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Les villages de la presqu'île

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38 article(s) cite(nt) le village de Lagatjar, en Camaret

 


Pour retrouver un article dans son contexte chronologique, cliquez sur son numéro.

Nouvelles des pêcheurs et artilleurs de Camaret. 18/09/1906   
  n° 1903

Nouvelles départementales

Camaret
Nos pêcheurs. — Les résultats de la pêche à la sardine d'été sont, on peut le dire, entièrement négatifs. Nos pêcheurs sardiniers sont désespérés, car ils voient qu'ils lancent sans profit à la mer un appât de prix très élevé ; ils voient de plus que leurs engins se détériorent par l'usage et pour d'autres motifs, sans que la mer vienne compenser les dommages par une pêche abondante.
Les pêcheurs n'éprouvent donc que perte sur perte, et la saison s'avançant d'une façon rapide, il est malheureux de prévoir que l'abondance ne régnera pas sur nos côtes ; dès maintenant, il faut penser aux affres de l'hiver.


Nos pêcheurs langoustiers, qui viennent de rentrer, retour d'Angleterre ou du sud de l'île de Sein, sont un peu plus heureux, car ils ont rapporté en moyenne, par bateau, 100 à 150 crustacés, vendus de 36 à 40 francs la douzaine.

Départ de la classe.
— Les artilleurs de notre petite garnison de Lagatjar sont libérés et doivent rejoindre aujourd'hui leurs pénates. Presque tous ont revêtu leurs costumes civils, qu'ils semblent heureux de pouvoir porter à nouveau, et leurs promenades sur le quai et dans nos rues changent particulièrement l'aspect de notre ville.  

Camaret    pêche    sardine    langouste    armée                  

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Le papa des soldats de Lagatjar. 17/12/1907   
  n° 1939

La région bretonne

CAMARET
Soirée militaire à Lagatjar. — Une soirée familiale, organisée dans les locaux du quartier d'artillerie de Lagatjar a été offerte aux fonctionnaires et à leurs familles par M. le capitaine La Roche, commandant la 2e batterie à Camaret.
Une petite scène très artistiquement arrangé nous prouve l'ingéniosité des organisateurs. Malgré la pluie et le vent, la salle était comble.
Le capitaine La Roche, accompagné de M. Ferrec, maire de Camaret ; Potigny, administrateur de la marine, fait son entrée aux accents de la Marseillaise, chantée dans les coulisses et accompagnée par l'excellent pianiste qu'est M. le lieutenant Martinet et de deux virtuoses du violon MM. Bouju et Yvetot, jeunes soldats de cette année.
Aussitôt l'hymne national terminée et fortement applaudi, M. le capitaine La Roche, dans une charmante allocution, remercie les invités de leur présence et les organisateurs de tous grades, ainsi que les artistes qui, malgré le service et les corvées, n'ont pas hésité devant le surcroit de fatigue que nécessite l'étude des chants, des rôles, des répétitions.


« Ces récréations, dit-il, égaient la vie de caserne et enraye la fréquentation mauvaise des estaminets. »
Cette allocution est vivement applaudi.
Les jeunes artistes, avec beaucoup de brio, jouent Monsieur Badin et le Gendarme est sans pitié. Des chansons et des monologues sont ensuite fort bien chantées et dits pour des débutants. Une fantaisie de Faust, Tésoro Mio, est d'une exécution parfaite. Nos chaleureux compliments au lieutenant Martinet, ainsi qu'aux violonistes Bouju et Yvetot.
Remerciements sincères et unanimes à M. le capitaine La Roche, qui est un véritable père de famille pour ses soldats.  


