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Les villages de la presqu'île

dans la presse et l'édition

 

17 article(s) cite(nt) le village de Trez Rouz, en Crozon

 


Pour retrouver un article dans son contexte chronologique, cliquez sur son numéro.

Premier sauvetage du premier canot de Camaret. 07/04/1867   
  n° 1249

Chronique

— Le 7 avril, le brick-goëlette l'Armandine, de 106 tonneaux, toucha sur le plateau des Fillettes, au milieu du goulet de Brest, et se fit une voie d'eau qui rendait sa perte imminente.
Le capitaine se dirigea aussitôt vers la grève de Trez-Rouz, dans l'est de la baie de Camaret; mais le navire coula avant d'atteindre la côte et demeura à moitié submergé. Le temps était brumeux, la mer très-grosse ; une brise fraîche soufflait du S.-O.
Aussitôt qu'on aperçut ce bâtiment en détresse, on mit à la mer le canot de sauvetage, qui alla recueillir l'équipage composé de six hommes, et le débarqua sain et sauf à Camaret.

 

Camaret    naufrage    sauvetage                          

article issu de : Annales du sauvetage maritime (Paris)    

 

 

 

Naufrages à Lostmarc'h et à Trez Rouz. 25/01/1873   
  n° 1059

Revue bretonne

Camaret. — On écrit le 20 janvier à "l'Electeur" : « Hier 19, vers une heure de l'après-midi, le navire anglais Wildfour, capitaine Nattras, allant d'Oran à Newcastle avec un chargement de minerai de fer et de paille de marais, a naufragé sur la pointe de Lostmarc'h, située entre le Cap de la Chèvre et la Pointe-aux-Pois, où, en moins d'une demi-heure, il a été complètement démoli. Les débris du navire et une grande quantité de paille de marais ont été, par la violence de la mer promptement jetés sur le rivage.
« Les onze hommes composant l'équipage déclarent, qu'après une lutte de quelques jours contre la tempête de S-O. et une mer effroyable, le navire fut désemparé de son mât de misaine et de son gouvernail. Ne voyant aucun moyen d'éviter le naufrage, ils s'embarquèrent dans leur chaloupe,

à un mille environ de la Pointe-aux-Pois et guidés par les signaux du sieur Sévellec, maître guetteur du sémaphore, ils atterrirent sans accident à l'abri de cette pointe.
La perte éprouvée approche de 500.000 fr. Le capitaine, qui est en même temps l'armateur, affirme que rien n'est assuré.
— Dans la nuit du 19 au 20, vers huit heures et demi du soir, le chasse-marée Sainte Barbe, d'Auray, capitaine Morice, allant de Nantes à Landerneau, et ancré sur la rade de Camaret, a rompu son guindeau et a abordé la goëlette Elisabeth, sur laquelle l'équipage s'est réfugié. Peu de temps après, la Sainte-Barbe faisait côte à Trez Rouz, où pendant la nuit elle fut défoncée par la mer. Son chargement a été emporté par les vagues. Les avaries du bâtiment ne sont pas réparables. » 

Crozon    naufrage    Camaret                          

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

Un coupeur de goëmon se noie à Camaret. 03/04/1886   
  n° 410

Nouvelles et renseignements

Roscanvel. — Le 22 mars, dit l'Union républicaine, le nommé Alexis, Jean, âgé de 50 ans, cultivateur au village du [Litz], en la commune de Roscanvel, coupait du goëmon dans la grève de la Terre Rouge, non loin de sa demeure, en compagnie de plusieurs voisins. Ayant ramassé une certaine quantité de goëmon, ils placèrent le tout sur des branchages, de manière à le faire accoster à la marée montante.

[Alexis] et un nommé Le Bihan étant montés sur cette fragile embarcation pour la diriger quand, tout à coup, les branchages se partagèrent en deux et les deux hommes tombèrent dans la mer profonde à cet endroit de 3 mètres environ. Le Bihan put se sauver à la nage, mais le malheureux [Alexis] fut entraîné par le courant et son cadavre ne put être retiré de l'eau que quelques heures après. 

Roscanvel    noyade    agriculture                          

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

Commentaire : A priori il s'agit de Jean Alix (et non pas Alexis) et de Hervé Le Bihan, tous deux habitants le village du Lez en 1881. Hervé Le Bihan était le cousin de mon arrière-grand-père Yves Le Bihan. La grève de "la terre rouge" est probablement celle de Postermen ou en allant un peu plus en direction de la pointe des espagnols, où il y avait une mine de fer.
Cordialement.
Sylvain Le Bihan

 

 

Disparition mystérieuse à Camaret. 25/05/1887   
  n° 427

Gazette bretonne - Finistère

Camaret, 22 maiNotre correspondant nous écrit :
« M. Martin Sarzeau, juge au Caire (Egypte), se trouvait à Camaret depuis quelques jours. Hier matin, l'idée lui vint de faire une promenade en rade avec un canot appartenant à un commerçant de notre localité.
« Cette embarcation a été trouvée seule à la côte. Qu'est-il arrivé? M. Martin Sarzeau et ses enfants se sont-ils noyés? C'est ce que tout le monde se demande, en ce moment, ici avec inquiétude.
« Cette inquiétude s'est un peu apaisée à la suite de la nouvelle colportée ce matin qu'un fermier les aurait rencontrés se dirigeant vers le Fret ou Crozon. Mais le mystère n'est pas encore éclairci. »
Il faut ajouter aux détails que nous a envoyés notre correspondant, les détails suivants qu'a reçus le Phare de la Loire sur la disparition de M. Sarzeau et de ses enfants :
« 22 mai — Après de vaines recherches dans l'anse de Trez-Rouz, et après avoir visité les trois grottes de cette plage,

