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Les villages de la presqu'île

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18 article(s) cite(nt) le village de Kerloc'h, en Camaret

 


Pour retrouver un article dans son contexte chronologique, cliquez sur son numéro.

Des pêcheurs attaquent les garde-jurés de Camaret. 01/02/1888   
  n° 452

Gazette bretonne - Finistère

Camaret, 30 janvier. — Notre correspondant nous écrit : Notre port vient d’être doté de gardes-jurés. Ceux-ci n'ont pas tardé à se faire connaître aux maraudeurs.
Hier soir, deux de ces gardes, Barbu et Morvan, étaient avisés qu'un chaluteur de Douarnenez, mouillé dans la baie de Dinan, attendait la nuit pour se livrer à la dégradation des fonds.
Nos gardes se rendirent à l'anse de Kerloc'h, y prirent un petit canot et se mirent en route.
Dès qu'il fit nuit, le bateau qui appartient aux douanes se dirigea vers les pêcheurs au chalut. Les agents les accostèrent à 6 heures.
Les fraudeurs, surpris, se laissèrent prendre assez facilement. Mais pendant que le canot retournait à Kerloc'h, il fut rejoint par le bateau qui venait d'être pris en faute.

Les gardes furent sommés de rendre le filet. Les voiles furent amenées, et les hommes du bateau se disposaient à passer dans le canot en menaçant de le couler. L'un des gardes avait embarqué à tout hasard un vieux fusil à pierre ; il s'en arma et dit au patron de Douarnenez que le premier de ses hommes qui ferait mine de passer sur son canot était un homme mort. Sur cette menace, les marins de Douarnenez poussèrent au large.
Les gardes-jurés n'ont que le numéro du bateau ; ils n'ont pu obtenir ni le rôle ni nom du patron. Le commissaire de Camaret dû écrire aujourd'hui à son collègue de Douarnenez pour obtenir les renseignements à l'effet de dresser procès-verbal. 

Camaret    fait divers    pêche                          

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

Inspection d'académie : travaux à faire dans les écoles du Finistère. 16/10/1894   
  n° 949

L'enseignement primaire dans le Finistère

(4e article).

M. l'inspecteur d'académie signale ensuite, dans son rapport, en regrettant d'y être obligé, les communes qui, « malgré l'insistance réitérée de l'administration, ne font rien pour transformer un état de choses aussi préjudiciable à la santé des enfants et des maîtres qu'au bon fonctionnement des classes et aux progrès des élèves. »
Voici cette regrettable nomenclature : Mahalon, qui ne possède aucune école publique; Plogonnec, qui deux fois déjà a refusé de délibérer sur un projet de reconstruction de son école en ruines; Lanriec, qui ne veut pas s'occuper de son école de filles du Passage; Crozon, dont l'école de Kerloc'h devra être interdite.
[...]
« Il est, dit ensuite le rapport, une question sur laquelle on ne saurait trop souvent rappeler l'attention des municipalités : à savoir l'entretien des immeubles scolaires et des réparations qu'il est nécessaire d'y faire de temps à autre si l'on ne veut pas qu'à un moment donné de gros travaux deviennent indispensables qui grèveraient autrement le budget communal que ne peuvent faire les dépenses d'un entretien rationnel. »

Des réparations urgentes s'imposaient, en février 1894, aux écoles de vingt-trois communes. Un certain nombre de ces réparations ont été faites depuis cette époque. D'autres sont devenues nécessaires. « Il est vraiment regrettable de voir, poursuit le rapport, que, faute de soins et de quelques travaux peu coûteux, des écoles même de construction récente, telles que celles de Saint-Fiacre (Le Fret) et de Saint-Laurent, en Crozon, ou celle de Hellan, en Saint Hernin, et un bon nombre d'autres ne tarderont pas à tomber au niveau des écoles les plus inhabitables du département.
[...]
Le rapport signale, pour terminer ce chapitre, les communes encore trop nombreuses qui se soustraient à l'obligation de blanchir, chaque année, leurs salles de classe. Il ne s'agit plus ici seulement d'une question de propreté et de bonne tenue des écoles. Si la nécessité de blanchir tous les ans les murs des salles de classe a été imposée aux communes, c'est qu'il y va de la santé des enfants qui sont appelés à vivre dans ces salles, et qu'il est urgent qu'on ne laisse pas s'accumuler, aux fentes des parquets et aux parois des classes, les germes de maladies dangereuses.  

