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 n° 1098

Provocation au pot de chambre à l'Hôtel de France (Camaret).

31/08/1903 

Une conduite de Grenoble

Camaret, 30 août. L'Ouest-Eclair a déjà plusieurs fois mis ses lecteurs au courant des ignominies, du sieur Laurent Tailhade, rédacteur à l'Action, ami de Charbonnel, anarchiste et insulteur des Bretons par excellence. Ce monsieur qui, chaque fois qu'il a un congé vient le passer chez nous, n'a pas assez d'insolences dans son vocabulaire, quand il parle de nous. L'Ouest Eclair a donné un échantillon de ses diatribes au sujet de la procession de Camaret.
Mais ce que n'a pas dit Tailhade dans l'Action, c'est le beau geste qu'il fit pour insulter cette procession. Devinez. Une bombe ? Une tomate ? Le drapeau rouge ? Vous n'y êtes pas. Enfin quoi ? Aurait-il lancé son œil de verre à la tête du curé de Camaret? Non, non, calmez-vous. Laurent Taillade, monta, très digne, dans la chambre qu'il occupe à l'hôtel Le Goff et, sur la fenêtre, plaça tout simplement son... pot de chambre. Idée géniale, n'est-ce pas ? et à laquelle n'aurait jamais songé notre race « recuite d'ivrognerie ». « Ah ! viens Poupoule ! »
Le bruit de cette indignité et des insultes de l'Action se répandit et vendredi soir, de 7 h 1/2 à 10 heures du soir, une foule d'au moins 2.000 personnes s'est massée en face de l'Hôtel de France et a conspué Tailhade avec un entrain qui a dû édifier le Monsieur sur sa popularité. Encore heureux que le pauvre garçon a eu le bon esprit de se terrer, sans quoi il eut passé un fichu quart d'heure.
A bas Tailhade ! A bas l'anarcho ! C'est son œil que nous voulons ! etc. Bref, toutes les aménités d'une foule indignée lui ont corné les oreilles pendant une heure, tandis que les femmes et les enfants lui chantaient au nez O Dame de Rocamadour, et autres cantiques.
La gendarmerie avisée qu'on avait voulu occire le Monsieur aux beaux gestes, arriva dans la nuit de vendredi à samedi vers trois heures du matin. Et notre homme, prisonnier de sa stupidité, fut en quelque sorte, gardé à vue. Dans ces conditions, M. Tailhade s'est décidé à filer.

A 3 heures et demie, j'entends des cris sur le quai. Je me rends en hâte vers l'hôtel. Des centaines de personnes huent l'anarchiste, qui s'en va bientôt sous la protection de la gendarmerie au milieu des huées et d'une manifestation vraiment sans précédent. Des ouvriers, montés sur les toits, agitent des mouchoirs. Au chantier Keraudren, on allume un feu de joie. La foule poursuit la voiture en criant A bas l'anarchiste ! A l'eau ! Enlevez-le ! Enlevez le ! tandis que le malheureux, hors de lui, montre le poing à la foule. C'est son adieu à Camaret ! Mais Camaret le lui rend bien. Bon débarras ! C'est le cri universel et chacun félicite Mme M. et Mlle D. à l'initiative de qui on doit d'être débarrassés de ce triste sire.
Vive Camaret ! Vive la Bretagne !


            A Morgat.
Camaret, 30 août. J'ai omis de vous dire qu'au cours de la manifestation contre Tailhade des pierres ont été lancées contre l'hôtel.
Le maire et les adjoints de Camaret essayèrent, mais en vain, de calmer la foule dont la fureur avait atteint le paroxysme.
M. Tailhade ayant télégraphié au procureur de Châteaulin pour lui demander protection, des gendarmes à cheval arrivèrent, puis une brigade de Châteaulin, commandée par le capitaine Hémont. Une nouvelle manifestation ayant été annoncée, les troupes furent consignées dans les forts et les batteries des côtes.
M. Tailhade, accompagné de sa femme, quitta donc Camaret pour se rendre à Morgat. Mais là encore une manifestation hostile l'accueillit et la gendarmerie dut intervenir pour empêcher les paysans d'arrêter la voiture et s'emparer du Monsieur aux beaux gestes.
Le capitaine Hémont a été chargé de faire une enquête sur ces faits, car c'est naturellement les insultés qui auront tort sous le règne de la Défroque !



Dessin d'Evelio Torrent (ami du couple Tailhade, et présent ce jour-là)
publié dans "La Raison" du 11/10/1903
- voir la source
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article issu de : Ouest-Éclair (Rennes)    

 
 
 

 

 

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