on n'a rien trouvé, pas plus que dans les villages des environs, à la mer basse.
« Hier au soir, on a visité toutes les roches découvertes par la mer où l'on pouvait supposer que le canot avait touché, mais nous n'avons rien trouvé. Ce matin, à neuf heures, nous avons fait des recherches dans toute l'anse, ou aurait pu apercevoir un cadavre au fond, car la mer était très claire, mais on n'a obtenu aucun résultat.
« D'après les renseignements que nous avons pris de divers côtés, on prétend avoir vu M. Martin Sarzeau porter sa petite fille, àgée de trois ans, dans ses bras, mais on ne parle pas de sa fille de sept ans. La même personne nous dit que le petit garçon de quatorze ans conduisait son petit chien en laisse. Toutefois, on n'a pu nous certifier que c'était bien M. Martin Sarzeau avec ses trois enfants.
« M. Sarzeau n'était à Camaret que depuis le 10 du courant. Ils étaient logés à l'hôtel Dorso. Sa femme a demandé une descente de justice, qui devait arriver aujourd'hui. Pour le moment, tout reste mystérieux. »  



Les mousses devant ND de Rocamadour, 1887 de Richard Richon-Brunet             voir la source
Camaret    fait divers    à la côte                          

article issu de : Le Finistère (Quimper)    

 

 

 

G. Toudouze raconte son voyage à Camaret pendant la famine 29/01/1903   
  n° 70
Gustave Toudouze, envoyé spécial du Figaro rend compte de son voyage à Camaret, après la représentation donnée au Théâtre Antoine.

La misère bretonne

A Camaret
(de notre envoyé spécial)

Dimanche, 27 janvier 1903
C'est aux confins de la terre de France, à l'une des pointes les plus extrêmes de l'Armorique, dans cette presqu'ile à peu près ignorée que dominent Crozon, son église et son fort, entre la baie de Douarnenez, et la rade de Brest, entre la pointe du Raz et la pointe de Saint-Mathieu-Fin-de-Terre, en sombre et sauvage Cornouailles, aux limites mêmes du vieux monde, que se creuse ce petit port de Camaret où je me trouve en ce moment pour le Figaro et pour Antoine.

Souvent, en ce lieu, pendant les mois noirs comme les Bretons appellent les mois d'hiver, un appel monte de la mer, venant du grand large dans l'Ouest, et passe en ondulations frissonnantes sur le pays. Le pêcheur camarétois écoute, ému malgré sa longue accoutumance de la signification de cette voix de mystère, et dit, hochant la tête :
Encore de la misère pour nous, c'est la Vandrée qui chante à c't'heure !
La Vandrée, c'est une cloche perdue en mer, à quelques milles des côtes, fixée à une bouée mobile qui signale un écueil assassin; lorsqu'elle sonne ainsi, c'est que souffle le suroît (sud-ouest), le vent des tempêtes, des naufrages, de la perdition, de la mort.
Cette fois la Vandrée, glas sinistre de misère, tocsin battant éperdument l'alarme du sein de la mer ténébreuse a jeté une clameur si persistante, si forte, que le vent des tempêtes, répandant en appel désespéré sur toute la France, l'a portée jusqu'à Paris. La France a entendu; Paris a entendu, et l'âme entière de la patrie a tressailli.
Et l'on a appris que c'étaient nos sauveteurs habituels, en péril de mort à leur tour; que c'étaient nos pêcheurs de Bretagne, nos marins d'hier ou de demain, nos défenseurs intrépides aux heures dures de notre histoire, qui demandaient de l'aide pour ne pas mourir de faim !
C'est pourquoi, sous le haut patronage du Figaro, que toute œuvre d'humanité et de patriotisme trouve toujours au premier rang, ayant aidé, dans la faible mesure de mes moyens, ces généreux artistes, André Antoine, le peintre Charles Cottet, à organiser, en faveur des pêcheurs bretons, la matinée suivie de tombola qui vient d'obtenir un tel succès, j'ai accepté avec une joie et une reconnaissance profondes d'en porter la recette aux pêcheurs de ce Camaret, où tous trois, Antoine, Cottet et moi, nous allons passer chaque été depuis dix-sept ans.