Crozon    école    santé                          

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

Apprendre la mer dès l'école primaire. 03/12/1898   
  n° 844

L'enseignement professionnel maritime à l'école.

Un arrêté ministériel du 20 septembre 1898 prescrit que dans les écoles de garçons du littoral, il sera institué un cours spécial de leçons de choses appropriées à la profession du marin et du pêcheur. La liste de ces écoles a été dressée et la répartition mensuelle du programme de ces leçons a été approuvée par le conseil départemental. La sanction de cet enseignement dans le cours moyen sera une composition écrite obligatoire à l'examen du certificat d'études primaires. La note obtenue par les candidats sera ajoutée à celles des épreuves orales, comme cela a eu lieu cette année pour l'agriculture et le dessin.
A dater de ce jour, le nouvel enseignement est donc devenu obligatoire, dans les écoles du littoral appartenant aux communes dont les noms suivent :

Concarneau ; Lauriec (Le Passage) ; Moëlan (Brigneau); Clohars-Carnoët(Douëlan) ; Douarnenez ; Tréboul ; Pouldergat (Pouldavid ) ; l'île de Sein ; Cléden-Cap-Sizun ; Plogoff ; Primelin ; Audierne ; Plouhinec (Poulgoazec) ; Penmarch (Kerity et Saint-Guénolé) ; Le Guilvinec; Treffiagat (Léchiagat); Plobannalec (Lesconil); l'Ile-Tudy; Landévennec ; Crozon (bourg de Kerloc'h, Le Fret, Saint-Hernot, Saint-Laurent) ; Roscanvel ; Camaret ; l'île-Molène ; Locquirec; Plouézoch ; Plougasnou (Kerénot) ; l'île-de-Batz ; Carantec; Henvic; Locquénolé ; Ouessant.
 



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presqu'île    école    pêche    navigation                      

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

Discours de M. le sous-préfet à la distribution des prix (Crozon). 05/08/1899   
  n° 1013

Gazette bretonne - Finistère

Crozon. — Nous donnons ci-dessous le texte du discours prononcé par M. Duval, sous-préfet de Châteaulin à la distribution des prix aux élèves des écoles de Crozon :

[...]
Ah ! je le sais, en imposant pour tous le devoir et l'obligation de s'instruire ; en décrétant que l'instruction primaire serait donnée gratuitement à tous les enfants du peuple, le gouvernement de la République a imposé de ce fait, - moins que personne je puis l'ignorer, des charges nombreuses et souvent très lourdes. Ces écoles qu'on a élevées partout sont notre orgueil à nous républicains et partant hommes de progrès.
[...]
« Pour assurer à tous et gratuitement l'enseignement primaire, les communes, disais-je tout à l'heure, doivent faire face aujourd'hui à de lourdes dépenses.
S'il reste encore, nous le savons, quelques lacunes à combler, quelques améliorations que le défaut de ressources n'a point encore permis de réaliser à Crozon, beaucoup a été fait et je dois en remercier votre municipalité. Au lendemain d'une catastrophe dont j'ai encore personnellement le souvenir et dont la douloureuse impression n'est surtout point près de s'effacer dans les cœurs des habitants de Crozon, au lendemain d'un deuil épouvantable, la construction de ce vaste groupe scolaire où nous sommes aujourd'hui en fête, a été entreprise. Le nombre des enfants qui y sont reçus est aujourd'hui tellement considérable que l'administration a dû prier la municipalité de se préoccuper de son agrandissement dès que ses ressources pourront le lui permettre.
« En raison de l'énorme étendue de la commune de Crozon, des dépenses nouvelles se sont imposées pour permettre d'assurer la fréquentation scolaire.