Camaret    armée    fête                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Précisions sur l'incendie de la chapelle de Camaret. 27/02/1910   
  n° 1601

La Région Bretonne

CAMARET L'incendie de la chapelle. — On nous adresse les renseignements complémentaires suivants concernant l'incendie de la chapelle de Rocamadour :
« Vers cinq heures, vendredi matin, les habitants de Camaret étaient réveillés brusquement par les appels du tambour et la sonnerie lugubre du tocsin, le feu venait d'éclater subitement dans la chapelle Rocamadour, située à la pointe de Camaret, près du fort Vauban. Les douaniers de garde à la Pointe, le sous-patron Broise et le prépose Courtois, qui les premiers avaient aperçu les sinistres lueurs donnent partout l'alarme et avertissent les autorités locales qui se rendent, suivis des habitants, sur les lieux de l'incendie. La pompe municipale est aussitôt mise en batterie et les dévoués pompiers attaquent le feu, s'efforçant de le circonscrire mais tous les efforts sont vains, le vent souffle avec rage et rabat sur les pompiers et les personnes faisant la chaîne une fumée aveuglante mélangée d'étincelles. Tout le monde redouble d'énergie. A ce moment, arrive au pas gymnastique un détachement de la 2e batterie du 18e bataillon d'artillerie caserné à Lagatjar qui, sous les ordres de leurs officiers, MM. le capitaine Cabellic, Oudé et Troadec, lieutenants, mettent une seconde pompe en batterie, laquelle, à son tour, inonde le foyer, mais tout est inutile. Le feu, activé par le vent, embrase la chapelle en peu d'instants.


Les flammes jaillissent de toutes parts et la toiture, dans un immense fracas, s'abat comme un château de cartes, lançant vers le ciel des myriades d'étincelles. C'est fini ! Il ne reste plus que les murs, et le clocher toujours debout montre au lever du petit jour sa silhouette noircie mais rigide et fière comme au temps jadis lorsque les boulets ennemis lui enlevèrent le sommet de son clocheton. Cette vieille chapelle édifiée en 1527 était, avec le fort Vauban, une des curiosités de notre cher Camaret, les touristes, artistes, amateurs de monuments anciens, regretteront autant que les habitants la perte de cette vieille relique. Il convient d'adresser des éloges mérités aux habitants, à la troupe, à la douane, car tous, sans exception, rivalisèrent de zèle et d'énergie pour soustraire au terrible fléau la vieille chapelle de Rocamadour. Éloges aussi au maire, à ses deux adjoints, à l'administration de la marine, qui organisèrent les premiers services d'ordre avant l'arrivée de la troupe. Un piquet d'artilleurs reste, ainsi que de nombreux habitants, sur les lieux pour inonder les décombres qui, ce soir encore, fument.
Une enquête faite par la gendarmerie n'a, à cette heure, donné aucun résultat sur les causes du sinistre. »  



CAMARET. La chapelle incendiée.
tous droits réservés, coll. M. Salaun, source : arch. mun. de Brest, cote 2Fi06073
Camaret    incendie    religion                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

accident Lagatjar-stop-fils mort-stop 07/12/1911   
  n° 1681

Chronique locale

TERRIBLE ACCIDENT
Artilleur affreusement mutilé

Les artilleurs du 3° régiment d'artillerie à pied casernés à la batterie de Lagatjar (Camaret), ont été vivement impressionnés, avant-hier après-midi, par un terrible accident qui a coûté la vie à l'un d'entre eux.
Vers 2 h. 30, une formidable détonation ébranlait les baraquements, tandis que les vitres des chambrées volaient en éclats, par suite du déplacement d'air causé par l'explosion.
Une panique s'empara des militaires, qui sautèrent par les fenêtres et s'enfuirent.
Cependant, quelques minutes après l'explosion, des artilleurs, recherchant les causes de cette déflagration, pénétrèrent dans un local attenant à l'infirmerie. Là, un spectacle horrible s'offrit à leur vue. Au milieu de la chambre gisait le corps, affreusement mutilé, du canonnier Désiré Moyon.
La victime avait le bas-ventre ouvert, la main gauche arrachée et une profonde déchirure à la cuisse droite. La mort avait été instantanée.



Après la constatation du décès, faite par le docteur de Camaret, le cadavre fut placé sur un cadre d'ambulance.
A six heures du soir, la canonnière Dolmen, commandée par l'adjudant principal Ottavi, appareillait de Brest pour Camaret, afin de prendre le corps de la victime pour le transporter à l'amphithéâtre. A onze heures du soir, le cadavre arrivait à Brest.
La victime était, dit-on, occupée à gratter, avec un fil de fer, le détonateur d'un obus à la mélinite, afin d'en extraire la poudre. Le fil de fer, en heurtant le fulminate de mercure, fit jaillir une étincelle, et la mélinite explosa. Le malheureux artilleur reçut toute la charge dans le bas-ventre.
La victime, âgée de 23 ans, accomplissait sa deuxième année de service militaire; ses parents, qui habitent Saint-Nazaire, ont été informés télégraphiquement du malheur qui les frappe.  