Je ne fais que continuer et compléter ici l'investigation si intelligemment commencée par mon lettré confrère Georges Bourdon, pour le compte du Figaro et de ses lecteurs. En quelques lignes, il a très exactement donné la caractéristique de cette partie de la Bretagne; c'était une vue d'ensemble; il me reste à entrer dans le détail et surtout à rendre compte aux bienfaisants donateurs d'Antoine de la mission spéciale dont je me suis chargé.
Dès mon arrivée, mon premier soin, vendredi dernier, au lendemain de la représentation d'Antoine, fut donc de réunir dans la salle de la mairie de Camaret le maire, M. Martin, son adjoint, M. Hervé Férec, le commissaire de la marine, M. Potigny, le recteur, M. l'abbé Le Bras, son vicaire, M. l'abbé Guirrec plus les principaux patrons de barque. Après leur avoir annoncé que je venais comme mandataire du Figaro leur apporter de la part d'André Antoine et de Charles Cottet, au nom aussi de tous les donateurs de la tombola et de tous les spectateurs de la matinée du théâtre Antoine, les 10.721,60 fr. recueillis la veille, je crus devoir leur présenter ce que nous faisions de la manière suivante :
Ce qu'il faut que vous compreniez bien, vous tous réunis ici, et ce qu'il importe de faire comprendre à vos compatriotes, dont nous respectons la légitime fierté, c'est que ce n'est ni l'aumône ni la charité que les Parisiens vous font aujourd'hui. C'est une dette sainte que nous vous remboursons, une dette contractée depuis longtemps par la patrie vis-à-vis de vous.
Est-ce que, sans cesse, en effet, vous n'avez pas sous les yeux, sur ce sillon de galets et de rochers qui forme la jetée naturelle protégeant votre petit port, cette tour rouge, construite par Vauban, cette chapelle gothique de Notre-Dame de Roz-Madou, témoins irrécusables de l'héroïsme de vos grands-aïeux, les pêcheurs camarétois qui, il y a un peu plus de deux cents ans, le 18 juin 1694, ont sauvé Brest, ont sauvé la France d'une formidable invasion hollando-anglaise ?
Vous savez tous que c'est un boulet anglais qui a abattu l'extrémité du clocher de la chapelle; vous savez tous que, pendant que le feu des batteries installées le long des côtes par l'illustre maréchal et les canons de sa tour écrasaient et repoussaient la flotte ennemie, les Camarétois, armés de faux, de haches, de coutelas, de bâtons, se joignant aux soldats réunis à la hâte, exterminaient les troupes déjà débarquées sur la plage de Trez-Rouz et faisaient un tel massacre des Anglais que vous appelez encore ce point de la côte la Mort-Anglaise ?
Eh bien ! et en 1870, autour de Paris, qui donc occupait ces forts dressés comme des cuirassés à l'ancre en avant de la capitale assiégée ? Qui donc versait son sang au Bourget, à la Gare aux Bœufs, à Choisy-le-Roi, dans les forts, faisant comme une ceinture de pourpre à notre Paris ? Qui donc le faisait ruisseler, ce sang généreux, en province, à l'armée du Nord, à l'armée de la Loire ? N'étaient-ce pas les Bretons, les Camarétois, accourus à notre secours ?
Mettez donc de côté tout faux amour-propre et laissez-vous secourir à votre tour. Confiez-nous vos misères, votre détresse, comme à des frères à qui l'on dit tout !


Peu à peu, alors les cœurs se sont ouverts, des larmes ont mouillé les yeux et les confiances sont venues à moi; ils ont osé parler, d'abord pour désigner les camarades malheureux, puis pour avouer eux-mêmes. Le plus dur était fait, nous pouvions les aider d'une manière raisonnée, consciente et méthodique. Ils nous révélaient des choses intéressantes et ignorées, comment et pourquoi la pêche avait manqué, racontant que la sardine n'avait pas positivement fait défaut, mais qu'on n'avait pas pu la prendre pour deux raisons principales: premièrement, parce que la rogue étant trop chère on ne pouvait en jeter assez pour les attirer, et il y a là une cause économique très grave; une question d'accaparement que Georges Bourdon a déjà signalée; ensuite parce que les marsouins détruisent les filets, et il y a là un mal matériel qu'il importe d'empêcher.
Les patrons partis, chacun de nous a exposé tour à tour la manière dont il convenait de répartir et de dépenser, au mieux des intérêts généraux, la somme apportée. D'abord, d'une entente commune, nous commencions par attribuer cinq cents francs aux pêcheurs de Morgat dépendant de l'inscription maritime de Camaret cela, d'après le désir exprimé par le peintre [?] l'un des plus importants donateurs de la tombola.

C'est M. Paul Pia, de Morgat, auquel j'ai remis cette somme qui la distribuera lui-même. Ensuite, j'étais chargé de porter personnellement lés 221 fr. 60 complémentaires aux misères les plus pressantes que j'irais rechercher de village en village, selon les renseignements que je saurais prendre dans le pays. Puis une longue discussion s'engageait entre nous sur le meilleur mode d'emploi des 10,000 francs formant la masse principale.
En voici le résultat.
A l'heure actuelle, grâce au Comité central, il n'y a plus un estomac vide dans tout ce qui dépend de Camaret; grâce à Antoine, la famine ne pourra plus se renouveler de quelque temps ; au pain, on ajoutera un peu de viande, d'épicerie, de chauffage, des vêtements; après les malades, les infirmes, les vieillards, les femme, qui ne pouvaient attendre, on pourra soulager des misères moins urgentes peut-être, mais tout aussi intéressantes, améliorer des situations critiques, diminuer des charges écrasantes, permettre enfin aux pêcheurs de reprendre le travail en remplaçant les engins détruits.
Dans la mesure du possible, avec un zèle dont il convient de les louer ici, avec un dévouement absolu, le maire, M. Martin, son adjoint M. Hervé Férec, le commissaire de la marine M. Potigny, le recteur Le Bras, le vicaire Guirrec, les Comités des patrons de barque, ont pris déjà et vont continuer de prendre toutes les mesures pour assurer l'avenir. Ce qu'il faut, en effet, c'est non seulement empêcher la population de mourir de faim, mais lui rendre le courage, lui fournir les moyens de travailler. C'est à cela que seront employés les 10.000 francs qu'une surveillance intelligente empêchera d'être gaspillés, et sur lesquels un fonds de réserve d'au moins 7.000 francs sera précieusement conservé pour tâcher d'attendre juin, époque de la pêche de la sardine.