« Vos hameaux de Saint-Fiacre, de Saint-Laurent, de Saint-Hernot et de Kerloc'h ont été dotés d écoles. Ces deux dernières écoles ont dû, en raison du nombre élevé des élèves qui les fréquentent, être tout récemment dédoublées.
« Si je vous rappelle cette situation, ces résultats déjà obtenus, c'est afin de me donner l'occasion, Messieurs, d'en tirer les conclusions qui en découlent tout naturellement. Le nombre croissant des enfants qui fréquentent les écoles communales témoigne à votre municipalité combien les dépenses qu'elle a consenties pour la construction et l'amélioration de ses locaux scolaires répondait à un besoin urgent ; les résultats obtenus doivent être pour elle la meilleure récompense de ses sacrifices et un encouragement précieux pour réaliser ce qui peut être encore utile pour compléter cette œuvre.
« Cette nombreuse fréquentation m'amène ensuite à féliciter les parents de comprendre ce qu'on a appelé le « Devoir scolaire ». Que les mères de famille qui m'écoutent me permettent de leur rappeler que c'est à elles le plus souvent, dans cette commune où elles restent à la maison pendant que le père va au péril de sa vie arracher à la mer et disputer aux flots sa pêche qui doit assurer le pain de la famille, c'est à elles à veiller à ce que leurs enfants fréquentent assidûment et régulièrement l'école ; que celles-là manqueraient grandement à leurs devoirs qui ne feraient pas le nécessaire pour que leurs enfants apprennent aujourd'hui ce qui leur sera nécessaire demain pour devenir aptes à remplir le rôle qui doit leur échoir dans la société.
[...]  

Crozon    école                              

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

Une carabine en cadeau pour l'école de Crozon. 01/05/1902   
  n° 1283

Libéralités.

CROZON. — M. Pia, directeur du Grand-Hôtel de Morgat, vient de faire don au Comité de tir scolaire de Crozon d'une nouvelle carabine Flobert.
MM. Kervern, notaire à Crozon, Chevreuil, percepteur, et Humbert, médecin à Camaret, se sont fait inscrire comme membre bienfaiteurs de la Société de tempérance fondée à l'école de hameau de Kerloc'h et ont respectivement versé dans la caisse de cette Société les sommes de 5 francs, 2 francs et 1 franc.

 

Crozon    Camaret    école                          

article issu de : Bulletin pédagogique des instituteurs et institutrices du Finistère (Quimper)    

 

 

 

Saint-Pol-Roux : le père Noël de Camaret. 28/12/1909   
  n° 1599

Une légende réalisée

LE PÈRE NOËL à CAMARET
Un événement sans précédent, de style légendaire, accompli avec une audace héroïque, a eu lieu le jour de la Noël, à Camaret.
Le Père Noël y est apparu, et avec quel formidable succès ! De mémoire d'homme, assurent les vieilles gens, on ne vit à Camaret pareille affluence, enthousiasme analogue.
Dès l'aube les fidèles, se rendant à la basse messe, furent littéralement stupéfaits de voir les murailles de la cité et des villages avoisinants recouverts d'affiches bleues ainsi libellées :

CÉLESTOGRAMME DU PERE NOEL
aux enfants des écoles de Camaret

Mes chers enfants, apprenant votre souhait de ma venue en vos écoles le jour qui porte mon nom, je souscris avec joie à ce vœu gracieux. Donc, prière à vous tous, filles et garçons, de m'espérer sur le quai — chacun une branche de pin, de houx, de laurier, de tamaris ou de genêt à la main — vers trois heures un quart de l'après-midi, ce présent samedi vingt-cinq décembre de l'an mil neuf cent neuf, chiffre de mon âge. Ma hotte merveilleuse sur l'échine, j'arriverai par mer, par terre ou par ciel. Gloire aux enfants de Camaret !
LE PÈRE NOËL


