il attribuer ce changement de voie ?

Car la sardine suit maintenant une autre voie que celle qu'elle suivait depuis des siècles.

Quelques personnes pensent que c'est le chalutage près des côtes qui serait seul l'auteur de ce trouble.

Des pêcheurs de Douarnenez, d'Audierne et de Concarneau nous ont tous donné pour cause de ce changement de route la pêche des maquereaux avec filets de dérive.

Ils expliquent que le poisson, empêché de venir vers la terre par le mur flottant fait avec leurs filets, s'éloigne de plus en plus. Il finira par ne plus venir à notre portée. Et comment mettre fin à ce genre de pêche?

J'ai vu, il y a vingt-cinq à trente ans, quelques rôles d'équipage de bateaux armés à Fécamp pour la pêche aux maquereaux. Aux rôles était inscrite la condition que l'équipage s'engageait à faire la pêche à la hauteur des Sorlingues. Mais ces bateaux étaient pontés et faisaient la pêche avec salaison à bord.

Quoi qu'il en soit, ce sera bientôt la ruine complète si la sardine nous fausse tout à fait compagnie.

 

 
26/11/1895 Vol à répétition à Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET, 24 novembre. — [...]

On a soustrait cette semaine, à bord de divers bateaux de pêche mouillés dans le port, des pièces de matériel, tels que câbles (dont un tout neuf au nommé Le Roy (Bernard), et un autre au nommé Chevalier (Théodore), poulies, drisses, lignes, touques à eaux, etc.

Les patrons qui ont été volés ne savent à qui attribuer ces méfaits. Une enquête est commencée et il est à espérer qu'elle en fera découvrir les auteurs.

 

 
16/05/1896 Pêcheurs de Camaret en concurrence.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET. — Voilà la morte-eau terminée. Tous nos bateaux sont rentrés le 9 de l'île-de-Sein.
Comme cela arrive presque toujours, il y a de grandes différences entre les gains de chaque bateau.
Certains équipages n'ont reçu que 12 fr par homme, tandis que la part de chacun a atteint, chez d'autres, 70 à 80 fr. La moyenne est d'environ 30 fr.

On a perdu peu d'engins ; mais que de peine on a eu et quels dangers on a affrontés!

Il ne s'agit plus aujourd'hui de rester près des côtes. Quiconque veut gagner le pain de sa famille doit aller faire connaissance avec les marées de Beg-Meil. C'est de rigueur pour nos marins de Camaret. Celui qui va le plus loin est presque assuré de faire la meilleure pêche. Nos pêcheurs cherchent l'un l'autre à se devancer. Car, tandis que celui qui est resté proche de terre n'a rien pris, de plus audacieux ont trouvé jusqu'à douze langoustes dans le même casier. Les langoustes se vendent 21 fr, la douzaine.

 
18/06/1896 Début de la pêche à la sardine (et des tirs) à Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET. 15 juin. — Nos bateaux sardiniers ont ouvert la pêche aujourd'hui. Les résultats ont été bien faibles ce matin. Une demi-douzaine de bateaux seulement sont venus à terre avec 2 à 3.000 sardines, de 10 au quart, qui ont été vendues de 12 à 15 fr. le mille.

La rogue est très chère et fait presque défaut au port. Une seule maison en possède et la vend 62 fr. le baril ; encore faut-il que le patron s'engage à apporter sa sardine à l'usine de M. Fouché.

Comme je viens de vous le dire, la pêche à la sardine débute aujourd'hui dans notre port et demain un tir à la mer aura lieu à la batterie du Portzic. Les boulets viendront tomber aux endroits même où se trouve en ce moment la sardine, et il est à craindre qu'elle ne soit ainsi chassée, dès son arrivée.

La semaine prochaine, ce seront les batteries de Toulbroc et du Minou qui lanceront leurs projectiles en plein lieu de pêche.

Le comité chargé d'établir la liste des époques de tir de chaque batterie ne pourrait-il faire exécuter les tirs des batteries de Toulbroc, Minou et Portzic en mai, ou tout au moins avant le 10 juin, comme cela se fait pour Camaret, Capucin et Cap-Trémet ?

On sait, quel intérêt prend l'Etat à l'industrie des pêches maritimes. Il rendrait certainement un grand service à nos pêcheurs en déplaçant l'époque des tirs qui ont lieu dans nos parages. 