CAMARET. Lagatjar 1910.
photo : auteur inconnu
Camaret    accident    armée                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Fêtes de la Victoire de Camaret : un succès grandiose ! 12/08/1912   
  n° 1742

Les fêtes de la Victoire

(De notre envoyé spécial)
Camaret, 11 août.
Dans un but de bienfaisance, de grandes fêtes sont organisées, chaque année, dans les localités finistériennes fréquentées par les touristes : Concarneau a sa fête « des filets bleus », Douarnenez, celle « des mouettes », Porspoder celle « des chardons », Pont-Aven son pardon des fleurs d'ajoncs. Camaret, seul, où se réunissent cependant durant la saison estivale un grand nombre d'artistes peintres et d'admirateurs de roches dentelées, de falaises sans cesse fouettées par les lames écumantes, n'avait organisé jusqu'à présent que de simples régates.
Le bon poète Saint-Pol Roux a voulu faire mieux et il a pleinement réussi. Appelé par la sympathie des Camarétois — qu'il comble sans cesse de bienfaits — à la présidence d'honneur des joutes annuelles, il décida de transformer Camaret en une cité fleurie où, le 11 août, de brillantes réjouissances réuniraient les habitants du pays et les étrangers excursionnant en Bretagne. Mais que faire en dehors « du déjà vu » pour donner à cette manifestation un caractère particulier et local ? Le poète, ne chercha pas longtemps.
Nous appellerons cette fête la Victoire, dit-il. Elle commémorera la célèbre bataille qui, sous le règne du Roi Soleil, ferma la France aux étrangers coalisés et demeure l'un des plus beaux faits de notre histoire nationale.
Et voilà pourquoi, aujourd'hui, les couleurs françaises, anglaises et hollandaises se marient et flottent, sous la brise fraîche, au sommet de la Tour dorée.
La pluie ayant fait rage pendant une grande partie de la nuit, les organisateurs avaient craint que les gros nuages encore amoncelés aux premières heures de la matinée ne détournassent les Brestois et les habitants des communes voisines. Craintes vaines. Le vapeur Crozon, pavoisé et fleuri, arrive à 10 heures bondé de voyageurs. On en compte plus de 500. Son entrée dans le port coïncide avec le lancement du bateau de sauvetage, monté par son vaillant équipage. Un ordre bref et le canot glisse sur sa voie de roulement, abandonne son chariot, s'enfonce impétueusement dans la mer... Les excursionnistes applaudissent, acclament les sauveteurs.
Le Crozon accoste. Des salves de mousqueterie crépitent. Le débarquement, très lent en raison de la basse mer, s'opère par tribord avant, à l'aide d'une passerelle de fortune ; une gaffe, tenue aux extrémités par deux matelots, fait l'office de main courante.
Les plus pressés, sautant par dessus les bastingages se laissent glisser dans de petites barques et gagnent rapidement la grève.
Les musiciens du 19° régiment d'infanterie de ligne sont au nombre des passagers ; ils se groupent à la hauteur de N.-D. de Rocamadour, tandis que les excursionnistes s'égaillent sur les vieux remparts.
A la tête des Camarétois, venus en foule à la rencontre de leurs hôtes, je remarque M. Saint-Pol Roux et tous les membres du Comité des fêtes : MM. Le Garrec, maire ; Guéguinou, Lautrou, le docteur Humbert... Le bon poète, la main largement tendue, a un mot aimable pour chacun.
Dans le grand bassin, toutes les barques sont à l'ancre. C'est un groupement de mâts de diverses tailles, d'inclinaisons variées, auxquels s'accrochent des voiles blanches et brunes, avec un entrelacement de cordages.
Quai Toudouze, trois arcs de triomphe ont été dressés. Des engins de pêche en forment les ornements : casiers à homards, filets bleus, bouées, ancres, sont suspendus et accrochés. C'est simple, mais tout à fait dans la note. Rien ne détonne.
Le soleil, brille maintenant sur la baie, peuplée de yachts, et de canots de pêche ; deux torpilleurs, envoyés par le vice-amiral, préfet maritime, prennent leur mouillage à l'entrée du port.
Coup de grosse caisse, suivi des premières notes d'un entraînant pas redoublé. Pêcheurs, sardinières et touristes accourent, suivent les instrumentistes de M. Esvan. Jamais Camaret n'avait vu de musique militaire. Aussi quel succès ! Le tambour-major est l'objet d'une ovation toute particulière.
Le cortège, précédé des autorités, arrive bientôt sur le quai Toudouze. Et là, devant le café de Bretagne, un concert est tout de suite donné ; il commence par Aida, de Verdi, et se termine par le Clairon (musique et chant), du général Margueron.
Cependant, deux pièces d'artillerie de 90, avec caissons, descendent de Lagatjar, sous la conduite de canonnière, commandés par deux maréchaux-des-logis. Le défilé de cette batterie est un attrait de plus. On accourt à nouveau de tous côtés et l'on aide les canonniers à placer leurs pièces sur les remparts.
Quelques instants plus tard, la voix du canon annonce le déjeuner.