La matinée
On devine la joie folle des enfants, joie d'ailleurs ressentie par les parents : on allait donc voir enfin le bonhomme Noël sortir du pays des rêves avec sa hotte à jouets !
Vive le Père Noël !
Tel est le cri qui court aussitôt à travers Camaret, et bien que l'arrivée ne doive se produire que l'après-midi, les yeux interrogent tout de même la colline, la mer, l'espace... Car enfin, par où se présentera le personnage mystérieux, si cher à nos petits anges d'ici-bas ?
Les groupes se font de plus en plus compacts. L'anxiété des enfants redouble de minute en minute. Voyez-vous qu'il prenne fantaisie au Père Noël de devancer l'heure ? Mais non, le Céleste bonhomme est, paraît-il, d'une exactitude rigoureuse — parce qu'il n'a pas d'autre montre que le soleil qui, lui, ne se dérange jamais, même quand les nuages s'en mêlent.
Or, il fait un vrai temps de féerie.

Sur le quai

A partir d'une heure et demie, c'est la cohue des grands jours. Le quai Gustave Toudouze regorge de monde. Écoliers, écolières, pupilles, fermiers, militaires, pêcheurs, fonctionnaires, officiers, gardiens de batterie, dames chapeautées à la mode ou bien en coiffe de fête forme un ensemble joliment bariolé. On me désigne tout récemment nommé délégué cantonal, le nouveau commandant de la côte sud, le constructeur Kéraudren, le docteur Imbert, le lieutenant Troadec, et tant d'autres personnalités du pays.
Allant et venant, les enfants foisonnent, à se croire dans le Royaume des Gosses. Tous ils tiennent, qui une branche de sapin, qui un rameau de buis, comme une entrée à Jérusalem. Sur les bras maternels, les bébés, intrigués, ouvrent des yeux grands comme des étoiles. A deux heures et demie, survient l'avalanche des gars et des filles de Kerloc'h, dont on applaudit les hauts branchages. On se sent électrisé. Quelques institutrices et instituteurs exhortent leurs élèves, mais allez commander à l'enfance déchaînée. Les uns courent vers un point, les autres vers un autre point du quai, selon qu'ils présument que c'est par ci ou par là que va se montrer le Père Noël. Il en est qui interrogent l'Océan, alors que certains préfèrent — dame ! par ce temps d'aéroplanes ! — sonder le ciel.

L'Apparition
Tout à coup, c'est une formidable explosion de clameurs et une ruée générale vers le bord du quai.
On vient d'apercevoir là-bas, sur la mer, doublant le sillon du château Vauban, une barque et, à l'arrière de cette barque, les yeux puissants des écoliers ont vite fait de découvrir... qui ?
Lui !... Le Père Noël !...
Eh oui donc, le bon Papa Noël debout, appuyé sur une palme, sa longue barbe blanche se détachant sur l'azur des flots qu'éclaire un soleil d'été.
On dirait que le soleil veut voir aussi.
Vive le Père Noël !...
Assurément, ces acclamations formidables parviennent aux oreilles du voyageur deux fois millénaire, encore loin cependant, car on le voit agiter sa palme.
L'effet est simple et grandiose, et dans quel incomparable, décor !
Peu à peu s'avance la barque, et elle fait bien, car si elle devait tarder trop, la marmaille serait très capable de se précipiter à sa rencontre à la nage.
Je jette un coup d’œil sur le quai. A ce moment, il éclate de monde, des grappes humaines occupent les fenêtres, les bateaux amarrés aux organeaux ont aussi leur contingent de curieux, tous agitant des branches.
— Vive le Père Noël !
L'instant prend une allure solennelle.
Un frisson d'art passe sur la multitude. La simplicité biblique de cet avènement émeut violemment les femmes, qui volontiers se signeraient. Devant les frémissements des bébés tendant leurs menottes, les sceptiques eux-mêmes subissent la grandeur du tableau; et si quelques mauvaises langues s'apprêtaient à médire, sans nul doute sont-elles rentrées déjà dans leur taupinière.
Sans savoir de façon absolue, on pressent toutefois que cette barque porte un cœur qui doit chérir Camaret jusqu'à l'adoration.
Maintenant, on distingue davantage, et l'on peut reconnaître, entre une poupée et un tambour, un beau polichinelle de soie brimbalant ses bras au rythme des avirons et dominant la hotte d'or du Père Noël, toujours droit à la poupe de la barque, qui répond par des gestes très anciens aux très jeunes vivats de la terre.
Vive le Père Noël !