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04/07/1896 Morgat et Douarnenez : plus de sardines pour les usines.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

MORGAT (en Crozon). — Le 30 juin, pêche de la sardine de rogue. Bateaux sortis : 45 environ. Moyenne de poissons pêchés par bateau : 2 à 3.000. Prix moyen du mille : 10 francs.

Les pêcheurs de Morgat et de Douarnenez se sont entendus pour ne plus vendre aux usines la sardine qu'ils prennent. Ils espèrent ainsi en faire monter le prix. Il paraît même que les Douarnenistes ne veulent plus actuellement pêcher ce poisson.

 


MORGAT. Le séchage des sardines.
photo Jos Le Doaré, Châteaulin

 
07/07/1896 Pas de rogue à Douarnenez pour les morgatois.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Morgat, en Crozon. — Le 4 juillet, [...] une partie des bateaux de Morgat n'ont pu sortir pour la pêche de la sardine à cause du manque de rogue, les Douarnenistes les ayant empêchés d'en prendre dans les magasins de ce port.

 

 
06/10/1896 Sardines à Camaret : les usiniers paient de moins en moins.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET, 3 octobre. — La pêche de la sardine ne donne presque rien depuis la tempête du 25 septembre. Du reste, depuis 4 à 5 semaines, nos pêcheurs font à peine leurs frais. Ce n'est pas que le poisson fasse défaut, mais nos usiniers trouvent qu'ils en achètent toujours trop et le paient suivant leur bon plaisir.

La rogue étant très chère (68 fr. le baril), pour ne pas perdre d'argent, le pêcheur ne peut en user que faiblement. Aussi n'est-il pas surprenant que le poisson ne se maille pas, comme il le ferait s'il était mieux amorcé.

Les usiniers se sont cependant décidés à payer 10 fr. le mille. Cela va être un bon encouragement pour nos pêcheurs et les excitera à la besogne.

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20/03/1897 Coupeurs de goëmon crozonnais : condamnation au Tribunal.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Audience du 18 mars 1897.

[...] — Comparaissent ensuite pour avoir coupé du goëmon en temps prohibé :
1° Moysan (Joseph), de Morgat ; 2° Moysan (Joseph-Marie), du Bouis; 3° Moulin (Louis), de Treflez; 4° Palud (Yves), du Bouis; 6° Palud (Pierre-Marie), du Bouis; 6° Guivarc'h (Pierre), du Bouis; 7° Guivarc'h (Joseph), du Bouis; 8° Moysan (Yves), de Tréflez; 9° Drévillon (Jean), de Morgat; 10° Drévillon (Pierre), de Tréflez; 11° Boussard (Jean), de Morgat; 12° Ménesguen (Laurent), de Morgat; 13° Béchennec (Alain), de Morgat; 14° Kermel (Jean-Pierre), de Morgat; 15° Lescop (Pierre), de Treflez; 16° Guéguéniat (Joseph-Marie), de Kerbasguen; 16° Provost (François), de Kerbasguen, tous marins-pêcheurs de la commune de Crozon, et 17° Brusq (Gabriel), 18 ans, cultivateur à Kerguiliguy, en Plonévez Porzay.

Tous ces inculpés sont condamnés à 25 fr. d'amende, avec sursis, moins Joseph Moysan père, qui ne bénéficie pas de la loi Bérenger, ayant déjà subi une condamnation.

François Provost a été acquitté comme ayant agi sans discernement et remis à ses parents.

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23/06/1897 Grève des patrons-pêcheurs de Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Grèves dans les ports de pêche*

Le port de Camaret a actuellement 47 bateaux armés pour la pêche de la sardine. Cette pêche fournit aux équipages autant de poissons qu'ils veulent.

En revanche, les usiniers leur en donnaient ces jours derniers un très bas prix.

Les pêcheurs ne prenaient qu'environ 10.000 sardines par bateau et par sortie et ils n'en obtenaient que 2 à 5 fr. le mille. Qu'ont-ils fait ? Ils se sont réunis pour former un syndicat et sont restés en grève jusqu'à lundi. Ils sont sortis ce jour-là parce que les usiniers ont promis une amélioration de prix, sans toutefois préciser.
Le maximum à pêcher par bateau a été fixé à 8.000 sardines.
Une chose qui a fort mécontenté les pêcheurs, c'est que deux usines ont supprimé la petite goutte d'eau-de-vie qu'on leur donnait après la livraison des sardines. Ces pauvres gens, après avoir passé toute la nuit sur leur bateau, se trouvaient bien de ce réconfortant. On espère que cette mesure ne durera pas.