Enfin, il est une classe non moins intéressante qu'il faudra arriver à aider aussi, c'est celle des commerçants, de ces boulangers, épiciers, bouchers et autres fournisseurs qui ont été les premiers à venir au secours de leurs compatriotes en leur faisant crédit. A Camaret particulièrement, ils ont rivalisé de bienfaisance.
Samedi 24 janvier, aidé de mon fils, guidé par l'adjoint Hervé Férec, d'un dévouement si infatigable, j'ai fait mon pèlerinage, les poches pleines de pièces de cinq francs, par les villages de Lagatjar, Kermeur, Pen Hir, Kerbonn, dépendant de Camaret et semés à travers la lande, et j'ai traversé quelques-uns de ces cercles de l'enfer de la misère, d'un caractère si spécial ici.
Le Camarétois n'est pas seulement fier, il est généralement propre, soigneux. En pénétrant dans certaines de ces pauvres maisons, en me trouvant en présence d'un mobilier très primitif, mais bien entretenu, j'aurais pu croire à une aisance relative, si je n'avais appris par mon guide et su par moi-même quelle épouvantable détresse se cachait derrière cette façade trompeuse. Ici, aucune mise en scène pour apitoyer, au contraire. C'est à la tristesse seule que se reconnaît l'infortune; c'est au degré de tristesse qu'il faut deviner l'étendue de la misère. Le maire de Camaret m'avait écrit à Paris en réponse au télégramme où je lui demandais des détails sur ses administrés : En ce moment, notre Camaret est bien triste. Bien des intérieurs de marins commencent à être tristes par le manque de ressources. Le difficile pour leur venir en aide est qu'ils ne font pas montre de leur misère et ne se font pas connaître... J'ai pu le vérifier sur place.
J'ai vu de pauvres femmes avoir presque un mouvement de refus, au moment où je leur mettais dans la main la modeste obole que je leur apportais, et dont le chiffre m'avait été indiqué par mon sage conseiller. J'ai vu de passagères rougeurs, très impressionnantes, sur de pâles visages creusés par la faim, minés par la maladie. J'ai vu des larmes de honte en même temps que de reconnaissance dans de grands yeux hagards pleins de douleur et de souffrance. Et cependant c'était, entourées de quatre, six, huit ou neuf enfants que je trouvais ces malheureuses si dignes : c'étaient des vieilles de soixante-dix-huit à quatre-vingt-huit ans qui pleuraient ainsi, c'étaient des infirmes, des vieillards, des malades dont j'émouvais ainsi l'âme fière.
Mais le nom d'Antoine, la vue de ma figure connue dans je pays depuis si longtemps brisaient toute résistance.` C'est bien pourquoi j'avais tenu à y venir moi-même, persuadé qu'en causant adroitement avec eux je parviendrais à découvrir la vérité, malgré eux.
Je suis venu et j'ai vu et j'ai su, et j'ai été épouvanté. Moins apparente qu'ailleurs, la détresse à Camaret est très grande, générale, se répercutant de bas en haut, du plus pauvre au plus aisé, de la friturière, du soudeur, du pêcheur au patron de barque, au commerçant, de manière si grave que si on n'était pas venu sérieusement à son secours, le pays pouvait être irrémédiablement perdu.
Or, il ne faut pas l'oublier, Camaret c'est la sentinelle avancée de la France sur cette frontière de l'Ouest, aussi importante à garder. que celle de l'Est, et dont la principale défense est la chair vivante de nos pêcheurs, nos inscrits maritimes.
En sauvant Camaret, on sauve une forteresse de la France ; c'est de la solidarité bien entendue, et presque de l'égoïsme. Chacun de nous doit répéter l'admirable phrase prononcée par le grand artiste Jules Chéret qui, répondant à l'appel d'Antoine, pour sa tombola, disait à celui qui venait chercher chez lui une toile: Tout ce que vous voudrez ! Et pas de remerciements, ce n'est pas de la charité, c'est de la solidarité !
Pour Camaret, c'est plus encore, c'est la dette de la patrie, que nous devons tous payer sans hésiter, sans regardera la somme. Antoine, pour avoir vécu durant des mois ici, pour avoir su voir, l'a bien compris. Aussi, n'a-t-il pas eu d'hésitation, dès le début, déclarant: C'est à Camaret surtout que je pense, en organisant cette matinée, c'est Camaret qu'il faut sauver, car on va l'oublier !
II voyait bien que, trompé par l'apparence moins malheureuse de ce coin de Bretagne, on allait d'abord à des misères plus voyantes, plus étendues, plus pressées peut-être, et que, s'il ne poussait pas le cri d'alarme, s'il ne faisait pas entendre la plainte de détresse, l'appel de misère, comme la cloche de la Vandrée, Camaret ne serait secouru que trop tard ou qu'à demi. Camaret demi-secouru, c'est Camaret perdu, c'est la forteresse d'avant-garde minée et en péril.
Paris l'a senti, et je suis heureux, grâce à la bienveillance du directeur du Figaro, qui a bien voulu patronner l'effort d'Antoine, de pouvoir expliquer ici, à cette tribune retentissante, toutes les raisons graves, tous les motifs d'intérêt primordial, d'humanité, de patriotisme, de reconnaissance, que nous avions et que nous aurons toujours de sauver Camaret.

Gustave Toudouze 

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article issu de : Le Figaro (Paris)    

 

 

 