Débarquement du Pére Noël
Le canot accoste à la petite cale. Alors, c'est le déchaînement le plus extraordinaire auquel il soit permis d'assister, tandis que les deux vigoureux rameurs font descendre avec précaution leur extraordinaire passager, dont les doigts chargés de bagues rares tremblent comme des feuilles.
Ah ! qu'il est vieux ! lance un vieux marin dans le brouhaha des gosiers; bien sûr qu'il a plus de mille ans !...
Impossible au Père Noël d'avancer. Le remous des vagues le mord aux chevilles, mais n'a-t-il pas devant lui une mer autrement mouvante — une mer humaine ? Tout le monde, grands et petits, veut approcher l'étrange Apparition, dont la robe de bure s'écarte pour laisser voir une tunique azur aux avant-bras d'orfroi. En dépit de leurs maîtres, venus souhaiter la bienvenue au vénérable ami de leurs élèves, ceux-ci s'accrochent au Père Noël, débordé et littéralement traîné par l'heureuse marmaille aux hurrahs étourdissants, sur le quai, où la petite Marie-Ange Le Hir et d'autres fillettes lui offrent des bouquets...
Honneur au Père Noël !...
Ah ! les enfants tiennent pour de bon le personnage de leurs rêves, et ils ne le lâcheront point !
Tous les rameaux s'agitant, le Père Noël semble se trouver dans une forêt fantastique.
Jamais monarque n'eut réception plus magnifique.
M. Guéguinou, maire de la commune, qui, en qualité d'ancien professeur des lycées de l’État, connaît à merveille les enfants, et qui, jusqu'ici, n'a pas jugé à propos d'intervenir — car il sentait pertinemment que c'eût été provoquer une révolution enfantine — déclare le moment opportun de faire pratiquer une coupe sombre dans la forêt et ménager une haie par son fidèle garde-champêtre, aidé de personnes de bonne volonté. Cela permet au Père Noël de gagner une estrade hâtivement dressée, d'où il va pouvoir haranguer un public subjugué, fasciné, qui n'est pas encore revenu de sa surprise.

Les civières merveilleuses
Avant de parler, Père Noël esquisse un geste magique, et la foule voit inopinément surgir du Styvel, drapeau en tête, un cortège de cinq civières croulantes de tous les jouets imaginables, et suivies d'un attelage contenant des appareils de gymnastique.


Disons tout de suite que les joujoux sont destinés aux classes enfantines, et que les agrès seront ainsi partagés :
Un gymnase complet, chapiteau hêtre, 3 m. 50 de haut, à l'école des garçons, dirigée par M. Edy; une balancelle, monture en chêne, avec gondoles à deux places, et une balancelle, monture en hêtre, à une place, à l'école des filles, directrice Mme Lucas; plus une balancelle devant servir aux deux classes annexées de Mme Oulhen et de M. Trellu.

Harangue
Mais le Père Noël parle, et l'on s'aperçoit vite que le vieux bonhomme à la voix cassée s'exprime superbement, à la manière des poètes. Écoutons :

Ce que j'apporte à ces marmots, garçons et filles ?
Des jouets façonnés par les anges du ciel : Poupées, fifres, tambours, après, ballons et billes.
Et ce bonhomme ancien, c'est le Père Noël.

J'arrive du pays des naïves légendes
Où la neige éternelle habille les sapins
Pour apporter la Joie aux enfants de ces landes
Où les menhirs sont habités par des lutins.