Le bureau directeur du syndicat de Camaret est composé comme il suit : M. Martin (Amédée), maire de Camaret, et M. L'Espéron, commissaire de la marine à Camaret, présidents d'honneur ; MM. Morvan (Yves), président; Le Fur (Olivier), vice-président ; Belbéoch (Toussaint), Belbéoch (Joseph), Marsin (Jean), Morvan (Auguste), Graveran (Jules), Téphany (Bernard), Ferrec (Joseph), et (Guéguinou (Jean-Marie), assesseurs; Raoul (Louis), secrétaire- trésorier.



CAMARET. Vue du port à marée basse.
photo Holley, tous droits réservés, source : arch. mun. de Brest, cote 2Fi11560

 

* il y a des grèves au même moment dans les ports du Guilvinec, Audierne, Concarneau...

 
02/07/1898 Abondance de sardines, baisse des prix.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET (30 juin). — Nos bateaux sardiniers, au nombre d'une cinquantaine, sont armés depuis une huitaine. La pêche n'est pas forte. Chaque bateau rapporte en moyenne par jour 8 à 10.000 poissons qui se vendent 5 francs le mille. Quoique la pêche de nos équipages soit comme on le voit médiocre, les usines reçoivent plus de poissons qu'elles n'en désirent. Une centaine de bateaux de Douarnenez sont dans nos parages et pourvoient nos établissements au point qu'ils doivent parfois leur refuser de la sardine ; mais ils ne refusent jamais celle qui a été prise par les bateaux de Camaret.

Ceux-ci ne font qu'une sortie par jour.

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15/07/1898 Mise au point de camarétois au sujet de la grève des pêcheurs.

article issu de : La Dépêche de Brest

 

La grève de Camaret

Nous recevons les deux lettres suivantes, que notre impartialité nous fait un devoir d'insérer et dont nous laissons toute la responsabilité à leurs auteurs :

Camaret, le 13 juillet.

Monsieur le rédacteur en chef,

Vos articles d'hier et aujourd'hui à propos de la grève des pêcheurs contiennent des erreurs trop grossières pour qu'elles aient pu passer inaperçues de la grande majorité de vos lecteurs.

Que ces erreurs soient dues à l'ignorance de votre correspondant en matière de pêche ou à une faute d'impression, je crois qu'il est utile de les rectifier, ne serait-ce que pour ne pas prêter à l'équivoque, car il faut tenir compte que beaucoup de personnes sont peu au courant des conditions de la vie maritime.

Votre journal donnait hier le prix de 2 fr. 50 comme représentant la valeur d'un baril de rogue, tandis que cet appât se vend ici 52 fr. le baril.

Aujourd'hui votre feuille dit que « les usiniers ne veulent pas payer la sardine plus d'un franc le mille. » Mais votre correspondant ne sait donc pas que c'est épouvantable ce qu'il fait là. C'est ameuter les pêcheurs contre l'usinier ; c'est mettre le feu aux poudres et c'est un mensonge, flagrant.

On aimerait vous entendre dire que c'est une faute d'impression.

La vérité est que les usiniers n'ont rien offert aux pêcheurs. Le prix s'établit généralement à l'arrivée des bateaux. Le jour où les grévistes seront décidés à reprendre la mer, le prix qui leur sera offert sera peut-être supérieur à celui qu'ils réclament. Il peut être aussi inférieur, cela dépend de bien des circonstances, toujours à prévoir dans cette circonstance.

Ce que je puis dire sans crainte d'être démenti, c'est que, tout en reconnaissant que la situation actuelle est loin d'être brillante pour le pêcheur, celui qui prend chaque jour une moyenne de 6 à 7.000 sardines, même au bas prix de 4 et 5 fr. le mille, peut se tirer d'affaire.

Ceci s'applique au marin camarétois qui, lui, jette beaucoup moins de rogue que ses confrères des autres ports. C'est un fait indéniable.

L'amélioration du sort des pêcheurs sardiniers, on ne saurait trop le répéter, dépend surtout du relèvement de l'industrie des conserves, et celle-ci, on ne doit pas l'ignorer, subit en ce moment une crise dont on ne saurait prévoir la fin.

Agréez, monsieur le rédacteur en chef, l'assurance de ma parfaite considération.

Un de vos lecteurs.

 


CAMARET. Le quai Toudouze.
photo J. Villard, Quimper

 

Camaret, le 14 juillet 1898.