A TABLE
Il est midi. Les estomacs réclament. Et, comme il faut ajouter aux 500 passagers du Crozon, 300 autres amenés par le Saint-Pol, plus un millier de personnes arrivées à pied, en automobiles ou en voitures, nous n'étonnerons pas nos lecteurs en disant que les hôtels et les estaminets sont combles. Le personnel, peu préparé à cette incursion, s'affole. Ce sont des appels, des cris ; on ne parvient à se faire servir qu'à grand'peine.
Des groupes traversent les rues, prennent d'assaut les boulangeries, les charcuteries. Une petite boutiquière n'a plus une tarte, pas un biscuit. Les œufs manquent pour les omelettes. Plus avisés sont ces braves chevaliers de la gaule, venus à pied de Trez-Rouz. Prévoyant l'encombrement, ils ont apporté le produit de leur pêche : trois superbes mulets, qu'ils font apprêter par une aimable hôtesse.
Ce qu'il y a de charmant, c'est que pas un seul instant la bonne humeur ne cesse de régner. On rit, on chante. Il y a de la joie dans l'air. Aux terrasses des cafés, bien qu'il ne fasse pas très chaud, la bière coule intarissablement.
Deux violonistes charment les mélomanes ; aux carrefours, deux chanteurs ambulants lancent aux échos les refrains à la mode et « un homme orchestre », coiffé d'un chapeau à clochettes et portant sur le dos grosse caisse, cymbales et triangles, fait la joie des enfants.

LE CORTÈGE HISTORIQUE
L'heure passe et la reine de la fête, « la Victoire », ne paraît toujours pas. Serait-elle souffrante ? Il n'en est heureusement rien. Mais les costumes et armes des chevaliers de l'escorte sont arrivés très tard et équiper tout ce monde n'est pas une petite affaire.
Dans un enclos, on achève à la hâte la décoration du char de la Victoire : imposant véhicule à gradins, drapé d'étamine tricolore et décoré de fleurs superbes, don des horticulteurs du Grand duché de Luxembourg.
Voici la Victoire, personnifiée par Mlle Lisette Duédal, vraiment charmante sous son hennin et son voile de dentelle. Encadrée par « la Hollande », Mlle Jeanguillaume, et « l'Angleterre », Mlle Mathilde Goyat, elle s'assied sur son trône. Jeunes filles en robes blanches, bleues et roses prennent place sur les autres gradins.
Le Crozon, le St-Pol et le Cotentin ont fait un nouveau voyage et ont amené de Brest plusieurs centaines de personnes qui, se joignant aux spectateurs du matin, forment une double haie tout le long du parcours que doit suivre le cortège.