Tour à tour, je m'épands, selon la destinée,
A travers la bourgade et la ville en sommeil,
Je pénètre par l'huis ou par la cheminée,
Et l'enfant me bénit quand survient son réveil.

Car j'ai laissé dans l'âtre, où guette une étincelle,
Le bonheur dont l'enfant rêve en cette saison,
Sous l'aspect d'un poupard ou d'un polichinelle,
Et mon joujou fait rire toute la maison.

Oui, mon devoir est d'égayer tous les fronts roses
Et de garder leurs yeux du fleuve amer des pleurs.
Je diffère pour vous, petits, les soirs moroses.
Assez tôt vous saurez la liste des douleurs.

Elles viendront plus tard ces terrestres épreuves
Ou l'on va, des serpents embarrassant les pas.
Vous verrez les soucis rouiller vos âmes neuves,
Vous connaîtrez la peine et subirez Judas.

Rappelez-vous alors la puérile aurore
Que traversait l'ancêtre à la hotte de ciel,
Et vous retrouverez votre sourire encore
Dans un jouet venu jadis du vieux Noël.


Le cortège s'ébranle enfin, et c'est un multicolore défilé de joujoux se rendant, à travers places et rues, aux classes enfantines, où la distribution aura lieu par les soins de Mme Saint-Pol-Roux, assistée de Mmes Oulhen et Gourmelon : poupées, instruments de musique, ménages, panoplies, tirs, toupies, automobiles, moutons, et tous les animaux de l'Arche de Noé.
C'est ici, au surplus, que le Père Noël videra sa hotte, tandis que les appareils de gymnastique filent vers les classes supérieures. Le partage opéré, les trompettes, tambours, cymbales, fifres ocarinas, castagnettes, etc., s'unissent dans un charivari comme on en entend rarement.

Adieux
Mais l'heure passe, et le canot attend le Père Noël, qui s'est dit demandé le soir même dans un petit village d'Amérique.
Non sans distribuer paquets de tabac et de carotte à chiquer aux pêcheurs sur son passage, accompagné par l'orchestre improvisé, voici le Père Noël qui va s'embarquer, malgré les enfants qui veulent à toutes forces le retenir.
Le bonhomme montre sa hotte vide à ses petits camarades.
Hélas !... Voici ses dernières paroles :

Je retourne au pays de la froide avalanche.
Adieu, mes chers mignons, vous ne me verrez plus !
Gardez bien la mémoire de la barbe blanche
Du rare pèlerin qui date de Jésus.

D'autres filles et gars, là-bas, parmi le monde,
M'espèrent, les yeux vifs ainsi que des bijoux ;
Puisqu'il faut qu'aujourd'hui l'on s'amuse à la ronde,
Laissez-moi leur porter mon tribut de joujoux.

Regagnez le foyer où votre aïeule tremble
Et dites-lui qu'aussi je souris aux vieillards.
Dites à tous enfin que sur eux tous ensemble
J'ai posé le divin baiser de mes regards.

Je n'ai pas oublié, paysans, vos chaumières,
Car j'ai béni trois fois leurs prochaines moissons ;
Je n'ai pas oublié, pêcheurs, vos barques fières,
Car j'ai mis dans ces flots des milliards de poissons.

Ainsi, petits et grands, soyez en allégresse,
Tous ayant votre part dans mon passage bleu.
Souvenez-vous de moi comme d'une caresse.
Adieu, Camarétois, — je vais vers le bon Dieu !


Départ
Adieu ! Père Noël ! Adieu !
L'émotion est indescriptible. Pour cacher leur chagrin, un enfant tape à tour de bras sur son tambour, alors que celui-ci vide ses joues roses dans un long clairon et que celui-là tire un « couic » du ventre d'un polichinelle à ressort.
Cinq heures un quart. La barque s'éloigne, au milieu des regrets unanimes. Papa Noël agite sa palme lentement, puis la laisse tremper dans les flots, pour la relever ensuite pleine de gouttes qui tombent, telles des larmes.
— Adieu ! Père Noël ! Adieu !
Et l'on voit la longue barbe blanche s'éloigner vers la chapelle de Notre-Dame de Rocamadour puis se fondre peu à peu. tel une boule de neige; tout là-bas, derrière la cale Vauban, s'élève une interminable clameur de reconnaissance.
— Vive le Père Noël !!!