Le chômage des bateaux sardiniers de Camaret continue et il n'est pas du tout question que l'une des parties doive céder. Les patrons sont convaincus qu'ils ne peuvent que perdre de l'argent en livrant leurs sardines au-dessous de cinq francs le mille. Les usiniers savent cela aussi bien que les patrons, puisqu'ils ont eux-mêmes des bateaux qui font la pêche, mais ils tiennent quand même à avoir le poisson au dessous du prix de revient. Cependant, ici, toutes les personnes impartiales disent que les patrons pêcheurs se montrent raisonnables en demandant un minimun de cinq francs. Quant au prix de la rogue, on vous a dit qu'elle était à 2 fr. 50 le baril et elle coûte 54 fr..., avec pêche très inégale.

Un patron pêcheur.

 
19/07/1898 La pêche à la sardine à Camaret : les conditions de la grève.

article issu de : La Dépêche de Brest

 

La grève de Camaret

 

La grève de Camaret continue, et l'on peut estimer à 6.000 francs environ les pertes de salaires qui en ont résulté, jusqu'ici, pour les ouvriers et les ouvrières employés dans les sardineries.

Ce conflit affecte un caractère particulier. Il ne s'est pas élevé, en effet, comme il arrive d'ordinaire en cas de grève, entre le capital et le travail, ou, si l'on aime mieux, entre l'employeur et le travailleur, mais très exactement entre le fabricant et le fournisseur de matière première, c'est-à-dire entre producteurs. Producteurs, il est vrai, à des titres divers et disposant de moyens fort inégaux.

Ce différend a de plus une origine qui en favorisera le renouvellement périodique si l'on n'y prend garde.

Les pêcheurs de Camaret, en effet, se plaignent du bas prix auquel les usiniers leur achètent leur pêche de sardine et ceux-ci déclarent ne pouvoir, avec la meilleure volonté du monde, la payer davantage.

Les premiers ne veulent point la céder à moins de cinq francs le mille et prétendent contraindre les usiniers à la payer toujours ce prix. Leurs adversaires estiment qu'ils ne peuvent pas accepter un tarif fixe et que cette marchandise, comme toute autre, doit subir la loi de l'offre et de la demande.

Les uns ont raison et les autres n'ont pas tort.

 

 

Si l'on examine de près cette situation inextricable, en apparence, voici ce que l'on trouve.

A Camaret, l'on rencontre parmi les pêcheurs deux classes bien distinctes. L'une est composée de patrons-pêcheurs, presque toujours propriétaires et armateurs de leurs barques, et qui ont à couvrir des frais assez importants : amortissement et entretien du bateau et des engins de pêche, et achat de l'appât, de la rogue — on sait qu'elle coûte de 52 fr. 50 à 54 fr. le baril.

A côté d'eux se placent les marins-pêcheurs. Leur part est égale pour chacun à 1/12 du produit de la vente de la pêche et celle du mousse à 3/4 de part. Or, il faut compter par barque en moyenne trois hommes et un mousse.

D'un autre côté, au rebours de ce qui se passe en certains ports, les usiniers à Camaret ont toujours considéré comme une obligation d'acheter toute la pêche qui leur était présentée et quels que fussent les besoins de leur fabrication. Il se présente donc pour eux des périodes où ils acquièrent plus de poisson qu'ils n'en peuvent ouvrer — d'où une perte sèche — et où, d'autre part, ils accumulent à leurs risques et périls un stock important de conserves.

Mais ce n'est pas là tout.

Par suite d'une de ces raisons que la science n'a encore pu pénétrer, la sardine qui hante les abords de Camaret a, depuis quelques années, diminué de taille ; en sorte que si l'usinier, autrefois, avec huit poissons remplissait une boîte, il n'atteint plus le même résultat qu'en employant douze sardines. Autrement dit, si 1.000 poissons suffisaient à la préparation de 125 boîtes de conserves, le même nombre de sardines suffit à peine maintenant à la fabrication de 85 boîtes. Or, le prix des conserves n'a pas augmenté, au contraire. Enfin, durant les grosses chaleurs de l'été, le poisson se gâte si vite que, si un pêcheur, pour gagner du temps débarque sa pêche au Toulinguet, par exemple, le voyage, trois kilomètres environ, de ce point à Camaret, sera suffisant pour que la moitié de la cargaison se corrompe et soit inutilisable.