Fêtes de la Victoire de Camaret : un succès grandiose ! 12/08/1912   
  n° 1742

Les fêtes de la Victoire

(De notre envoyé spécial)
Camaret, 11 août.
Dans un but de bienfaisance, de grandes fêtes sont organisées, chaque année, dans les localités finistériennes fréquentées par les touristes : Concarneau a sa fête « des filets bleus », Douarnenez, celle « des mouettes », Porspoder celle « des chardons », Pont-Aven son pardon des fleurs d'ajoncs. Camaret, seul, où se réunissent cependant durant la saison estivale un grand nombre d'artistes peintres et d'admirateurs de roches dentelées, de falaises sans cesse fouettées par les lames écumantes, n'avait organisé jusqu'à présent que de simples régates.
Le bon poète Saint-Pol Roux a voulu faire mieux et il a pleinement réussi. Appelé par la sympathie des Camarétois — qu'il comble sans cesse de bienfaits — à la présidence d'honneur des joutes annuelles, il décida de transformer Camaret en une cité fleurie où, le 11 août, de brillantes réjouissances réuniraient les habitants du pays et les étrangers excursionnant en Bretagne. Mais que faire en dehors « du déjà vu » pour donner à cette manifestation un caractère particulier et local ? Le poète, ne chercha pas longtemps.
Nous appellerons cette fête la Victoire, dit-il. Elle commémorera la célèbre bataille qui, sous le règne du Roi Soleil, ferma la France aux étrangers coalisés et demeure l'un des plus beaux faits de notre histoire nationale.
Et voilà pourquoi, aujourd'hui, les couleurs françaises, anglaises et hollandaises se marient et flottent, sous la brise fraîche, au sommet de la Tour dorée.
La pluie ayant fait rage pendant une grande partie de la nuit, les organisateurs avaient craint que les gros nuages encore amoncelés aux premières heures de la matinée ne détournassent les Brestois et les habitants des communes voisines. Craintes vaines. Le vapeur Crozon, pavoisé et fleuri, arrive à 10 heures bondé de voyageurs. On en compte plus de 500. Son entrée dans le port coïncide avec le lancement du bateau de sauvetage, monté par son vaillant équipage. Un ordre bref et le canot glisse sur sa voie de roulement, abandonne son chariot, s'enfonce impétueusement dans la mer... Les excursionnistes applaudissent, acclament les sauveteurs.
Le Crozon accoste. Des salves de mousqueterie crépitent. Le débarquement, très lent en raison de la basse mer, s'opère par tribord avant, à l'aide d'une passerelle de fortune ; une gaffe, tenue aux extrémités par deux matelots, fait l'office de main courante.
Les plus pressés, sautant par dessus les bastingages se laissent glisser dans de petites barques et gagnent rapidement la grève.
Les musiciens du 19° régiment d'infanterie de ligne sont au nombre des passagers ; ils se groupent à la hauteur de N.-D. de Rocamadour, tandis que les excursionnistes s'égaillent sur les vieux remparts.
A la tête des Camarétois, venus en foule à la rencontre de leurs hôtes, je remarque M. Saint-Pol Roux et tous les membres du Comité des fêtes : MM. Le Garrec, maire ; Guéguinou, Lautrou, le docteur Humbert... Le bon poète, la main largement tendue, a un mot aimable pour chacun.
Dans le grand bassin, toutes les barques sont à l'ancre. C'est un groupement de mâts de diverses tailles, d'inclinaisons variées, auxquels s'accrochent des voiles blanches et brunes, avec un entrelacement de cordages.
Quai Toudouze, trois arcs de triomphe ont été dressés. Des engins de pêche en forment les ornements : casiers à homards, filets bleus, bouées, ancres, sont suspendus et accrochés. C'est simple, mais tout à fait dans la note. Rien ne détonne.
Le soleil, brille maintenant sur la baie, peuplée de yachts, et de canots de pêche ; deux torpilleurs, envoyés par le vice-amiral, préfet maritime, prennent leur mouillage à l'entrée du port.
Coup de grosse caisse, suivi des premières notes d'un entraînant pas redoublé. Pêcheurs, sardinières et touristes accourent, suivent les instrumentistes de M. Esvan. Jamais Camaret n'avait vu de musique militaire. Aussi quel succès ! Le tambour-major est l'objet d'une ovation toute particulière.
Le cortège, précédé des autorités, arrive bientôt sur le quai Toudouze. Et là, devant le café de Bretagne, un concert est tout de suite donné ; il commence par Aida, de Verdi, et se termine par le Clairon (musique et chant), du général Margueron.
Cependant, deux pièces d'artillerie de 90, avec caissons, descendent de Lagatjar, sous la conduite de canonnière, commandés par deux maréchaux-des-logis. Le défilé de cette batterie est un attrait de plus. On accourt à nouveau de tous côtés et l'on aide les canonniers à placer leurs pièces sur les remparts.
Quelques instants plus tard, la voix du canon annonce le déjeuner.

A TABLE
Il est midi. Les estomacs réclament. Et, comme il faut ajouter aux 500 passagers du Crozon, 300 autres amenés par le Saint-Pol, plus un millier de personnes arrivées à pied, en automobiles ou en voitures, nous n'étonnerons pas nos lecteurs en disant que les hôtels et les estaminets sont combles. Le personnel, peu préparé à cette incursion, s'affole. Ce sont des appels, des cris ; on ne parvient à se faire servir qu'à grand'peine.
Des groupes traversent les rues, prennent d'assaut les boulangeries, les charcuteries. Une petite boutiquière n'a plus une tarte, pas un biscuit. Les œufs manquent pour les omelettes. Plus avisés sont ces braves chevaliers de la gaule, venus à pied de Trez-Rouz. Prévoyant l'encombrement, ils ont apporté le produit de leur pêche : trois superbes mulets, qu'ils font apprêter par une aimable hôtesse.
Ce qu'il y a de charmant, c'est que pas un seul instant la bonne humeur ne cesse de régner. On rit, on chante. Il y a de la joie dans l'air. Aux terrasses des cafés, bien qu'il ne fasse pas très chaud, la bière coule intarissablement.
Deux violonistes charment les mélomanes ; aux carrefours, deux chanteurs ambulants lancent aux échos les refrains à la mode et « un homme orchestre », coiffé d'un chapeau à clochettes et portant sur le dos grosse caisse, cymbales et triangles, fait la joie des enfants.