Un Poète
Ainsi s'effaça, dans le mystère du soir, l'exceptionnelle vision que savent seuls évoquer et que peuvent seuls se permettre les poètes — car il est temps de le dire, et de le dire tout bas, pour que les enfants n'entendent pas — le Père Noël n'était autre que le poète Saint-Pol-Roux, grand ami des Camarétois et délégué cantonal auprès des écoles de Camaret. C'est à ce dernier titre qu'il a voulu, quittant sa chère solitude, et bravant l'ironie toujours si commode, réjouir de la paternelle et radieuse figure du Père Noël les enfants dont il a assumé le délicieux parrainage.
Et vous verrez que cette vision unique et sans lendemain persistera dans les mémoires.
Plus tard, les vieux conteront cette histoire à leurs descendants : Il était une fois une barque enchantée...
D'ores et déjà, des petiots, à leur réveil, doivent dire à leurs parents :
« Pauvre Papa Noël... il est bien loin sur la mer à présent... Pourvu qu'il n'ait pas froid... Pourvu qu'il n'ait pas faim !... »
Et les petites mains envoient sans nul doute au Voyageur regretté le baiser des petites âmes attendries.
Albert MAUGER.  

Camaret    fête    enfant                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Camaret au secours de Paris. 30/01/1910   
  n° 1595
La Seine est en crue à Paris. C'est du jamais vu : elle déborde les quais et envahit plus de 20.000 immeubles. Les eaux des égouts se répandent partout... une véritable catastrophe...
Par l'entremise de Saint-Pol-Roux, Camaret se souvient de l'aide de Paris lors de la famine de l'hiver 1902/1903, et lance une souscription.

Les inondations de Paris

[...]
A Camaret
Nous recevons le télégramme suivant :

Camaret, 29 janvier.
Le poète Saint-Pol-Roux prend à Camaret l'initiative immédiate d'une souscription pour les inondés de Paris.
Voici télégraphiquement le premier versement :
Famille Saint-Pol-Roux : 100 fr.
Ecole de filles : 25 fr.
Ecole de garçons : 20 fr.
André Batany : 2 fr.
Mme Moreau : 3 fr
Berrou, gendarme : 1 fr.
Les listes sont présentées au public.
Demain, quatre troncs populaires seront placés place de l’Église, place Saint-Thomas, quais Toudouze et Kerloc'h.
Les marins camarétois n'oublieront pas les frères parisiens. Je vous enverrai les versements ultérieurs.
SAINT-POL-ROUX.

 

Camaret    Paris    secours                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Acte de courage d'un cantonnier de Crozon. 18/10/1910   
  n° 1620

La Région Bretonne

CAMARET
Acte de dévouement.
— Samedi, vers trois heures de l'après-midi, un attelage, sans conducteur, descendait au galop la route de Kerloc'h.
Voyant le danger couru par les personnes montant la côte, M. Joncour, cantonnier à Crozon, se jeta résolument à la tête du cheval et réussit à arrêter l'animal, après avoir été traîné sur un assez long parcours.
Nous adressons à M. Joncour, qui n'en est pas, paraît-il, à son premier acte de dévouement, nos sincères félicitations, et souhaitons qu'il obtienne la récompense qu'il a si bien méritée.