Établissons-nous le compte du bénéfice de chaque patron-pêcheur, nous le voyons se réduire à peu de chose. Supposons une pêche moyenne de 7.000 sardines, au prix moyen de 3 fr. 50 le mille, nous constaterons un rapport brut de 24 fr. 50. Trois matelots à 1/12, soit 2 fr. 0416 ou, en chiffres ronds, 2 fr. 05 = 6 fr. 15; un mousse à 3/4 de part = 1 fr. 50; soit, pour l'équipage, 7 fr. 65. Ajoutez à ces dépenses les frais d'achat de la rogue, d'entretien et d'amortissement du bateau et des appareils, — nous ne nous montrerons pas généreux en les estimant à 10 fr., — et vous trouverez une dépense totale de 17 fr. 65, pour une recette de 24 fr. 50, soit un bénéfice net de 6 fr. 95.

Si, encore, la sardine donnait toute l'année. Mais non. On ne la pêche que durant cinq mois de l'année. Calculez alors à quoi se réduit le bénéfice d'un patron. Et nous ne tenons compte, là, ni des risques de mort inhérents à la profession, ni des risques de maladie ou d'infirmité.

On m'objectera que, pendant les sept mois de l'année durant lesquels ils ne pêchent pas la sardine, les Camarétois vont pêcher le homard, parfois jusqu'aux environs de Belle-Ile. Mais c'est là une pêche hasardeuse, aussi coûteuse que l'autre et moins rémunératrice.

Voilà brièvement exposés les éléments du conflit. Est-il un moyen de le régler ? Nous n'avons pas qualité pour trancher la question, ni pour préconiser, en présence d'intérêts si légitimes et si contradictoires, autre chose qu'une mutuelle bonne volonté.

Il nous semble, cependant, qu'une des causes de la grève résidant dans l'achat du poisson au mille, on pourrait, peut-être, éviter bien des conflits à venir, si l'on prenait la résolution de l'acheter et de le vendre au poids.

 

  Dépêche du 21/07/1898 : La fin de la grève. — La grève des sardiniers a pris fin hier matin, à la grande satisfaction de tous. Depuis, chaque bateau pêche en moyenne de 5 à 6.000 de sardines, vendues à 5 fr. le mille.

 
10/08/1898 Pêche de la sardine : appât trop cher et concurrence déloyale.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET. — La pêche de la sardine est loin de donner de brillants résultats. Cela vient sans doute de ce qu'on ménage l'appât coutumier. Le baril de rogue, qui habituellement ne suffisait pas pour huit jours, dure aujourd'hui une quinzaine.

Il s'en suit que quelques équipages seulement prennent par jour 6.000 à 10.000 sardines. Les autres n'en capturent que un à quatre mille qu'ils vendent 4 fr., 4 fr. 50 et 5 fr. le mille.

Pour complaire aux usiniers, notre syndicat avait fixé à 10.000 le nombre maximum de sardines que chaque bateau pouvait prendre par marée. Mais un de ces usiniers élude les conventions faites, en achetant leurs poissons à quelques équipages de Douarnenez qui viennent ici avec des marées de 12.000 à 15.000 sardines. Ces équipages sont, il est vrai, peu nombreux; mais ils commettent là une véritable forfaiture vis-à-vis de leurs camarades.

La plupart des patrons-pêcheurs de Douarnenez qui fréquentent notre port sont enchantés de voir l'entente qui règne entre les patrons de Camaret, au sujet du prix de la sardine. Ce prix n'est pas très élevé, il est vrai, mais il nous a coûté d'assez longs chômages.

Le syndicat va essayer de poursuivre ceux qui éludent le règlement.

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01/03/1899 Au sujet des filets d'un bateau d'Audierne trouvés en mer.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Camaret. - Épaves. — Le patron du bateau de Camaret qui a recueilli les filets du 1402, d'Audierne, proteste contre les dires des journaux qui ont imprimé qu'il avait trouvé dans ces engins pour 40 fr. de maquereaux. Il a, dit-il, tiré des filets en question un cent de maquereaux, lesquels n'étaient plus vendables, et il les a partagés entre l'équipage. Lorsque les filets ont été sauvés, les sauveteurs ignoraient qu'ils provenaient d'un bateau perdu corps et biens. Il a fallu toute une journée pour les débrouiller et les porter au loin pour trouver une place où l'on pût les faire sécher et les ramasser ensuite. Les hommes avaient estimé entre eux qu'une somme de 30 francs n'était pas de trop pour toute cette peine.

Après explications du patron Priol et l'offre de 12 fr., les sauveteurs ont accepté cette somme.