Dans l'anse de Camaret, les régates battent leur plein. Aux craquements des mâtures et aux grincements des vergues qu'on hisse, se mêlent des appels alternativement lancés de la mer et de la jetée.
Mousquetaires, gardes-françaises et corsaires, armés de lances et de sabres d'abordage, sont maintenant postés sur les bastions.
La Victoire met pied à terre devant la Tour dorée. Le canon tonne et l'antique cloche de Rocamadour tinte. Mlle Duédal est reçue à l'entrée du pont-levis par Vauban et Jean Bart. Ceux-ci saluent de l'épée puis présentent la Victoire à Louis XIV.
La toute charmante Mme Perdriel-Vaissière, portant un riche costume d'Elliant, s'incline à son tour devant la Victoire et dit — comme elle sait dire — le joli poème, que voici, qu'elle composa, pour la circonstance :

LA COMBATTANTE (Notre-Dame de Rocamadour de Camaret)
Or, tandis que, là-bas, tout de sang balafrés,
Avec la fourche, avec l'épieu au bout ferré,
Les gars se ruaient à la charge,
Ici, tout près du fort mitraillant et tonnant,
Accrochée au rempart de Monsieur de Vauban,
Une Autre regardait au large.

Douce et rude, taillée en chêne et peinte en bleu,
Fidèle aux siens qui sont fidèles, sous le feu
Des canonnades crépitantes,
La Dame est là, debout, et les deux-ponts anglais,
Repoussés sur tribord, se demandent quelle est
Cette augurale Combattante.


Ils lâchent leur bordée et reculent... là-haut,
Coupée en deux, tranchée au sifflant d'une faulx,
Croule la flèche vénérable,
Mais la Dame du lieu tient bon, et le combat,
Demain — l'aube éclairant Trez-Rouz — dénombrera
Tous ses ennemis sur le sable.

— Têtue à vous aimer, pêcheurs camarétois,
Votre patronne, votre Dame, dont l'étroit
Sanctuaire embaume la côte,
Ecoute avant le jour le bruit des avirons
Et compte, chaque soir, les chaloupes en rond
Qui dansent à la marée haute.

Vos rudes poings gercés de sel et de goudron,
Le parler rare et dur de vos gosiers bretons,
Le roulis de vos deux épaules,
Les relents de saumure où trempent vos effets
L'entourent d'un vivant et rugueux chapelet
Egrené tout au long du môle !

Elle s'y plaît. Serrée aux deux bras de la mer
En sa nef de granit et, par les nuits d'hiver,
Au fort des ouragans, bercée,
Un vouloir tout-puissant l'ancre à Rocamadour,
Et rien ne prévaudra contre lui : c'est l'Amour
Qui pour vous, deux fois, l'a blessée !

ENVOI
Notre-Dame, vers le vieux port de Camaret,
Voici, de la Hollande et du pays anglais,
Apportant une âme nouvelle,
Venus jusques à vous, les fils loyaux des preux :
Vous savez la valeur de leur sang généreux
Et de quelle pourpre il ruisselle.

Trois peuples, évoquant les luttes d'autrefois,
Dans la joie et la paix, au sol camarétois,
Exaltent leur triple génie,
Notre-Dame des Nefs, consacrez leur espoir ;
Penchez-vous doucement et souriez à voir
La loyauté des mains unies !


Longs applaudissements.
La pluie, la fâcheuse pluie, commence malheureusement à tomber à ce moment ; les parapluies s'ouvrent et, vu des murs de la tour, le quai semble une planche d'énormes champignons noirs.
Le bon Saint-Pol-Roux, d'une voix que l'émotion fait parfois trembler, salue aussi la Victoire.