LE CORTÈGE HISTORIQUE
L'heure passe et la reine de la fête, « la Victoire », ne paraît toujours pas. Serait-elle souffrante ? Il n'en est heureusement rien. Mais les costumes et armes des chevaliers de l'escorte sont arrivés très tard et équiper tout ce monde n'est pas une petite affaire.
Dans un enclos, on achève à la hâte la décoration du char de la Victoire : imposant véhicule à gradins, drapé d'étamine tricolore et décoré de fleurs superbes, don des horticulteurs du Grand duché de Luxembourg.
Voici la Victoire, personnifiée par Mlle Lisette Duédal, vraiment charmante sous son hennin et son voile de dentelle. Encadrée par « la Hollande », Mlle Jeanguillaume, et « l'Angleterre », Mlle Mathilde Goyat, elle s'assied sur son trône. Jeunes filles en robes blanches, bleues et roses prennent place sur les autres gradins.
Le Crozon, le St-Pol et le Cotentin ont fait un nouveau voyage et ont amené de Brest plusieurs centaines de personnes qui, se joignant aux spectateurs du matin, forment une double haie tout le long du parcours que doit suivre le cortège.





Dans l'anse de Camaret, les régates battent leur plein. Aux craquements des mâtures et aux grincements des vergues qu'on hisse, se mêlent des appels alternativement lancés de la mer et de la jetée.
Mousquetaires, gardes-françaises et corsaires, armés de lances et de sabres d'abordage, sont maintenant postés sur les bastions.
La Victoire met pied à terre devant la Tour dorée. Le canon tonne et l'antique cloche de Rocamadour tinte. Mlle Duédal est reçue à l'entrée du pont-levis par Vauban et Jean Bart. Ceux-ci saluent de l'épée puis présentent la Victoire à Louis XIV.
La toute charmante Mme Perdriel-Vaissière, portant un riche costume d'Elliant, s'incline à son tour devant la Victoire et dit — comme elle sait dire — le joli poème, que voici, qu'elle composa, pour la circonstance :

LA COMBATTANTE (Notre-Dame de Rocamadour de Camaret)
Or, tandis que, là-bas, tout de sang balafrés,
Avec la fourche, avec l'épieu au bout ferré,
Les gars se ruaient à la charge,
Ici, tout près du fort mitraillant et tonnant,
Accrochée au rempart de Monsieur de Vauban,
Une Autre regardait au large.

Douce et rude, taillée en chêne et peinte en bleu,
Fidèle aux siens qui sont fidèles, sous le feu
Des canonnades crépitantes,
La Dame est là, debout, et les deux-ponts anglais,
Repoussés sur tribord, se demandent quelle est
Cette augurale Combattante.


Ils lâchent leur bordée et reculent... là-haut,
Coupée en deux, tranchée au sifflant d'une faulx,
Croule la flèche vénérable,
Mais la Dame du lieu tient bon, et le combat,
Demain — l'aube éclairant Trez-Rouz — dénombrera
Tous ses ennemis sur le sable.

— Têtue à vous aimer, pêcheurs camarétois,
Votre patronne, votre Dame, dont l'étroit
Sanctuaire embaume la côte,
Ecoute avant le jour le bruit des avirons
Et compte, chaque soir, les chaloupes en rond
Qui dansent à la marée haute.

Vos rudes poings gercés de sel et de goudron,
Le parler rare et dur de vos gosiers bretons,
Le roulis de vos deux épaules,
Les relents de saumure où trempent vos effets
L'entourent d'un vivant et rugueux chapelet
Egrené tout au long du môle !

Elle s'y plaît. Serrée aux deux bras de la mer
En sa nef de granit et, par les nuits d'hiver,
Au fort des ouragans, bercée,
Un vouloir tout-puissant l'ancre à Rocamadour,
Et rien ne prévaudra contre lui : c'est l'Amour
Qui pour vous, deux fois, l'a blessée !

ENVOI
Notre-Dame, vers le vieux port de Camaret,
Voici, de la Hollande et du pays anglais,
Apportant une âme nouvelle,
Venus jusques à vous, les fils loyaux des preux :
Vous savez la valeur de leur sang généreux
Et de quelle pourpre il ruisselle.

Trois peuples, évoquant les luttes d'autrefois,
Dans la joie et la paix, au sol camarétois,
Exaltent leur triple génie,
Notre-Dame des Nefs, consacrez leur espoir ;
Penchez-vous doucement et souriez à voir
La loyauté des mains unies !


Longs applaudissements.
La pluie, la fâcheuse pluie, commence malheureusement à tomber à ce moment ; les parapluies s'ouvrent et, vu des murs de la tour, le quai semble une planche d'énormes champignons noirs.
Le bon Saint-Pol-Roux, d'une voix que l'émotion fait parfois trembler, salue aussi la Victoire.