Dans un cas de perte totale comme celui-ci, s'il est admis que le patron aurait dû remettre les engins sans demander une rémunération quelconque, il doit être également admis dans tous les autres, que si les pêcheurs des ports voisins veulent que l'on recueille leurs filets égarés, ils paient les sauveteurs.

Nos patrons perdent aussi parfois des engins de pêche dans des parages fréquentés par les bateaux des ports visés ci-dessus, mais ils attendent encore que quelqu'un de ces patrons leur annonce qu'ils ont recueilli un de ces engins.

 


AUDIERNE. Remontée des filets.
photo J. Villard, Quimper

 
18/03/1899 Où sont les experts en sardine ? A Paris bien sûr !

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Les experts en sardine

Sous ce dernier titre, le Voltaire raconte un fait qui s'est passé sur nos côtes et qui va prochainement faire l'objet d'une question au gouvernement lorsque viendra la discussion des recettes des douanes :

Il s'agit d'un pêcheur de Groix, M, Baron, patron du dundee Clovis, qui entrait dernièrement dans le port de Saint-Nazaire avec un chargement de 180.000 sardines, qu'il avait prises dans les parages de Douarnenez. La douane de Saint-Nazaire, on ne sait pourquoi, estima que ces sardines pouvaient bien être d'origine espagnole, et voulait confisquer la cargaison. Toutefois, en présence des protestations de Baron, on se contenta de lui faire signer un papier dont il ne comprit pas l'importance, étant illettré. Par cet acte, Baron s'en remettait du soin de reconnaître la provenance exacte de sa pêche à trois experts de Paris.

Ce fut une véritable comédie. On expédia à ces experts quelques douzaines de sardines et gravement, ces messieurs, après avoir examiné d'un œil méfiant ces poissons suspects, les avoir palpés, retournés, soupesés, les firent rôtir, frire et bouillir et l'examen juridique se termina par une dégustation dans les règles. Après déglutition parfaite et un moment de recueillement, les trois augures décidèrent que les sardines étaient espagnoles. Copie de cette décision fut envoyée à Saint-Nazaire où Baron ahuri offrit de faire entendre tous ses camarades qui avaient vu le Clovis tirer des bordées de Morgat à Douarnenez, de Camaret à la pointe du Raz, et lui en personne, à son bord, halant, draguant, chalutant. Rien n'y fit.

Il eut beau essayer de faire comprendre à cette impitoyable douane que la sardine est en si grand quantité sur les côtes de Bretagne, qu'elle se vend à peine quatre ou six sous le cent, et qu'il aurait subi une grande perte en consacrant une semaine au voyage en Espagne, il fut condamné par le juge de paix de Saint-Nazaire à 125 francs d'amende plus le paiement des droits qui montaient à 1.250 francs; les frais de procédure s'élevaient à 50 francs. Le chargement fut, en outre, confisqué mais laissé à Baron pour une somme de 2.825 fr.

Baron ne comprit rien à cette condamnation ; pour en finir, il paya la somme de 1.325 francs montant de l'amende, des droits et des frais ; puis mettant à la voile, il partit se croyant enfin quitte avec le Trésor.
Hélas ! Baron n'en était qu'au commencement de ses tribulations. A quelque temps de là, ayant débarqué sur le quai du port de La Rochelle, il fut harponné par deux gendarmes et conduit en prison en vertu d'une contrainte par corps, dont la durée est d'un an pour le non-paiement de la somme de 2.825 francs, valeur estimée de son chargement de poisson.

Nous ne saurions douter une minute de la bonne foi des experts qui ont causé tous ces malheurs, mais nous sommes obligés de convenir que rien ne ressemble plus à une sardine espagnole qu'une sardine française qui nous arrive des eaux d'Espagne ou peut-être même des eaux américaines.

C'est ce que nos pêcheurs bretons appellent la sardine « d'Annhor » ou sardine du large dont on ne connaît pas la provenance. Et alors pourquoi ne pas admettre ce pauvre Baron à faire la preuve de l'origine de son poisson ?

Mais non, il était écrit que Baron serait ruiné, mis en prison pendant un an pour être allé vendre à Saint-Nazaire, des sardines prises à Douarnenez et que sa femme et ses enfants resteraient pendant ce temps sans ressources.

Il est vrai que le fisc est satisfait. Force est resté à la loi.

Les experts avaient dit que les sardines étaient espagnoles.