Hymne à la Victoire
Aigle de gloire détaché du ciel tragique de l'Histoire, ô Victoire, salut ! Salut à toi, forme jaillie, comme un trésor, de nos mémoires ! Salut, guerrière au fer lointain que le Destin ramène du passé, la palme entre les doigts, telles ces héroïnes des anciens exploits que content les grand'mères à la voix cassée ! Salut, fée du vieux temps, qui reviens nous charmer de ses ailes : éventail solennel de notre Roi-Soleil dont les rayons furent forgés par le magique Maréchal au geste nonpareil ! Salut à toi, par qui nous sommes bien ce que nous sommes, ô robuste gardienne de ce territoire ! Enfin, salut à toi qui rassembles ici les hoirs* des combattants, afin de transformer en frères ces rivaux d'antan à la clarté de ton sourire et de chanter la trêve au farouche rivage, où leurs aïeux surent mourir sur la croix rouge de ton glaive, — O Victoire, salut !
Dis, que viens-tu nous dire, en robe blanche, un tel dimanche où nos drapeaux divers ne sont qu'une oriflamme pacifique, ouverte ainsi qu'une âme unique ? Dis, que viens-tu nous dire avec ta palme au lieu du fer et ta prunelle calme en place de l'éclair ? Que signifie ton front de jeune fille parmi ces fleurs, ces sons, ces couleurs ? Quelles sont les paroles prêtes à tomber de tes deux lèvres roses et quels signes d'accord vont-ils, encore, s'élancer de ces bras qui naguère exprimaient les fracas de la guerre ? O Victoire, est-ce pas, tes lèvres et tes mains viennent écrire et dire là même où l'Amour a détrôné la Haine : « Tout est vain, hors le divin, c'est-à-dire ce qui, dans l'homme, est le meilleur en somme. Hors le divin, tout acte est vain, et la plus rare des prouesses ne vaut pas le chef-d'œuvre issu de la caresse. » Va, tu nous apparais plus grande ainsi dans la neuve conquête que tu fais ici, car tout périt entre les serres du vautour, mais tout survit par le miracle de l'Amour. Après qu'on s'est cogné, voici que, douce, la poignée succède à la mauvaise entaille des batailles, sainte poignée de mains se serrant en ce jour, et se serrant demain, et se serrant toujours ! Et ces roses qu'agitent ensemble ces foules amies semblent écloses du sang fier des champions défunts, comme pour exalter les fils dans une apothéose de parfums. Aussi : nous acclamons ta symbolique survenue qui chasse les corbeaux, ramène les colombes et parle d'alliance pure après les dures hécatombes ; et tous, en cette Tour dont l'esplanade a la forme d'un nid, peuples unis par une joie commune, tous, nous nous blottissons pieusement à l'ombre auguste de tes longues et divines plumes !
Aigle de gloire détaché du ciel tragique de l'Histoire, ô Victoire, salut !


Aux acclamations saluant l'œuvre du maître se mêlent des éclats de voix. Une discussion vient d'éclater entre deux mousquetaires ; et ceux-ci, après s'être jeté le gant à la face, mettent flamberge ou vent.
Que va-t-il se passer, grand Dieu ! « ding dong — les coquilles tintent » ; de part et d'autre, des coups sont parés ; le combat s'anime... Mais La Victoire, tenant à la main un rameau d'olivier, intervient. Les adversaires remettent l'épée au fourreau.
Le cortège se reforme. La musique du 19° prend la tête, immédiatement suivie par Louis XIV, et son porte-fanion; tous deux montent de superbes chevaux.
Mousquetaires, gardes-françaises et corsaires, conduits par Jean Bart, encadrent le char de la Victoire.
On félicite fort M. Saint-Pol Roux qui, souriant, va, vient, faisant les honneurs. Un mot charmant est dit à son adresse :
Regardez donc comme il a l'air heureux, chuchote quelqu'un.
Et une dame reprend :
Il a la mine heureuse des gens qui font une bonne action.
L'après-midi — pluvieuse malheureusement — s'achève par une bataille de fleurs. Dans une des automobiles fleuries ont pris place Mmes Perdriel-Vaissière et Priol, en magnifiques costumes de Bretonnes.
Citons enfin, comme dernière attraction, les joutes phocéennes, conduites par Jean Bart (M. Raguénès).
5 heures 30 : les danses vont commencer ; les joueurs de biniou montent sur leurs tonneaux. Mais la pluie redouble. C'est l'impitoyable averse. Un vrai déluge, devant lequel on doit battre en retraite.
Ruisselants, les Brestois galopent vers les vapeurs. Le Cotentin, bientôt bondé, appareille. Le Crozon est pris d'assaut ; mais de nombreuses personnes, faute de place, doivent se réfugier sur la passerelle où elles seront douchées pendant toute la traversée.
Ainsi s'acheva la fête organisée avec tant de soins par le poète Saint-Pol-Roux et ses actifs collaborateurs, parmi lesquels M. Thébault, notre sympathique concitoyen. Le bienfaiteur de Camaret peut néanmoins être fier de son œuvre ; les étrangers sont venus plus nombreux qu'on pouvait l'espérer, le commerce local en a naturellement bénéficié et les malheureux ne s'en plaindront certainement pas non plus.
E. A.