Hymne à la Victoire
Aigle de gloire détaché du ciel tragique de l'Histoire, ô Victoire, salut ! Salut à toi, forme jaillie, comme un trésor, de nos mémoires ! Salut, guerrière au fer lointain que le Destin ramène du passé, la palme entre les doigts, telles ces héroïnes des anciens exploits que content les grand'mères à la voix cassée ! Salut, fée du vieux temps, qui reviens nous charmer de ses ailes : éventail solennel de notre Roi-Soleil dont les rayons furent forgés par le magique Maréchal au geste nonpareil ! Salut à toi, par qui nous sommes bien ce que nous sommes, ô robuste gardienne de ce territoire ! Enfin, salut à toi qui rassembles ici les hoirs* des combattants, afin de transformer en frères ces rivaux d'antan à la clarté de ton sourire et de chanter la trêve au farouche rivage, où leurs aïeux surent mourir sur la croix rouge de ton glaive, — O Victoire, salut !
Dis, que viens-tu nous dire, en robe blanche, un tel dimanche où nos drapeaux divers ne sont qu'une oriflamme pacifique, ouverte ainsi qu'une âme unique ? Dis, que viens-tu nous dire avec ta palme au lieu du fer et ta prunelle calme en place de l'éclair ? Que signifie ton front de jeune fille parmi ces fleurs, ces sons, ces couleurs ? Quelles sont les paroles prêtes à tomber de tes deux lèvres roses et quels signes d'accord vont-ils, encore, s'élancer de ces bras qui naguère exprimaient les fracas de la guerre ? O Victoire, est-ce pas, tes lèvres et tes mains viennent écrire et dire là même où l'Amour a détrôné la Haine : « Tout est vain, hors le divin, c'est-à-dire ce qui, dans l'homme, est le meilleur en somme. Hors le divin, tout acte est vain, et la plus rare des prouesses ne vaut pas le chef-d'œuvre issu de la caresse. » Va, tu nous apparais plus grande ainsi dans la neuve conquête que tu fais ici, car tout périt entre les serres du vautour, mais tout survit par le miracle de l'Amour. Après qu'on s'est cogné, voici que, douce, la poignée succède à la mauvaise entaille des batailles, sainte poignée de mains se serrant en ce jour, et se serrant demain, et se serrant toujours ! Et ces roses qu'agitent ensemble ces foules amies semblent écloses du sang fier des champions défunts, comme pour exalter les fils dans une apothéose de parfums. Aussi : nous acclamons ta symbolique survenue qui chasse les corbeaux, ramène les colombes et parle d'alliance pure après les dures hécatombes ; et tous, en cette Tour dont l'esplanade a la forme d'un nid, peuples unis par une joie commune, tous, nous nous blottissons pieusement à l'ombre auguste de tes longues et divines plumes !
Aigle de gloire détaché du ciel tragique de l'Histoire, ô Victoire, salut !


Aux acclamations saluant l'œuvre du maître se mêlent des éclats de voix. Une discussion vient d'éclater entre deux mousquetaires ; et ceux-ci, après s'être jeté le gant à la face, mettent flamberge ou vent.
Que va-t-il se passer, grand Dieu ! « ding dong — les coquilles tintent » ; de part et d'autre, des coups sont parés ; le combat s'anime... Mais La Victoire, tenant à la main un rameau d'olivier, intervient. Les adversaires remettent l'épée au fourreau.
Le cortège se reforme. La musique du 19° prend la tête, immédiatement suivie par Louis XIV, et son porte-fanion; tous deux montent de superbes chevaux.
Mousquetaires, gardes-françaises et corsaires, conduits par Jean Bart, encadrent le char de la Victoire.
On félicite fort M. Saint-Pol Roux qui, souriant, va, vient, faisant les honneurs. Un mot charmant est dit à son adresse :
Regardez donc comme il a l'air heureux, chuchote quelqu'un.
Et une dame reprend :
Il a la mine heureuse des gens qui font une bonne action.
L'après-midi — pluvieuse malheureusement — s'achève par une bataille de fleurs. Dans une des automobiles fleuries ont pris place Mmes Perdriel-Vaissière et Priol, en magnifiques costumes de Bretonnes.
Citons enfin, comme dernière attraction, les joutes phocéennes, conduites par Jean Bart (M. Raguénès).
5 heures 30 : les danses vont commencer ; les joueurs de biniou montent sur leurs tonneaux. Mais la pluie redouble. C'est l'impitoyable averse. Un vrai déluge, devant lequel on doit battre en retraite.
Ruisselants, les Brestois galopent vers les vapeurs. Le Cotentin, bientôt bondé, appareille. Le Crozon est pris d'assaut ; mais de nombreuses personnes, faute de place, doivent se réfugier sur la passerelle où elles seront douchées pendant toute la traversée.
Ainsi s'acheva la fête organisée avec tant de soins par le poète Saint-Pol-Roux et ses actifs collaborateurs, parmi lesquels M. Thébault, notre sympathique concitoyen. Le bienfaiteur de Camaret peut néanmoins être fier de son œuvre ; les étrangers sont venus plus nombreux qu'on pouvait l'espérer, le commerce local en a naturellement bénéficié et les malheureux ne s'en plaindront certainement pas non plus.
E. A.

 

 
* héritiers
 
Camaret    tourisme    fête                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Tués par la guerre cette semaine (1 au 7 novembre 1915). 05/11/1915   
  n° 2196

In memoriam

Cadavre inconnu trouvé le 1er novembre 1915 à Crozon, Trez-Rouz

Cadavre inconnu trouvé le 2 novembre 1915 à Telgruc sur la grève du Caon

MAHLING Johannes mort le 3 novembre 1915 à Crozon, hospice

SAGET Jean (Roscanvel), matelot (Friant), mort le 3 novembre 1915 à Duala 

Crozon    Roscanvel    guerre    in memoriam                      

article issu de : Avel Gornog    

 

 

 

Tempête estivale en presqu'île. 31/08/1917   
  n° 2280

La tempête

A Camaret
Des vents ouest et sud-ouest soufflant avec violence ont rendu la pêche côtière impossible. Dans la nuit de lundi à mardi, le bateau langoustier France, appartenant à M. Ludovic Férec, a chassé sur ses ancres et s'est jeté sur les rochers de Trez Rouz.

A Morgat
Au cours de la tempête qui s'est déchainée sur la région, deux bateaux de pêche du port de Morgat, le Saint-Joseph et La petite Bretonne, ont rompu leurs chaînes et sont allés se briser sur la côte de Telgruc.


Les engins de pêche ont été en partie sauvés en bon état.
Dans un petit port près du château de Dinan, si connu des touristes, où quelques petits bateaux sont armés, cinq d'entre eux ont été également jetés à la côte et complètement démolis. En perdant leurs embarcations, qu'ils ne pourront probablement pas remplacer, en pleine saison de pêche à la sardine, les malheureux pêcheurs sont privés de leur seul gagne-pain. 