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12/10/1899 Accumulation d'ennuis sur les pêcheurs camarétois.

article issu de : La Dépêche de Brest

 

Camaret

La pêche. — Voici venue la saison où nos pêcheurs sardiniers, si peu favorisés cette année, pourraient, si la pêche était plus abondante, se dédommager du temps perdu et de l'argent dépensé en appât.

Les prix, en effet, se sont sensiblement relevés. La semaine dernière, on a payé la grosse sardine de 16 à 20 fr. le mille et 10/12 francs la petite. Malheureusement, on n'en prend que de faibles quantités, et encore les pêcheurs sont-ils bien ennuyés à cause de la diversité des moules.

Qu'ils mettent un grand filet dehors, et ils ont deux chances contre une de lever du petit poisson. Si au contraire ils jettent à l'eau un filet de petites mailles, ils sont à peu près sûrs de voir apparaître du gros poisson.

Mais là ne finissent pas leurs ennuis.

Cette année la mer est infestée de vilaines bêtes : marsouins, pieuvres, appelés communément minards, poissons voraces qui suivent les bancs de sardines et les effraient au moment où celles-ci vont donner dans le filet, ce qui oblige le marin à abandonner sa pêche.

Par surcroît, il y a encore sur les lieux de pêche, et en quantité innombrable, des petits crabes très plats qui, étant généralement à fleur d'eau au lieu d'être sur le fond comme leurs congénères, ont la spécialité de déchiqueter les filets à sardines, que ceux-ci contiennent peu ou beaucoup de poissons.

Comme on le voit, la déveine poursuit de toutes façons le pauvre sardinier.

Hier, beaucoup de bateaux de Douarnenez sont venus ici avec petite pêche. Il régnait un calme plat qui les a empêchés de gagner leur port.

 


 
22/11/1899 Invasion en Finistère de pieuvres peut-être sûrement anglaises.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Sur le littoral - Les pieuvres

Nous avons suivi leur invasion des côtes d'Angleterre sur la côte française — les Anglais, semble-t-il, n'ont que des cadeaux de cette sorte à nous octroyer. —

Elles sont venues sur la côte normande d'abord, puis sur les Côtes-du-Nord, et petit à petit sur la côte finstérienne, qui s'étend de Roscoff à l'Ile Vierge. Voici maintenant que les pieuvres contournant l'Ouest du littoral ont franchi le chenal du Four et sont descendues jusqu'à Camaret, menaçant d'envahir la baie de Douarnenez et toute la mer du sud-Finistère. Notre correspondant de Camaret, nous informant des faits de pêche importants du port, nous annonce que la dernière morte-eau a été avantageuse pour les pêcheurs de raies, mais qu'elle aurait été bien meilleure sans le fléau des minards ou pieuvres qui abondent sur la côte. Ces bêtes immondes s'attaquent à tout. La raie prise dans un filet, le homard, la langouste et même les crabes pris dans le casier sont souvent dévorés au moment de la levée des engins.

Pendant la pêche à la sardine, qu'on peut aujourd'hui considérer comme finie, certains patrons ont aperçu des pieuvres de dimensions étonnantes. Quelques-unes avaient des tentacules de 1 m. 50 de long.

Deux ou trois en ont vu collées à des marsouins bien vivants. Il y a quelques jours, à 150 mètres du môle de Camaret, des promeneurs virent un énorme marsouin de 2 m. 50 de longueur environ, tout blanc, sauter à trois reprises consécutives hors de l'eau. Il avait une pieuvre collée près de la tête.

Comme la pieuvre est excessivement sensible au froid, il est à souhaiter que l'hiver soit assez rigoureux pour abaisser la température du flot tiède qui baigne la Bretagne.

Sinon, nos côtes méridionales, jusqu'à présent préservées du fléau, seront à leur tour envahies et la pêche de l'an prochain fort sérieusement compromise.

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17/12/1899 Banc de sardines échoué à Landévennec.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Landévennec, 14 décembre. — Un banc de sardines a été découvert ce matin, complètement à sec, par des habitants de la localité. Ils n'ont eu que la peine de se procurer des paniers et de recueillir les poissons, de fort belle taille, au nombre de 8.000 environ.

Il y a beaucoup de marsouins dans la rivière. Tout porte à croire que ce banc de sardines, poursuivi et serré de près, précisément au moment de la pleine mer, s'est précipité sur le rivage et y est demeuré, en partie du moins.

Cette circonstance, de mémoire d'homme, ne s'était jamais présentée ici.