 

 
* héritiers
 
Camaret    tourisme    fête                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

A Camaret : mariage brestois et trouvaille numismate 19/09/1912   
  n° 1747

La région bretonne

CAMARET
Le maire de Brest marie une institutrice de Camaret.
— A Brest, vendredi soir, M. Masson a procédé au mariage civil de Mlle Jeanne Maudire avec M. Marcel Guéguen. Le mariage religieux fut célébré le lendemain matin à l'église de Saint-Louis, au milieu d'un grand nombre d'invités. Depuis sa sortie, dans les premiers rangs, de l'école normale de Quimper, c'est-à-dire depuis quatre ans, Mlle Maudire professe avec un entier dévouement à notre école de filles ; aussi la charmante mariée ne reçut-elle pas sans une vive émotion la gerbe de fleurs que lui adressèrent, avec leurs vœux de félicité, ses amis de Camaret et qui lui parvint pendant le repas de noce. M. Marcel Guéguen, récemment promu 2e maître fourrier, vient d'être reçu deuxième au concours de l'école préparatoire des élèves-officiers. Les témoins de la mariée étaient MM. Duhaut et Maudire; ceux du marié, MM. Le Pallec et Brezel.

La route enchantée. — Hier, de passage à Camaret, M. Horellou, Crozonnais, montrait deux pièces de monnaie trouvées par lui sur la route de Saint-Fiacre. L'une, de bronze, de trois centimètres de diamètre environ, au millésime de 1792, portant à l'avers l'effigie de Louis XVI « Roy des François », et la pile ornée d'un faisceau surmonté du bonnet phrygien. L'autre, d'argent celle-là mais de petit module, au millésime de 1692, avec l'effigie du Roi-Soleil et cette exergue : Domine salvum fac regem. A noter cette dernière date précédant de deux ans celle de la victoire de Camaret. Que les imaginations n'aillent pas cependant prendre feu ! car il ne saurait être question ici d'une indication pour un nouveau trésor local.


Il est plutôt présumable en etfet que ces pièces, étant donné leur état de propreté, ont pris congé de quelque poche mal cousue. Aussi bien, dans sa probité, M. Horellou tient-il sa double trouvaille à la disposition de l'inconnu numismate qui fut prodigue... sans le savoir.

Des lampes et des grilles. — Deux personnes viennent encore de tomber du quai : la première, M. Ludovic Ferrec, en pleine nuit ; la seconde, le petit Jullien, en plein jour. L'enfant, tombé à mer haute, fut aussitôt recueilli par un canot, mais M. Ferrec, tombé à mer basse sur la pierre dure de la cale, souffrit beaucoup de sa chute. Dieu merci, M. Berger, marchand forain, entendant des plaintes, s'éclaira d'une bougie et descendit relever le blessé. Ces accidents, trop souvent répétés, prouvent qu'un éclairage habilement réglementé est indispensable et, qu'en outre, il ne serait pas superflu de placer un garde-fou afin de protéger aussi bien les enfants que les promeneurs.

Vive la classe ! — Samedi soir 21 courant, sous la présidence d'honneur de MM. Gabellic et Paris, aura lieu, salle de Venise, un grand bal militaire organisé par les sympathiques artilleurs de la 2e batterie pour leurs adieux à Camaret. Ce bal sera précédé d'un concert et d'une représentation dramatique par les excellents artistes du théâtre militaire de Lagatjar. La population camarétoise souhaite un brillant succès à cette soirée d'adieu.  