Camaret    Crozon    tempête    à la côte                      

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

Tués par la guerre cette semaine (16 au 22 septembre 1918). 22/09/1918   
  n° 2378

In memoriam

HENRY Jean François (Crozon), quartier-maître (front de mer de Brest), mort le 16 septembre 1918 à Brest

SALAUN Joseph (Crozon), soldat (411 RI), mort le 17 septembre 1918 à Avranches

EUZEN René Marie (Crozon), quartier-maître (2 Dépôt), mort le 17 septembre 1918 à Brest

HENRI François (Crozon), mort le 17 septembre 1918 à ?

TRICOT Ernest (Crozon, Roscanvel), quartier-maître (BFM), mort le 18 septembre 1918 à Laffaux (attaque moulin)


Ernest Tricot
source : Marcel Burel, Roscanvel

GUILLOU Louis (Roscanvel), mort le 18 septembre 1918 à Brest, rue Traverse

KERAUDREN Yves Marie (Crozon), soldat (71 RIT), mort le 18 septembre 1918 à Segré

MENUT Gastien (Camaret), canonnier marin mort le 18 septembre 1918 à Segré

Cadavre inconnu trouvé le 19 septembre 1918 à Camaret sur la grève de Trez-Rouz

MANAIN Léon Joseph (Landévennec, Lambézellec), second-maître (CAM Bizerte), mort le 19 septembre 1918 à Sidi-Abdallah

Cadavre inconnu trouvé le 20 septembre 1918 à Crozon sur la grève de Rostudel

Cadavre inconnu trouvé le 21 septembre 1918 à Crozon sur la grève de La Palue 

Crozon    Roscanvel    Camaret    Landévennec    guerre    in memoriam              

article issu de : Avel Gornog    

 

 

 

Polémique langoustière. 24/10/1927   
  n° 2844

Arrondissement de Châteaulin

CAMARET
Les langoustiers de Camaret

On nous écrit :
C'est avec un réel intérêt que les pêcheurs camarétois ont lu les articles de M. Toudouze, dont le dernier paraissait dans la « Dépêche » du 8 octobre, au sujet du permis de pêche international dans les eaux de l’État libre d'Irlande, ainsi que dans celles du Portugal, où était envisagé un permis de pêche officiel, timbré à titre onéreux, par l’État intéressé.
Ces articles étant intitulés : « Pour nos langoustiers », nous avons pensé qu'il s'agissait principalement des langoustiers camarétois, Camaret étant, avec ses deux cent et quelques navires pratiquant ce genre de pêche, le plus grand port langoustier du monde. C'est donc à nous que revient le plaisir d'adresser à notre défenseur nos sincères remerciements.
Par la même occasion, je voudrais apporter ici quelques éclaircissements.
Pourquoi les arrestations et condamnations d'équipages et de bateaux, français qui pêchent dans les eaux de l'État libre d'Irlande se poursuivent-elles sans interruption ?
Jadis, en Irlande, nous étions traités en frères ; notre langage breton étant sensiblement le même que le leur, nous réussissions à nous comprendre. Le pêcheur irlandais avait plaisir à nous rencontrer; la pêche à la langouste, chez eux, ne se pratiquait pas; par contre, celle du homard était leur principale préoccupation. En bons camarades, pour ne pas nuire à leur industrie, les homards pêchés par nous leur étaient remis, et nous n'étions jamais inquiétés pour pratiquer la nôtre.
Pourquoi sommes-nous pourchassés comme des bêtes nuisibles aujourd'hui ?
Voici : pour s'assurer le monopole de la langouste, certains camarétois n'ont pas hésité à fournir aux Irlandais des casiers à langoustes avec gréements de construction camarétoise.


Des viviers y furent transportés par les voiliers « Neptune » et « Pierrot », leur donnant ainsi le goût de ce genre de pêche. Un énorme vivier en ciment armé fut construit à Camaret, près du Trez-Rouz; il coûta, paraît-il, plus du million. Les deux navires ci-dessus cités devaient s'approvisionner en langoustes en Irlande, et cela à bon marché, pour venir ensuite les déverser au Trez-Rouss, dans le vivier en pierre. Et, de là, expédition, aux mandataires parisiens ou autres, à des prix défiant toute concurrence.
Le pêcheur irlandais trouvant — maintenant qu'il est gréé — la pêche à la langouste d'un bon rapport, voit d'un mauvais œil le pêcheur français, et le traite en intrus. De là les poursuites, condamnations, accaparement des engins et des langoustes trouvées à bord, etc.
Que deviendrions-nous, langoustiers, si un jour ceux que je surnomme à juste titre les « rois de la langouste », pouvaient attirer à eux seuls le ravitaillement du pays ? Aux prix où sont les engins aujourd'hui, nous ne pourrions lutter contre eux; ça serait la misère au logis.
Mais cette triste affaire a en partie échoué. Un des mareyeurs armateurs dont [il] s'agit a débarrassé le terrain, mais l'autre est encore là, fournissant sans cesse nos engins et nos méthodes.
Que sera-ce demain ? Voilà la question que nous nous posons souvent. Eh ! oui, quand nous n'irons plus sur le littoral irlandais, ce qui doit advenir adviendra, et la misère suivra.
Voilà la base du mal. Je crois inutile d'y chercher un remède. Puissè-je me tromper !
Je le souhaite ardemment.
SÉVELLEC, matelot à La Langouste. 

Camaret    pêche    langouste                          

article issu de : La Dépêche de Brest    

 

 

 

 

 

 

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