Elle tend à démontrer qu'en ce moment encore l'Aulne, à cet endroit du moins, est peuplée de sardines, et qu'elles y vivent tranquillement à l'abri des engins des pêcheurs, sinon de la cité des marsouins.

 

 
27/12/1899 Méthode douarneniste pour voler les sardines aux camarétois.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET, 21 décembre. — On nous écrit: Nos patrons ont, depuis une quinzaine de jours, renoncé à chercher la sardine de rogue ; ils sortent chaque soir avec des filets de dérive ; cette dernière pêche est très irrégulière. Certaines soirées donnent jusqu'à 12.000 à quelques bateaux, mais, la plupart du temps, ils ne rapportent que des douzaines, et les plus heureux de 2 à 600. Le poisson se vend à raison de 16 fr. le mille.

Des bateaux de Douarnenez viennent ici chaque jour avec de la sardine pêchée en rade de Brest. Leur présence est cause de la baisse des prix qui étaient, avant leur venue, de 22 à 25 fr. Personne ne proteste. C'est la liberté de l'offre et de la demande, et ce serait bien, s'il en était de même chez les Douarnenistes. Mais il s'y passe tout le contraire.

Il y a un mois, le bateau l'Arche-d'Alliance, de Camaret, patron Sévellec, se rendit à Douarnenez pour y vendre 15.000 sardines pêchées dans notre baie; il fut reçu à coups de pierres et prévenu que, s'il vendait sa sardine en ville, on la jetterait à la mer. Grâce à l'intervention d'un sieur Cornic, le patron Sévellec put mettre sa sardine en paniers et l'expédier par la voie ferrée sur les places de l'intérieur.

Voilà comment les Douarnenistes entendent la liberté.

Il en est de même en pêche. Lorsque l'un de nos patrons lève le poisson — du moins en cette saison — dix bateaux se jettent sur lui, lancent leurs filets à un mètre du sien et parfois même dessus ; ils prodiguent alors la rogue à pleines mains pour attirer le poisson dans leurs engins.

Un de nos patrons nous a raconté que, surpris ainsi par une foule de Douarnenistes qui était tombée sur lui, il dut mettre deux de ses hommes à la préparation de la rogue ; il n'avait ainsi qu'à la lancer toute hachée et ce ne fut qu'à ce prix qu'il conserva la sardine près de son filet. Il n'est plus retourné en rade de Brest. C'est ainsi que les « Anglais de la pêche », comme on appelle ici les Douarnenistes, restent maîtres du terrain, ou plutôt de la mer.

 
06/07/1901 Sardines : trop de bateaux à Camaret.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

CAMARET, 4 juillet. — La pêche à la sardine, pratiquée ici par 55 bateaux de notre port et une centaine de Douarnenez, ne donne, en général, que de faibles résultats. Lundi, ils avaient une moyenne de 3.000. Le mardi, chaque bateau n'avait pas plus d'un mille et hier 1.500 environ ; aujourd'hui, la pêche a été de 2 à 3.000.

Cette pénurie de sardines n'empêche pas le prix de la rogue d'augmenter et le prix du mille de descendre.

Ce dernier résultat n'est pas surprenant.

Malgré cette pêche minime, les quatre usines sont, en effet, bien vite débordées par le grand nombre de bateaux de Douarnenez qui arrivent proposer leurs sardines. Les usiniers de Douarnenez qui manquent de poisson n'ont qu'à venir s'installer à Camaret, où la sardine donne généralement plus qu'ailleurs. Elle donnerait encore bien mieux, si le prix de vente était rémunérateur.


CAMARET-SUR-MER. Les bateaux de pêche au mouillage dans l'anse de Pen-Hir.
photo J. Le Doaré, Châteaulin

 
26/07/1902 Pêche de la sardine quasiment nulle partout.

article issu de : Le Finistère (Quimper)

 

Pêches maritimes. — Correspondances de pêche.

Toutes les correspondances que nous recevons nous signalent comme nulle ou à peu près nulle la pêche de la sardine.

Au Guilvinec, partie des pêcheurs désarment pour pêcher la sardine de dérive, qu'ils estiment devoir être plus productive.

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L'article ci-dessus est le premier d'une longue série annonçant

pour l'hiver suivant la famine sur tout le littoral sud de la Bretagne.

 


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Question anti-robot
: quel est le jour de la semaine avant mardi ?


 

Bravo d'un Argolien malouin !
H. Gourmelen

 

 

 

 

 

 

 

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