Camaret    fait divers    fête    accident    enfant                  

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Fête pour les engagés volontaires de Lagatjar. 08/06/1913   
  n° 2018

La région bretonne

CAMARET
Manifestation patriotique. — Mardi soir, les engagés volontaires de la 2e batterie de Lagatjar, une soixantaine environ, ont organisé avec le plus franc succès une intéressante fête patriotique à l'occasion de leur arrivée sous les drapeaux. Au cours du banquet tout intime qui eut lieu dans la cour de la caserne par un temps splendide, M. le capitaine Cabellic, commandant de la place, vint adresser aux engagés une vibrante allocution, exaltant l'amour de la patrie et leur souhaitant la bienvenue au nom de tous, officiers, sous-officiers et anciens soldats.


Très touchés d'une telle attention, les jeunes soldats répondirent par les enthousiastes accents de la Marseillaise, à laquelle succédèrent des vœux et des toasts plus chaleureux les uns que les autres. Les convives ont fait le plus grand honneur au menu, composé avec art par le maître-coq de la garnison, qui s'était surpassé.
Cette charmante fête se termina par une saynète comique et des chansons du circonstance. 

Camaret    armée    fête                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Camaret. Départ de la classe 1910. Plainte des pêcheurs. 28/10/1913   
  n° 2010

La région bretonne

CAMARET
La classe fait ses adieux. —- Le bal offert par la classe 1910, dans notre salle de Venise excellemment pavoisée, obtint le plus grand succès. Un triple ban d'éloge, bien mérité, s'impose pour les organisateurs de cette brillante soirée. La population répondit avec empressement à l'invitation des sympathiques artilleurs de Lagatjar qui, sans nul doute, garderont un souvenir agréable de leur séjour ici. Nos meilleurs vœux de prospérité les accompagneront dans la vie civile qu'ils vont reprendre incessamment, et nous souhaitons à leurs tout jeunes camarades arrivés ces jours derniers au nombre de cent environ, de marcher sur la trace des aînés en partance, si unanimement regrettés par Camaret.


Une pétition. — Les conseillers municipaux, les pêcheurs et un certain nombre de touristes de Camaret ont rédigé une pétition au préfet du ministère le priant de prendre des mesures pour la protection des mouettes et des goélands, que les chasseurs détruisent en grand nombre. « Les goélands et les mouettes, disent les pêcheurs, nous rendent des services très précieux car, en suivant les bancs de sardines, en nous les indiquant de loin, ils nous aident à suivre leur marche. »* 

 
* En 1905 et 1906, des démarches avaient été entreprises par les pêcheurs dans le même but.
 
Camaret    armée    pêche    chasse                      

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Cours d'adultes pour les jeunes camarétois et les militaires de Lagatjar. 12/11/1913   
  n° 2012

La région bretonne

CAMARET
Cours d'adultes. — Des cours d'adultes pour jeunes gens et pour les militaires de la batterie de Lagatjar s'ouvriront à l'école des garçons le 17 courant, et auront lieu les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de 7 heures à 8 h. 30.
Les mêmes cours pour jeunes filles se feront à l'école des filles, les mardi et samedi de chaque semaine, aux mêmes heures et à partir du 18 courant.
Pour être admis à ces cours, il faut être âgé de 13 ans révolus.

 

Camaret    école    armée                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Morte de froid au Toulinguet. 10/01/1914   
  n° 2087

Arrondissement de Châteaulin

Camaret-sur-mer
[...] Morte en gardant ses vaches
Le 31 décembre, vers 4 heures du soir, la jeune Yvonne Gloaguen, âgée de 14 ans, fille de M. Gloaguen, gardien de phare au Toulinguet, se rendant à Camaret faire des provisions, a découvert sur la grève dite Poscorven, le cadavre d'une jeune fille de 18 ans, la nommée Thérèse Belbéoc'h.
Cette dernière avait quitté sa maison vers 2 heures, allant garder ses vaches près du Toulinguet.


Le cadavre a été transporté au domicile des parents de la jeune fille, par l'une des voitures de l'artillerie casernée à Lagatjar. Cette mort est due à une congestion occasionnée par le froid.
L'inhumation a eu lieu mardi au milieu d'une grande affluence de parents et d'amis.  

Camaret    fait divers    enfant                          

article issu de : Le Courrier du Finistère (Brest)    

 

 

 

 

 

 

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