 

Camaret    fait divers                              

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

L'œuf hebdomadaire de Kerloc'h. 23/02/1915   
  n° 2094

Chronique locale

Dette de gratitude
Je suis bien en retard — et je m'en excuse grandement — pour l'accomplissement de la partie la plus agréable de ma tâche. Je voudrais réunir autour de moi tons ceux qui, chaque jour, m’encouragent par leurs conseils, leurs dons, leurs lettres embaumées de charité, leurs cartons vibrants de patriotisme et dire à ces amis connus ou inconnus quelle reconnaissance émue je leur garde pour le bien qu'ils m'aident à faire. Ils ont un idéal pétri de générosité et de tendresse et c'est à eux que doit aller la gratitude de nos chers soldats.
[...]
Merci aux agents du service actif des douanes de Crozon dont le capitaine m'adresse 31 francs pour les blessés (remis à la Dépêche pour l'hôpital centralisateur).
Merci aux institutrices de Kerloc'h, en Camaret, qui m'ont transmis la souscription de leur école sous une forme très originale, très touchante aussi. Comme les élèves, filles et garçons, de ce patelin ne sont pas riches, les maîtresses ont eu l'ingénieuse idée de demander à chaque enfant un œuf par semaine. Et voilà comment, l'autre jour, je suis arrivé très fier à l'hôpital centralisateur de la rue Danton avec une caisse d'œufs frais qui ont dû chatouiller agréablement le palais des malades et blessés. Cette œuvre de l’œuf « hebdomadaire » n'est, paraît-il, qu'à son début. J'ai cru bon de la signaler aux autres communes rurales qui n'ont que de faibles ressources.
[...]
Je passe, sous silence la remise d'objets séparés. Ils sont trop. Les donateurs me permettront de les remercier ici en bloc. Chacun a mis de ses doigts et de son cœur pour aider nos prisonniers à ne pas avoir froid.


Les maisons d'alimentation de la place ne pourraient-elles pas nous envoyer des andouilles, du jambon fumé, de « petites » boîtes de conserve, du fromage dit « tête de mort », du sucre, du pain recuit des pruneaux, figues, amandes, noix, pour aider aussi ces malheureux à ne pas mourir de faim dans les geôles allemandes ? Ces dons en nature nous permettraient de ménager notre capital et d'étendre le nombre de nos assistés.
[...]
Dr CARADEC.

p. s. — M. Ducroquet, sergent à la 32e compagnie du 219e d'infanterie (cantonnement du Conquet). — Reçu hier vos cinq chaudes couvertures et vos chandails pour les prisonniers. Merci, mon brave. Seulement, ces objets seraient peut-être plus désignés pour les soldats du 219e que j'essaie en ce moment de ravitailler en chaussettes et en couvertures.
M'autorisez-vous à faire ce virement ?


 

Crozon    Camaret    Brest    secours    guerre    école              

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Poursuite enragée de Morgat à Kerloc'h. 18/11/1916   
  n° 2258

Nouvelles départementales

CROZON
Méfaits de la rage. — Jeudi dernier, M. Lannou, médecin-major, en convalescence à Morgat prévenait la gendarmerie que son chien venait d'être mordu par un autre chien qu'il croyait enragé. Peu après, Mme Roudot, cultivatrice à Kervéron, venait dire que le même chien venait de mordre au naseau sa jument d'une valeur de 1.500 francs.
Les gendarmes se mirent aussitôt à la recherche de l'animal enragé, et apprirent qu'au village de Kerguillé il avait mordu trois vaches et un chien. L'ayant découvert près d'un tas de paille à Goulien, ils lui tirèrent des coups de revolver.


Blessé, le chien bondit, voulut mordre le cheval du gendarme Monfort, et prit la fuite à travers champs ; en sortant du village il mordit un chien et une vache ; arrivé sur la route de Camaret, au bas de la côte de Kerloc'h, il rencontra trois vaches qu'il mordit également.
Finalement, il se réfugia dans une maison du village de Kerloc'h où le gendarme Jeanne lui tira un coup de fusil et l'acheva d'un coup de fourche.
Après autopsie, le chien a été reconnu atteint de la rage ; son propriétaire est inconnu.  

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article issu de : Le Progrès du Finistère (Quimper)    

 

 

 

 

 

 

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